Par Dr Az-Eddine Bennani
Cette formulation traduit une évolution importante. Elle reconnaît que les Marocains vivant à l’étranger ne doivent plus être considérés seulement à travers leurs transferts financiers, leurs investissements ou leur présence estivale. Ils sont aussi porteurs de compétences, d’expériences, de réseaux et de connaissances acquises dans de nombreux pays.
Dans une précédente tribune intitulée « Marocain, point c’est tout », j’avais interrogé les différentes appellations utilisées pour désigner les Marocains vivant à l’étranger : MRE, Marocains du monde, diaspora et d’autres catégories qui finissent parfois par créer une distance là où il ne devrait y avoir qu’une appartenance commune.
Ma conviction n’a pas changé : où qu’il vive, un Marocain reste d’abord un Marocain.
La différence de lieu de résidence ne constitue pas une différence d’identité.
C’est donc volontairement que je préfère ici parler de Marocains vivant à l’étranger, ou simplement de Marocains lorsque la distinction géographique n’est pas utile.
Mais une fois cette question des mots posée, une autre, beaucoup plus opérationnelle, apparaît : sommes-nous réellement organisés pour permettre à tous les Marocains, où qu’ils vivent, d’agir ensemble au service du développement du pays ?
Dans une autre tribune récente, « L’exploit des Marocains révèle aussi les limites de nos systèmes », j’ai essayé de montrer que la réussite de nombreux Marocains à l’étranger devait nous conduire à nous interroger non seulement sur leurs qualités individuelles, mais aussi sur les environnements qui permettent à ces qualités de s’exprimer.
J’y ai également évoqué mon propre parcours pour apporter un témoignage concret. Il serait inutile de le répéter ici. L’enjeu dépasse largement les trajectoires individuelles.
La question est désormais collective : que fait le Maroc des connaissances, des expériences et des réseaux accumulés par ses citoyens vivant ailleurs ? Et surtout, comment les met-il en relation avec les compétences de celles et ceux qui vivent et travaillent au Maroc ?
Le véritable enjeu n’est plus de célébrer quelques parcours individuels. Il est de construire un système capable de faire circuler les compétences.
Pour y parvenir, il faut d’abord dépasser une pratique ancienne : pendant longtemps, la mobilisation des compétences marocaines vivant à l’étranger a beaucoup reposé sur les relations personnelles.
On connaît quelqu’un à Paris, Montréal, Bruxelles, Madrid, Londres ou ailleurs. On l’invite à une conférence. On lui demande une intervention. On organise une rencontre. Puis chacun reprend ses activités.
Ces échanges sont utiles. Mais ils ne constituent pas encore un système.
À l’horizon 2030, le Maroc pourrait franchir une autre étape : considérer l’ensemble des compétences marocaines, où qu’elles se trouvent, comme une infrastructure distribuée de savoirs, d’expériences et de capacités d’action.
Cela suppose d’abord de savoir précisément quelles compétences existent.
Pas seulement des noms.
Des compétences.
Dans quel domaine cette personne travaille-t-elle ? Quelle expérience peut-elle partager ? Que pourrait-elle transmettre ? Souhaite-t-elle enseigner, conseiller, investir, accompagner une entreprise, participer à un projet de recherche, encadrer des étudiants ou contribuer à une politique publique ?
Et, symétriquement, quels sont les besoins réels au Maroc ?
Car une cartographie des compétences qui ne serait pas reliée à une cartographie des besoins ne produirait qu’une base de données supplémentaire.
Il faut mettre les deux en relation.
Un besoin. Une compétence. Une mission. Un responsable. Un calendrier. Un résultat attendu.
C’est à cette condition que l’on peut passer d’une logique de contacts à une logique d’action.
Cette organisation suppose également de sortir d’une idée ancienne : celle selon laquelle la contribution d’un Marocain vivant à l’étranger serait véritablement accomplie lorsqu’il revient définitivement au pays.
Le monde a changé.
On peut vivre à Paris et accompagner une entreprise à Agadir. Enseigner à Montréal et encadrer un étudiant à Rabat. Travailler à Bruxelles et participer à un projet à Oujda. Être ingénieur en Allemagne et contribuer à un projet industriel à Tanger.
