Ma voyante m’a dit : le Maroc affrontera l’Allemagne en quart de finale


J’ai aussi posé une dernière question à ma voyante : Et le détroit d’Ormuz ? Il restera ouvert ou pas ?



Chronique d’un optimisme footballistique assumé

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux marocains vivent une étrange effervescence. Non, il ne s’agit ni d’un remaniement gouvernemental, ni d’une hausse des prix des carburants, ni même d’une nouvelle polémique politique. Le sujet est beaucoup plus sérieux : le tableau potentiel des phases finales de la Coupe du monde.

Et comme tout bon Marocain qui se respecte, j’ai décidé de consulter une spécialiste. Une experte reconnue. Une professionnelle de l’anticipation. Bref, ma voyante.

Après quelques minutes de concentration intense, un regard mystérieux vers l’horizon et plusieurs gestes dont je n’ai toujours pas compris la signification, elle m’a annoncé avec assurance :

« Je vois les Pays-Bas. Puis la Suisse. Puis l’Allemagne. »

J’ai immédiatement compris qu’elle ne parlait pas du programme de mes prochaines vacances.

Selon les spéculations qui circulent actuellement, le Maroc pourrait effectivement croiser la route des Pays-Bas en seizièmes de finale, puis celle de la Suisse en huitièmes, avant un éventuel quart de finale face à l’Allemagne.

À partir de là, deux réactions sont possibles.

La première consiste à rappeler que nous ne connaissons pas encore les classements définitifs, que le football reste imprévisible, que les surprises sont nombreuses et qu’il est généralement préférable de jouer les matchs avant de les commenter.

La seconde, beaucoup plus marocaine, consiste à ouvrir immédiatement une carte du monde pour vérifier où se déroulera la demi-finale.

Soyons honnêtes : depuis l’épopée de 2022, quelque chose a changé dans l’esprit des supporters marocains. Pendant des décennies, atteindre les huitièmes de finale relevait presque du miracle. Aujourd’hui, certains considèrent les quarts comme un objectif raisonnable et les demi-finales comme une possibilité à discuter sérieusement autour d’un café.

Cette évolution n’est pas de l’arrogance. Elle traduit simplement une confiance nouvelle dans le potentiel du football marocain.

Bien sûr, un match contre les Pays-Bas serait extrêmement compliqué. Une confrontation face à la Suisse ne serait pas une promenade de santé. Quant à l’Allemagne, même lorsqu’elle traverse des périodes difficiles, elle reste l’une des plus grandes puissances du football mondial.

Mais l’histoire récente a montré que le Maroc n’est plus cette équipe que les grandes nations espéraient rencontrer au tirage au sort.

Au contraire.

Aujourd’hui, lorsqu’un tableau apparaît sur les écrans, les supporters marocains ne se demandent plus uniquement quel adversaire les Lions de l’Atlas devront affronter.

Ils se demandent aussi quels adversaires devront affronter les Lions de l’Atlas.

La nuance est importante.

Alors oui, il est encore beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. Oui, le football adore déjouer les pronostics. Oui, les scénarios les plus séduisants finissent parfois dans les archives des rêves inachevés.

Mais entre nous, si ma voyante a raison sur les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne, je songe sérieusement à lui demander le nom du futur champion du monde.

Même si, à en croire certains supporters marocains, elle me répondra probablement : « Pourquoi chercher ailleurs ? »

J’ai posé une dernière question à ma voyante avant de partir

Après les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne, je me suis dit qu’il fallait profiter de cette connexion privilégiée avec les forces mystérieuses de l’univers.

Je lui ai donc demandé, avec le plus grand sérieux :

— Et le détroit d’Ormuz ? Il restera ouvert ou pas ?

Elle a levé les yeux de sa boule de cristal. Elle m’a regardé. Longtemps.
Très longtemps.Puis elle m’a lancé un regard si foudroyant que j’ai cru assister à une éclipse solaire personnelle.

Finalement, elle a refermé son grimoire et déclaré :
— Mon fils, je peux voir les tirages de la Coupe du monde, les fluctuations du destin, les amours contrariées et même les embouteillages de Casablanca avant qu’ils ne commencent. Mais avec Trump, la compétence d’une voyante s’achève.

Intrigué, je lui ai demandé pourquoi.

Elle a soupiré.
— Parce qu’il est hors dimension terrestre et céleste. Les astrologues ne le voient pas. Les cartomanciennes ne le voient pas. Les économistes ne le voient pas. Les diplomates encore moins. Même Mercure rétrograde refuse désormais de commenter ses décisions.*

Selon elle, les étoiles peuvent prévoir une éclipse avec une précision de plusieurs siècles.
Mais elles sont incapables de prévoir ce qui peut être publié sur Truth Social un mardi à trois heures du matin.

Les planètes suivent des lois physiques. Trump suit Trump.

À cet instant, j’ai compris que certaines questions dépassent les limites de la science, de la géopolitique et même de l’ésotérisme.

Je suis donc reparti avec une certitude : Pour savoir si le Maroc jouera l’Allemagne en quart de finale, une voyante peut éventuellement aider.
Pour savoir ce qu’il adviendra du détroit d’Ormuz, il faut consulter simultanément un amiral américain, un ayatollah iranien, un trader pétrolier, trois experts militaires et deux astrologues.

Et même là, rien n’est garanti. 

Ma voyante m’a simplement glissé en partant : Pour le football, reviens quand tu veux. Pour Trump, adresse-toi directement aux extraterrestres.


Dimanche 21 Juin 2026

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