"Mai de la Photographie" à Marrakech : mémoires croisées et regards inédits


Rédigé par le Vendredi 8 Mai 2026

Le Mai de la Photographie transforme Marrakech en un musée à ciel ouvert. Expositions, débats et ateliers explorent les mémoires croisées d’une ville cosmopolite, entre tradition et modernité.



Tout au long du mois de mai, Marrakech se transforme en un véritable musée à ciel ouvert pour accueillir la troisième édition du Mai de la Photographie. Riad, médina, ruelles et espaces culturels deviennent des lieux d’exposition et de mémoire. Ce festival unique propose une riche programmation d’expositions, projections, débats et ateliers, invitant le public à explorer les multiples facettes des mémoires croisées de cette ville au carrefour des cultures.

Contrairement aux clichés souvent associés à Marrakech, ses souks colorés, la Koutoubia ou ses couchers de soleil, le "Mai de la Photographie" s’éloigne des cartes postales pour offrir une réflexion plus profonde. Cette année, le thème choisi, « Mémoire(s) », met en avant la pluralité des récits mémoriels, qui se croisent, se transforment et se recomposent dans cette cité cosmopolite. 

Le festival s’inscrit dans la continuité du « Mois de la photo », une initiative lancée entre 2000 et 2004 par Sakina Rharib, ancienne conservatrice du Musée de Marrakech. Aujourd’hui, un réseau d’acteurs culturels et de passionnés perpétue cet héritage artistique et militant à travers une trentaine d’expositions et une série de rencontres et projections. 

Des expositions entre passé et présent

Au cœur de cette édition, plusieurs expositions explorent des thématiques variées autour de la mémoire. À la Maison Denise Masson, Delphine Warin, lauréate du Prix du livre Escourbiac en 2025, dévoile des portraits intimes capturant « l’âme marocaine » à travers des clichés centrés sur les relations humaines et la transmission. 

Au Musée d’art contemporain africain Al Maaden (MACAAL), Ismail Alaoui Fdili présente "Under Destruction", une série de photographies documentant la démolition de quartiers populaires au Cambodge et à Casablanca, mettant en lumière la disparition des mémoires urbaines. Rida Tabit, quant à lui, célèbre les tanneries traditionnelles de Marrakech dans son exposition "Gold Rust", accueillie par la Fondation Montresso, rendant hommage à un savoir-faire ancestral vieux de mille ans.

Dans la médina, au sein de l’espace culturel Le 18, Hiba Dahibi propose "Home Away From Home", une autofiction poignante mêlant photographies et textes pour explorer l’exil et le deuil des lieux familiers.

La jeune génération à l’honneur

Le festival met également en lumière le regard de la jeunesse marocaine. Avec le programme "Jil Lioum", l’Institut français donne la parole à six jeunes artistes marocains : Mourad Fedouach, Rime Sabbar, Oussama Sbaa, Yassine Sellame, Younes Sefyaoui et Nizar Laajali. Leurs œuvres, exposées sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, offrent une vision contemporaine et authentique du Maroc, loin des stéréotypes.

D’autres expositions collectives enrichissent la programmation, comme "The Space Between Us" au Riad Izza, où Ismail Zaidi, Safaa Kotbi et Fatimazohra Serri explorent les liens entre mémoire et identité. La galerie Comptoir des Mines accueille également Latifa Toujani et Khadija Jayi, deux artistes dont les œuvres dialoguent sur les thèmes de la transmission et des préoccupations intergénérationnelles.

Le "Mai de la Photographie" s’impose comme un événement incontournable pour les amateurs d’art et de réflexion culturelle. À travers ses multiples propositions, il invite à revisiter la mémoire, qu’elle soit intime, collective ou urbaine, et à découvrir Marrakech sous un nouveau jour.




Vendredi 8 Mai 2026
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