Le numérique permet désormais d’organiser cette circulation du savoir avec une facilité qui n’existait pas il y a encore quelques décennies.
La question n’est donc plus seulement celle du retour des compétences.
Elle devient celle de leur circulation.
Cette distinction me paraît essentielle.
Une compétence n’a pas besoin de changer définitivement de pays pour être utile au Maroc. Elle doit pouvoir être mobilisée au bon moment, sur le bon projet et avec les bons interlocuteurs.
Le passage du « retour » à la « circulation » change profondément la manière de penser la relation entre le Maroc et ses citoyens vivant ailleurs.
Cette circulation des compétences prend une importance particulière à l’approche de 2030. Les grands chantiers marocains concernent de nombreux domaines : infrastructures, numérique, énergie, eau, services publics, investissement, formation, tourisme et, naturellement, préparation de la Coupe du monde.
Les compétences marocaines présentes dans le monde peuvent contribuer à ces transformations.
Mais 2030 ne doit surtout pas devenir une échéance après laquelle cette mobilisation s’essoufflerait.
La Coupe du monde peut être un formidable accélérateur. Elle ne peut pas constituer à elle seule une politique durable de mobilisation des compétences.
L’enjeu véritable se situe au-delà de 2030 : comment transformer cette mobilisation en mécanismes durables de circulation et de transmission des connaissances ?
C’est précisément parce que 2030 concentre les énergies qu’il faut penser dès maintenant 2031.
Que restera-t-il des dispositifs créés ? Quels réseaux continueront à fonctionner ? Quels savoirs auront été transmis ? Quelles collaborations auront survécu aux grands événements ?
La réussite ne se mesurera pas seulement à ce que nous aurons réalisé avant 2030, mais aussi à ce que nous aurons rendu durable après 2030.
Mais cette mobilisation ne devrait pas bénéficier uniquement aux grandes institutions, aux grandes entreprises ou aux grands projets.
Elle doit atteindre les jeunes.
C’est un point essentiel.
Un ingénieur marocain travaillant depuis vingt ans dans une entreprise internationale pourrait accompagner de jeunes ingénieurs au Maroc. Un professeur pourrait encadrer des étudiants ou de jeunes chercheurs. Un entrepreneur pourrait conseiller une startup. Un artisan installé à l’étranger pourrait partager de nouvelles méthodes de production, de conception ou de commercialisation avec de jeunes artisans au Maroc.
Cette transmission ne devrait pas dépendre uniquement de la bonne volonté individuelle.
Elle pourrait être organisée.
Chaque mission faisant appel à une compétence marocaine vivant à l’étranger pourrait, lorsque cela est pertinent, comporter un volet de transmission : mentorat, formation, documentation, accompagnement ou transfert de savoir-faire.
Ainsi, la compétence mobilisée ne produirait pas seulement un résultat immédiat.
Elle contribuerait à créer d’autres compétences.
C’est peut-être là que se trouve l’un des investissements les plus durables.
Dans cette logique, il existe aussi un risque qu’il faut absolument éviter : présenter les Marocains vivant à l’étranger comme une réserve de compétences destinée à compenser les insuffisances du pays.
Ce serait une erreur.
Le Maroc dispose de compétences remarquables sur son propre sol.
L’objectif n’est pas de remplacer les compétences présentes au Maroc par celles qui vivent ailleurs.
Il est de les mettre en relation.
Un chercheur de Rabat avec un chercheur marocain travaillant à Paris. Un entrepreneur de Casablanca avec un entrepreneur marocain installé à Montréal. Un artisan de Fès avec un designer marocain travaillant à Milan. Un étudiant d’Oujda avec un ingénieur marocain exerçant dans une grande entreprise technologique internationale.
Et cette relation doit fonctionner dans les deux sens.
Les Marocains vivant à l’étranger ont également beaucoup à apprendre des transformations qui se produisent aujourd’hui au Maroc, de ses entreprises, de ses chercheurs, de ses ingénieurs, de ses artisans, de ses jeunes et de ses régions.
Il ne s’agit donc pas d’un transfert à sens unique.
