Le projet de tunnel sous-marin reliant le Maroc à l'Espagne vient d'enregistrer un nouveau coup d'arrêt. Cette fois, l'obstacle n'est ni technique ni politique. Il est assurantiel. Les autorités espagnoles peinent à trouver une compagnie disposée à couvrir la responsabilité civile des dirigeants de l'entreprise chargée du chantier. Un détail ? Pas vraiment.
Refuser de couvrir un projet, dans le langage feutré des assureurs, signifie en mesurer les risques comme excessifs. Or, ce tunnel — évoqué depuis les années 1980, relancé périodiquement, jamais véritablement enclenché — accumule les zones grises. Géologie complexe du détroit de Gibraltar, profondeur dépassant les 900 mètres par endroits, activité sismique soutenue, coûts estimés à plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Autant de variables qui découragent les acteurs financiers les plus aguerris.
Ce nouveau revers interroge sur la viabilité même du projet. Le Maroc et l'Espagne ont multiplié les annonces ces dernières années, en particulier dans la perspective de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec le Portugal. L'idée d'un lien fixe transcontinental — qui placerait le Maroc en pivot entre l'Afrique et l'Europe — séduit les imaginaires. Sur le papier, l'effet de levier serait considérable : flux logistiques, mobilité humaine, intégration énergétique.
Sur le terrain, les obstacles s'accumulent. Études techniques inachevées, financement non bouclé, montage juridique incertain. Et désormais, un signal d'alerte venu de l'industrie de l'assurance, dont la prudence vaut toujours expertise.
Faut-il alors continuer à parler du tunnel comme d'un projet imminent, ou accepter qu'il appartienne, pour l'instant, au registre des grandes ambitions différées ? Entre les deux rives, la mer reste plus profonde que prévu.
Refuser de couvrir un projet, dans le langage feutré des assureurs, signifie en mesurer les risques comme excessifs. Or, ce tunnel — évoqué depuis les années 1980, relancé périodiquement, jamais véritablement enclenché — accumule les zones grises. Géologie complexe du détroit de Gibraltar, profondeur dépassant les 900 mètres par endroits, activité sismique soutenue, coûts estimés à plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Autant de variables qui découragent les acteurs financiers les plus aguerris.
Ce nouveau revers interroge sur la viabilité même du projet. Le Maroc et l'Espagne ont multiplié les annonces ces dernières années, en particulier dans la perspective de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec le Portugal. L'idée d'un lien fixe transcontinental — qui placerait le Maroc en pivot entre l'Afrique et l'Europe — séduit les imaginaires. Sur le papier, l'effet de levier serait considérable : flux logistiques, mobilité humaine, intégration énergétique.
Sur le terrain, les obstacles s'accumulent. Études techniques inachevées, financement non bouclé, montage juridique incertain. Et désormais, un signal d'alerte venu de l'industrie de l'assurance, dont la prudence vaut toujours expertise.
Faut-il alors continuer à parler du tunnel comme d'un projet imminent, ou accepter qu'il appartienne, pour l'instant, au registre des grandes ambitions différées ? Entre les deux rives, la mer reste plus profonde que prévu.