La Direction Générale des Impôts (DGI) a intensifié ses rappels à l’adresse des contribuables. Le 31 janvier 2026 représente la date butoir pour déposer auprès de l’administration fiscale toute déclaration de changements intervenus en 2025 concernant des biens immobiliers soumis à la taxe d’habitation et à la taxe de services communaux. Ce message, qui revient comme un leitmotiv dans les bureaux d’accueil des services fiscaux et sur le site officiel de la DGI, s’adresse à tout propriétaire ou usufruitier concerné.
En pratique, cette formalité vise trois grands types de situations :
• l’achèvement d’une construction nouvelle ou l’addition à une construction existante ;
• le changement de propriété du bien (vente, donation, partage, etc.) ;
• la modification de l’affectation de l’immeuble, par exemple lorsqu’un logement devient à usage professionnel.
Chaque immeuble doit donner lieu à une déclaration distincte, remplie via le formulaire ADP060 disponible en téléchargement sur le portail www.tax.gov.ma ou auprès des services de la DGI. Cette formalité, bien qu’apparaisse simple, est au cœur d’un dossier fiscal irréprochable : sans elle, vous pourriez perdre des exonérations fiscales légales, être assujetti à des taxations rétroactives ou rencontrer des difficultés lors d’une vente immobilière.
Ce rappel intervient dans un contexte plus large de réforme de la fiscalité locale au Maroc. Depuis juin 2025, la gestion de la taxe d’habitation (TH) et de la taxe de services communaux (TSC) a été transférée de la Trésorerie Générale du Royaume à la DGI, dans le cadre de la loi n° 14-25 visant à renforcer l’efficacité et la cohérence de la gouvernance fiscale territoriale. Ce changement, discret mais profond, a pour objectif de simplifier les procédures administratives et d’assurer une plus grande transparence dans le traitement des obligations fiscales locales.
Pour beaucoup de citoyens, ces obligations restent mal connues. Dans les faits, une construction neuve bénéficie d’une exonération temporaire de la taxe d’habitation pendant les cinq premières années suivant l’achèvement, à condition que la déclaration soit faite dans les délais prescrits. Sans cette déclaration, l’administration peut considérer que le bien n’est pas éligible à cette exonération et recalculer la taxe en conséquence.
Au-delà des aspects techniques, certains professionnels alertent déjà sur la nécessité d’améliorer l’accompagnement des contribuables, notamment les particuliers peu familiers avec le vocabulaire administratif. L’enjeu n’est pas seulement financier : il touche aussi à la fluidité du marché immobilier, à la sécurité juridique des transactions et à la confiance des citoyens dans la modernisation de l’administration fiscale.
En attendant le 31 janvier, il est donc impératif pour chaque propriétaire et usufruitier de vérifier sa situation, de rassembler les pièces nécessaires et de déposer sa déclaration sans tarder. Au Maroc, comme dans toute démocratie sociale avancée, la vigilance fiscale n’est pas un choix : elle conditionne la pérennité de vos droits et la stabilité des engagements publics – privés. Ne laissez pas filer cette échéance.