Il s’agit d’une circulation.
Reste alors la question du passage à l’action. Nous savons organiser des rencontres, des journées, des conférences et des appels à mobilisation.
Il faut désormais franchir une étape supplémentaire.
Beaucoup de compétences marocaines vivant à l’étranger restent encore peu sollicitées, parfois même lorsqu’elles souhaitent contribuer. Cela montre que le problème n’est pas seulement celui de la disponibilité des compétences, mais aussi celui des mécanismes permettant de les identifier, de les mettre en relation avec des besoins précis et de les mobiliser dans des conditions utiles.
Pourquoi ne pas disposer d’un dispositif national permettant de mettre en relation, de manière simple et transparente, les besoins des projets marocains et les compétences marocaines disponibles dans le monde ?
Non pas un nouvel annuaire.
Une infrastructure d’action.
Une université, une région, une entreprise, une administration, une association ou un porteur de projet pourrait exprimer un besoin précis.
Des Marocains disposant de la compétence recherchée pourraient proposer leur contribution.
La mission serait définie, limitée dans le temps et assortie d’objectifs identifiables.
Son résultat pourrait être évalué.
Et les connaissances produites pourraient, lorsque leur nature le permet, être transmises à d’autres.
Nous passerions alors de l’appel : « Venez contribuer au Maroc » à une proposition beaucoup plus concrète : « Voici le besoin. Voici le projet. Voici comment vous pouvez contribuer. Voici avec qui vous allez travailler. Voici ce que nous souhaitons construire ensemble. »
La différence est considérable.
Le Maroc 2030 ne devrait donc pas seulement demander : « Que peuvent faire les Marocains vivant à l’étranger pour le Maroc ? »
Nous devrions également nous demander : « Qu’avons-nous construit pour permettre aux Marocains d’ici et d’ailleurs d’agir ensemble ? »
C’est peut-être en répondant à cette seconde question que nous donnerons tout son sens à la première.
Et peut-être faut-il finalement revenir à la formule la plus simple.
Qu’ils vivent à Rabat, Paris, Montréal, Bruxelles ou ailleurs, ils n’ont pas besoin d’une identité supplémentaire pour contribuer à leur pays.
Ils sont Marocains.
Point c’est tout.
Dans une précédente tribune intitulée « Marocain, point c’est tout », j’avais interrogé les différentes appellations utilisées pour désigner les Marocains vivant à l’étranger : MRE, Marocains du monde, diaspora et d’autres catégories qui finissent parfois par créer une distance là où il ne devrait y avoir qu’une appartenance commune.
Ma conviction n’a pas changé : où qu’il vive, un Marocain reste d’abord un Marocain.
La différence de lieu de résidence ne constitue pas une différence d’identité.
C’est donc volontairement que je préfère ici parler de Marocains vivant à l’étranger, ou simplement de Marocains lorsque la distinction géographique n’est pas utile.
Mais une fois cette question des mots posée, une autre, beaucoup plus opérationnelle, apparaît : sommes-nous réellement organisés pour permettre à tous les Marocains, où qu’ils vivent, d’agir ensemble au service du développement du pays ?
Dans une autre tribune récente, « L’exploit des Marocains révèle aussi les limites de nos systèmes », j’ai essayé de montrer que la réussite de nombreux Marocains à l’étranger devait nous conduire à nous interroger non seulement sur leurs qualités individuelles, mais aussi sur les environnements qui permettent à ces qualités de s’exprimer.
J’y ai également évoqué mon propre parcours pour apporter un témoignage concret. Il serait inutile de le répéter ici. L’enjeu dépasse largement les trajectoires individuelles.
La question est désormais collective : que fait le Maroc des connaissances, des expériences et des réseaux accumulés par ses citoyens vivant ailleurs ? Et surtout, comment les met-il en relation avec les compétences de celles et ceux qui vivent et travaillent au Maroc ?
Le véritable enjeu n’est plus de célébrer quelques parcours individuels. Il est de construire un système capable de faire circuler les compétences.
Pour y parvenir, il faut d’abord dépasser une pratique ancienne : pendant longtemps, la mobilisation des compétences marocaines vivant à l’étranger a beaucoup reposé sur les relations personnelles.
