Performances du marché automobile
À première vue, les chiffres semblent annoncer un redressement franc du secteur après plusieurs années marquées par la pandémie, les perturbations logistiques et l’inflation importée. Pourtant, derrière cette performance brute se cachent des dynamiques plus contrastées, voire fragiles.
La première clé de lecture est conjoncturelle. Janvier 2025 avait été particulièrement faible, affecté par des retards de livraison, une tension sur les prix et une prudence accrue des ménages. La hausse de janvier 2026 s’inscrit donc largement dans un effet de rattrapage, avec la livraison de commandes différées et une normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement.
Autrement dit, le marché ne crée pas nécessairement une nouvelle demande : il absorbe une demande ancienne. Cette distinction est essentielle pour éviter toute extrapolation excessive sur l’ensemble de l’année.
La première clé de lecture est conjoncturelle. Janvier 2025 avait été particulièrement faible, affecté par des retards de livraison, une tension sur les prix et une prudence accrue des ménages. La hausse de janvier 2026 s’inscrit donc largement dans un effet de rattrapage, avec la livraison de commandes différées et une normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement.
Autrement dit, le marché ne crée pas nécessairement une nouvelle demande : il absorbe une demande ancienne. Cette distinction est essentielle pour éviter toute extrapolation excessive sur l’ensemble de l’année.
La structure de la croissance mérite également attention. Le dynamisme repose quasi exclusivement sur le véhicule particulier, qui capte l’essentiel des volumes et des parts de marché. Le VUL, indicateur plus directement lié à l’activité économique productive (TPME, artisans, logistique urbaine), progresse beaucoup plus lentement.
Ce déséquilibre suggère que la reprise reste tirée par la consommation des ménages plutôt que par l’investissement productif. Un signal à relativiser dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure sous pression et où le crédit reste sélectif.
Les données croisées avec les statistiques de ventes montrent également une montée en gamme progressive du marché, portée par des modèles mieux équipés, souvent plus chers. Cette évolution masque une réalité plus sociale : l’automobile neuve devient de moins en moins accessible à une partie croissante de la population.
Les ménages arbitrent davantage, retardent leurs décisions d’achat ou se replient vers l’occasion, pendant que le neuf s’adresse à des profils plus solvables ou à des achats contraints (remplacement, usage professionnel individuel).
La question centrale reste celle de la durabilité. Cette performance de janvier 2026 repose sur un équilibre fragile : stabilité du dirham, coût du crédit, fiscalité automobile, prix de l’énergie et perspectives de revenu. Le moindre choc — hausse des taux, tension budgétaire, inflation importée — pourrait rapidement freiner la dynamique.
Ce déséquilibre suggère que la reprise reste tirée par la consommation des ménages plutôt que par l’investissement productif. Un signal à relativiser dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure sous pression et où le crédit reste sélectif.
Les données croisées avec les statistiques de ventes montrent également une montée en gamme progressive du marché, portée par des modèles mieux équipés, souvent plus chers. Cette évolution masque une réalité plus sociale : l’automobile neuve devient de moins en moins accessible à une partie croissante de la population.
Les ménages arbitrent davantage, retardent leurs décisions d’achat ou se replient vers l’occasion, pendant que le neuf s’adresse à des profils plus solvables ou à des achats contraints (remplacement, usage professionnel individuel).
La question centrale reste celle de la durabilité. Cette performance de janvier 2026 repose sur un équilibre fragile : stabilité du dirham, coût du crédit, fiscalité automobile, prix de l’énergie et perspectives de revenu. Le moindre choc — hausse des taux, tension budgétaire, inflation importée — pourrait rapidement freiner la dynamique.
Par ailleurs, le marché marocain reste fortement dépendant de l’offre importée, ce qui l’expose aux décisions industrielles et commerciales prises hors du pays. La montée en puissance de l’assemblage local et l’intégration industrielle demeurent des enjeux structurants non résolus.
En définitive, le marché automobile marocain démarre 2026 sur une note positive, mais pas encore sur des bases structurellement solides. Les chiffres de janvier sont encourageants, mais ils racontent davantage une normalisation qu’une transformation profonde.
Pour les acteurs du secteur comme pour les pouvoirs publics, l’enjeu n’est donc pas de célébrer une reprise ponctuelle, mais de s’interroger sur sa qualité : qui achète, à quel prix, pour quel usage, et avec quelle visibilité à moyen terme.
Le marché a redémarré. Reste à savoir s’il est réellement reparti — ou simplement remis en mouvement.
En définitive, le marché automobile marocain démarre 2026 sur une note positive, mais pas encore sur des bases structurellement solides. Les chiffres de janvier sont encourageants, mais ils racontent davantage une normalisation qu’une transformation profonde.
Pour les acteurs du secteur comme pour les pouvoirs publics, l’enjeu n’est donc pas de célébrer une reprise ponctuelle, mais de s’interroger sur sa qualité : qui achète, à quel prix, pour quel usage, et avec quelle visibilité à moyen terme.
Le marché a redémarré. Reste à savoir s’il est réellement reparti — ou simplement remis en mouvement.