Marché automobile marocain 2025 : +33,43 % de ventes record et dynamique inédite


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 15 Janvier 2026

L’année 2025 restera gravée dans les annales du marché automobile marocain. Avec 235 372 véhicules neufs immatriculés, le secteur affiche une croissance exceptionnelle de 33,43 % par rapport à 2024, portée par une demande robuste tant chez les particuliers que chez les professionnels. Derrière ces chiffres, c’est tout un écosystème économique qui renoue avec une vigueur retrouvée, mais aussi des défis structurels qui s’annoncent pour les acteurs du secteur.



Le monde de l’automobile au Maroc a connu en 2025 une véritable explosion des ventes, suggérant un retour de confiance des ménages et des entreprises après une période de croissance plus mesurée. Au total, 235 372 nouvelles immatriculations ont été enregistrées à fin décembre, contre 176 401 unités en 2024, selon les dernières données de l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM). Cette progression de plus de 33 % est rarement observée dans le paysage national ces dernières années.
 

Décembre, traditionnellement un mois de pointe pour les achats avant la nouvelle année, a confirmé cette dynamique. Avec 27 354 immatriculations (+20,92 % comparé à décembre 2024), le marché a maintenu sa cadence, tiré à la fois par les véhicules particuliers et les utilitaires légers. Sur ce total, 24 453 VP ont trouvé preneur, tandis que 2 901 VUL ont été écoulés.
 

En regardant de plus près les chiffres annuels, les véhicules particuliers (VP) demeurent le moteur principal de cette croissance avec 208 848 unités vendues, en hausse de 32,91 %. Le segment des véhicules utilitaires légers (VUL) n’est pas en reste, enregistrant une progression encore plus marquée de 37,70 %, avec 26 524 unités écoulées. Cela illustre une double dynamique : une demande soutenue pour les voitures familiales ou personnelles, mais aussi une confiance retrouvée du côté des professionnels et des petites entreprises.
 

Cette tendance haussière n’est pas isolée. Tout au long de l’année, les statistiques mensuelles publiées par l’AIVAM ont déjà montré des sauts significatifs dans les ventes : plus de 35 % de croissance à fin mars et encore près de 36 % à fin septembre, confirmant que la reprise est durable et non ponctuelle.
 

Du côté des modèles les plus vendus, la Dacia Logan conserve sa place de leader incontesté, avec 18 282 unités écoulées sur l’année. La Dacia Sandero et la Renault Clio complètent le trio de tête avec respectivement 17 572 et 13 349 ventes, reflétant une préférence marquée des Marocains pour des véhicules généralistes adaptés au pouvoir d’achat local. D’autres modèles comme le Renault Express, Peugeot 208, Renault Kardian ou Dacia Duster figurent également dans le top 10, soulignant la diversité de l’offre.
 

On observe parallèlement l’ascension des SUV tels que le Hyundai Tucson et le Volkswagen Tiguan, qui témoignent d’un changement progressif dans les attentes des automobilistes marocains, en quête d’espace, de confort et de polyvalence.
 

Pourtant, derrière ces chiffres flatteurs, plusieurs incertitudes subsistent. Le pouvoir d’achat des ménages reste un facteur clé : si les ventes progressent, les pressions sur le budget des familles, notamment en matière de crédit automobile, pourraient jouer un rôle déterminant en 2026. De plus, l’émergence de nouvelles tendances, comme l’électrification ou l’adoption de modes de mobilité alternatifs, pose des questions sur l’adaptabilité des importateurs et du réseau de distribution.
 

Enfin, ce succès commercial ne doit pas faire oublier les défis structurels : la nécessité de développer davantage l’industrie locale, de renforcer les chaînes logistiques, ou encore d’améliorer l’accès aux financements. La récente annonce d’expansion de capacités industrielles, comme celle de Stellantis à Kénitra visant à augmenter la production locale  illustre bien ces enjeux industriels en lien avec l’évolution du marché national.


Alors que le Maroc boucle une année 2025 record, le redressement spectaculaire du marché automobile reflète à la fois une reprise économique plus large et une transformation des comportements d’achat. Pour la nouvelle génération marocaine, plus connectée et consciente des enjeux de mobilité, cette évolution ouvre des perspectives passionnantes mais appelle aussi à des stratégies audacieuses, capables de concilier dynamisme commercial et développement durable. Le défi est lancé pour 2026 : maintenir la cadence tout en intégrant les mutations profondes d’un secteur en pleine révolution.





Jeudi 15 Janvier 2026
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