On connaît quelqu’un à Paris, Montréal, Bruxelles, Madrid, Londres ou ailleurs. On l’invite à une conférence. On lui demande une intervention. On organise une rencontre. Puis chacun reprend ses activités.
Ces échanges sont utiles. Mais ils ne constituent pas encore un système.
À l’horizon 2030, le Maroc pourrait franchir une autre étape : considérer l’ensemble des compétences marocaines, où qu’elles se trouvent, comme une infrastructure distribuée de savoirs, d’expériences et de capacités d’action.
Cela suppose d’abord de savoir précisément quelles compétences existent.
Pas seulement des noms.
Des compétences.
Dans quel domaine cette personne travaille-t-elle ? Quelle expérience peut-elle partager ? Que pourrait-elle transmettre ? Souhaite-t-elle enseigner, conseiller, investir, accompagner une entreprise, participer à un projet de recherche, encadrer des étudiants ou contribuer à une politique publique ?
Et, symétriquement, quels sont les besoins réels au Maroc ?
Car une cartographie des compétences qui ne serait pas reliée à une cartographie des besoins ne produirait qu’une base de données supplémentaire.
Il faut mettre les deux en relation.
Un besoin. Une compétence. Une mission. Un responsable. Un calendrier. Un résultat attendu.
C’est à cette condition que l’on peut passer d’une logique de contacts à une logique d’action.
Cette organisation suppose également de sortir d’une idée ancienne : celle selon laquelle la contribution d’un Marocain vivant à l’étranger serait véritablement accomplie lorsqu’il revient définitivement au pays.
Le monde a changé.
On peut vivre à Paris et accompagner une entreprise à Agadir. Enseigner à Montréal et encadrer un étudiant à Rabat. Travailler à Bruxelles et participer à un projet à Oujda. Être ingénieur en Allemagne et contribuer à un projet industriel à Tanger.
Le numérique permet désormais d’organiser cette circulation du savoir avec une facilité qui n’existait pas il y a encore quelques décennies.
La question n’est donc plus seulement celle du retour des compétences.
Elle devient celle de leur circulation.
Cette distinction me paraît essentielle.
Une compétence n’a pas besoin de changer définitivement de pays pour être utile au Maroc. Elle doit pouvoir être mobilisée au bon moment, sur le bon projet et avec les bons interlocuteurs.
Le passage du « retour » à la « circulation » change profondément la manière de penser la relation entre le Maroc et ses citoyens vivant ailleurs.
Cette circulation des compétences prend une importance particulière à l’approche de 2030. Les grands chantiers marocains concernent de nombreux domaines : infrastructures, numérique, énergie, eau, services publics, investissement, formation, tourisme et, naturellement, préparation de la Coupe du monde.
Les compétences marocaines présentes dans le monde peuvent contribuer à ces transformations.
Mais 2030 ne doit surtout pas devenir une échéance après laquelle cette mobilisation s’essoufflerait.
La Coupe du monde peut être un formidable accélérateur. Elle ne peut pas constituer à elle seule une politique durable de mobilisation des compétences.
L’enjeu véritable se situe au-delà de 2030 : comment transformer cette mobilisation en mécanismes durables de circulation et de transmission des connaissances ?
C’est précisément parce que 2030 concentre les énergies qu’il faut penser dès maintenant 2031.
Que restera-t-il des dispositifs créés ? Quels réseaux continueront à fonctionner ? Quels savoirs auront été transmis ? Quelles collaborations auront survécu aux grands événements ?
La réussite ne se mesurera pas seulement à ce que nous aurons réalisé avant 2030, mais aussi à ce que nous aurons rendu durable après 2030.
Mais cette mobilisation ne devrait pas bénéficier uniquement aux grandes institutions, aux grandes entreprises ou aux grands projets.
Elle doit atteindre les jeunes.
C’est un point essentiel.
