Managem franchit 13,7 MMDH de revenus en 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 2 Mars 2026

Le groupe minier marocain Managem signe un exercice 2025 record. Portée par la mise en production de nouveaux projets et un marché des métaux favorable, la performance financière marque un tournant stratégique, tout en s’accompagnant d’investissements lourds et d’un endettement en hausse.



Une croissance historique portée par de nouveaux relais miniers

Pour la première fois de son histoire, le chiffre d’affaires consolidé du groupe dépasse la barre symbolique des 10 milliards de dirhams. Il s’établit à 13,7 MMDH en 2025, soit une progression remarquable de 55 % sur un an.
 

Cette envolée s’explique d’abord par le démarrage de la production sur les sites de Boto (or) et Tizert (cuivre), qui ont généré à eux seuls plus de 3,5 MMDH de revenus. À cela s’ajoute un contexte international favorable, marqué par la hausse des cours des métaux précieux et la consolidation des volumes de ventes d’argent et de cuivre.
 

Quelques facteurs ont toutefois tempéré cette dynamique : la baisse du dollar et le recul temporaire de la production à Tri-K ont légèrement freiné la progression.
 

Sur le seul quatrième trimestre, l’effet d’accélération est spectaculaire : le chiffre d’affaires bondit de 170 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une performance qui reflète pleinement la montée en puissance des nouvelles unités.


Investissements massifs et cap sur les projets stratégiques

Cette croissance s’inscrit dans un cycle d’investissement soutenu. En 2025, le groupe a engagé près de 6 MMDH, dont 73 % consacrés aux projets de développement.
 

Au dernier trimestre, les investissements reculent de 47 % comparativement au trimestre précédent, un repli qui s’explique par l’achèvement et l’entrée en production des projets Boto et Tizert. Autrement dit, la phase la plus capitalistique est désormais derrière.
 

L’effort financier se poursuit néanmoins sur des projets structurants, notamment la production de sulfates de cobalt, stratégique pour les chaînes de valeur des batteries, ainsi que le projet gazier de Tendrara, dont l’entrée en production est attendue en 2026. Ces initiatives illustrent une volonté claire de diversification et d’alignement avec les transitions énergétiques et industrielles.


Un endettement en hausse, mais des flux de trésorerie attendus

L’ampleur des investissements se reflète dans la structure financière. L’endettement net consolidé atteint 12,7 MMDH, en hausse de 23 % par rapport à fin 2024.
 

Cependant, le quatrième trimestre marque un infléchissement : la dette nette diminue grâce aux premiers flux de trésorerie générés par les projets récemment mis en service. Ce signal est scruté de près par les analystes, car il confirme la capacité des nouvelles unités à produire rapidement du cash-flow.


Une trajectoire industrielle assumée

Dans les milieux économiques, cette performance est souvent décrite comme un « point d’inflexion ». Un investisseur confiait récemment, lors d’une rencontre sectorielle à Casablanca, que la montée en régime simultanée de plusieurs projets miniers reste rare à cette échelle. Le pari industriel est audacieux, mais il semble aujourd’hui porter ses fruits.
 

Entre opportunités liées à la transition énergétique, volatilité des cours des métaux et exigences de financement élevées, le groupe avance sur une ligne de crête. La stratégie repose sur la diversification, la valorisation des ressources et une intégration accrue dans les chaînes de valeur mondiales.
 

La performance 2025 ne constitue donc pas seulement un record comptable. Elle illustre une transformation structurelle, dans laquelle l’investissement industriel, la discipline financière et l’anticipation des marchés futurs jouent un rôle déterminant.
 

Au-delà de la performance financière, l’enjeu se déplace désormais vers la durabilité de cette croissance. La capacité du groupe à stabiliser ses flux de trésorerie, maîtriser son endettement et réussir l’entrée en production de ses projets stratégiques sera déterminante. Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la volatilité des matières premières, la trajectoire engagée pourrait renforcer l’ancrage industriel du Maroc et consolider sa place dans les chaînes de valeur minières internationales.





Lundi 2 Mars 2026
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