Sur la période allant du 26 mars au 1er avril 2026, le déficit de liquidité bancaire moyen s’est creusé de 1,87%, pour s’établir à 152 milliards de dirhams. Une évolution qui, sans être brutale, traduit une tension persistante dans le système bancaire. Dans les faits, les besoins de financement des banques restent élevés, alimentés notamment par la circulation fiduciaire et les dynamiques de trésorerie.
Face à cette situation, Bank Al-Maghrib a légèrement relevé le niveau de ses interventions. Les avances à 7 jours ont ainsi atteint 63,23 MMDH, en progression modérée. Derrière ce mouvement, une logique claire : injecter juste ce qu’il faut pour maintenir la stabilité, sans déséquilibrer le marché. Pour la prochaine période, la Banque centrale prévoit d’ailleurs de porter ses avances à 65,05 MMDH, confirmant une approche proactive mais mesurée.
En parallèle, le Trésor a nettement accru ses placements. L’encours quotidien maximal a bondi à 21 MMDH, contre 8,4 MMDH une semaine auparavant. Cette hausse traduit une gestion plus dynamique des excédents de trésorerie, contribuant à fluidifier temporairement les conditions de liquidité sur le marché interbancaire.
Côté indicateurs monétaires, la stabilité reste globalement de mise. Le taux moyen pondéré (TMP) s’est maintenu à 2,25%, en ligne avec l’orientation de la politique monétaire. Dans le même temps, le MONIA a légèrement reculé à 2,111%, signalant un ajustement discret des conditions de financement au jour le jour.
Ce jeu d’équilibre, entre injections de la Banque centrale et interventions du Trésor, illustre la finesse du pilotage monétaire. Le déficit de liquidité, bien qu’en hausse, demeure contenu et encadré par des mécanismes éprouvés. Il reflète aussi des facteurs structurels propres au système bancaire marocain.
À court terme, la tendance devrait se poursuivre, avec une présence accrue de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire. L’objectif reste inchangé : assurer des conditions de financement stables, tout en accompagnant les besoins de l’économie réelle.
Dans un environnement où chaque ajustement compte, la gestion de la liquidité s’impose plus que jamais comme un levier central de stabilité financière.