Un ingénieur marocain travaillant depuis vingt ans dans une entreprise internationale pourrait accompagner de jeunes ingénieurs au Maroc. Un professeur pourrait encadrer des étudiants ou de jeunes chercheurs. Un entrepreneur pourrait conseiller une startup. Un artisan installé à l’étranger pourrait partager de nouvelles méthodes de production, de conception ou de commercialisation avec de jeunes artisans au Maroc.
Cette transmission ne devrait pas dépendre uniquement de la bonne volonté individuelle.
Elle pourrait être organisée.
Chaque mission faisant appel à une compétence marocaine vivant à l’étranger pourrait, lorsque cela est pertinent, comporter un volet de transmission : mentorat, formation, documentation, accompagnement ou transfert de savoir-faire.
Ainsi, la compétence mobilisée ne produirait pas seulement un résultat immédiat.
Elle contribuerait à créer d’autres compétences.
C’est peut-être là que se trouve l’un des investissements les plus durables.
Dans cette logique, il existe aussi un risque qu’il faut absolument éviter : présenter les Marocains vivant à l’étranger comme une réserve de compétences destinée à compenser les insuffisances du pays.
Ce serait une erreur.
Le Maroc dispose de compétences remarquables sur son propre sol.
L’objectif n’est pas de remplacer les compétences présentes au Maroc par celles qui vivent ailleurs.
Il est de les mettre en relation.
Un chercheur de Rabat avec un chercheur marocain travaillant à Paris. Un entrepreneur de Casablanca avec un entrepreneur marocain installé à Montréal. Un artisan de Fès avec un designer marocain travaillant à Milan. Un étudiant d’Oujda avec un ingénieur marocain exerçant dans une grande entreprise technologique internationale.
Et cette relation doit fonctionner dans les deux sens.
Les Marocains vivant à l’étranger ont également beaucoup à apprendre des transformations qui se produisent aujourd’hui au Maroc, de ses entreprises, de ses chercheurs, de ses ingénieurs, de ses artisans, de ses jeunes et de ses régions.
Il ne s’agit donc pas d’un transfert à sens unique.
Il s’agit d’une circulation.
Reste alors la question du passage à l’action. Nous savons organiser des rencontres, des journées, des conférences et des appels à mobilisation.
Il faut désormais franchir une étape supplémentaire.
Beaucoup de compétences marocaines vivant à l’étranger restent encore peu sollicitées, parfois même lorsqu’elles souhaitent contribuer. Cela montre que le problème n’est pas seulement celui de la disponibilité des compétences, mais aussi celui des mécanismes permettant de les identifier, de les mettre en relation avec des besoins précis et de les mobiliser dans des conditions utiles.
Pourquoi ne pas disposer d’un dispositif national permettant de mettre en relation, de manière simple et transparente, les besoins des projets marocains et les compétences marocaines disponibles dans le monde ?
Non pas un nouvel annuaire.
Une infrastructure d’action.
Une université, une région, une entreprise, une administration, une association ou un porteur de projet pourrait exprimer un besoin précis.
Des Marocains disposant de la compétence recherchée pourraient proposer leur contribution.
La mission serait définie, limitée dans le temps et assortie d’objectifs identifiables.
Son résultat pourrait être évalué.
Et les connaissances produites pourraient, lorsque leur nature le permet, être transmises à d’autres.
Nous passerions alors de l’appel : « Venez contribuer au Maroc » à une proposition beaucoup plus concrète : « Voici le besoin. Voici le projet. Voici comment vous pouvez contribuer. Voici avec qui vous allez travailler. Voici ce que nous souhaitons construire ensemble. »
La différence est considérable.
Le Maroc 2030 ne devrait donc pas seulement demander : « Que peuvent faire les Marocains vivant à l’étranger pour le Maroc ? »
Nous devrions également nous demander : « Qu’avons-nous construit pour permettre aux Marocains d’ici et d’ailleurs d’agir ensemble ? »
C’est peut-être en répondant à cette seconde question que nous donnerons tout son sens à la première.
Et peut-être faut-il finalement revenir à la formule la plus simple.
Qu’ils vivent à Rabat, Paris, Montréal, Bruxelles ou ailleurs, ils n’ont pas besoin d’une identité supplémentaire pour contribuer à leur pays.
Ils sont Marocains.
Point c’est tout.