Maroc 2026 : croissance solide mais pression sur l’emploi


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 12 Février 2026

L’économie marocaine devrait enregistrer une croissance de 4,9% en 2026, portée par l’investissement et une bonne campagne agricole, selon les conclusions d’une mission du Fonds monétaire international menée à Rabat entre le 29 janvier et le 11 février 2026.



Une croissance soutenue par l’investissement et l’agriculture

Le Fonds monétaire international prévoit une dynamique économique soutenue pour le Maroc. Selon ses estimations, la croissance aurait déjà atteint 4,9% en 2025, grâce aux performances des secteurs agricole, de la construction et des services. Cette tendance devrait se poursuivre en 2026, favorisée notamment par une pluviométrie exceptionnelle et la poursuite des investissements.
 
L’inflation est restée contenue en 2025, avec une moyenne de 0,8%, en raison d’une faible inflation alimentaire. Elle devrait progressivement atteindre environ 2% à l’horizon mi-2027, sous l’effet du renforcement de l’activité économique et des précédentes baisses du taux directeur.
 
Finances publiques en amélioration
 
La mission du FMI souligne la bonne tenue des finances publiques, portée par une amélioration significative des recettes fiscales, qui ont atteint 24,5% du PIB en 2025. Cette progression a permis de ramener le déficit budgétaire à 3,5% du PIB, un niveau inférieur aux prévisions.
 
Sur le plan extérieur, un creusement modéré du déficit du compte courant est attendu, en raison de la forte composante d’importations liée aux investissements publics. Cette évolution devrait toutefois être partiellement compensée par la hausse des recettes touristiques et des investissements directs étrangers, tandis que les réserves internationales restent jugées adéquates.
 
Le FMI recommande de préserver une partie des recettes excédentaires afin de renforcer les marges budgétaires et de soutenir davantage l’investissement dans le capital humain, notamment dans l’éducation, la santé et la protection sociale.
 
Réformes structurelles et défi de l’emploi
 
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, l’institution insiste sur les défis structurels, en particulier la création d’emplois durables. Elle souligne la nécessité d’un secteur privé plus dynamique, d’un climat des affaires plus favorable et d’un marché du travail plus réactif.
 
La poursuite des réformes des établissements et entreprises publics est jugée essentielle pour améliorer leur gouvernance et renforcer la concurrence. Les dispositifs de soutien aux petites et moyennes entreprises ainsi que la mise en œuvre de la Feuille de route pour l’emploi 2030 sont salués, tout en appelant à un suivi de leur impact sur l’emploi et à des mesures pour réduire l’inadéquation des compétences.
 





Jeudi 12 Février 2026
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