Maroc-UE : Un alignement historique des 27 sur la question du Sahara


Rédigé par le Mardi 3 Février 2026



C’est un tournant majeur qui fera date dans les annales de la diplomatie méditerranéenne. Réunis à Bruxelles pour la 15e session du Conseil d’association, trente ans après la signature de l’accord fondateur de leurs relations, le Maroc et l’Union européenne ont définitivement tourné la page des turbulences. Au-delà des dossiers économiques, c’est la reconnaissance politique unanime des 27 États membres en faveur du Plan d’autonomie pour le Sahara marocain qui marque l’apogée de ce sommet, six ans après la dernière rencontre de ce niveau en 2019.

Conseil d'association : Le Maroc et l'UE ouvrent une nouvelle ère de coopération stratégique

L’atmosphère au bâtiment Justus Lipsius de Bruxelles était celle des grands jours. Après plusieurs années marquées par des soubresauts judiciaires et des tensions diplomatiques larvées, le Maroc et l’Union européenne ont opéré une "réinitialisation" complète et spectaculaire de leur partenariat. Cette 15e réunion du Conseil d’association ne s’est pas contentée de célébrer le trentième anniversaire de l’Accord d’association ; elle a posé les jalons d’une alliance géopolitique rénovée. Le point d’orgue de cette rencontre réside indiscutablement dans la déclaration conjointe finale, où, pour la première fois, l’ensemble des vingt-sept États membres de l’Union exprime un soutien clair et sans équivoque à l’initiative marocaine d’autonomie comme la base la plus sérieuse et crédible pour la résolution du différend autour du Sahara.

Ce consensus européen n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un travail diplomatique de longue haleine mené par Rabat, qui a su démontrer que sa stabilité et son intégrité territoriale étaient des facteurs indispensables à la sécurité du Vieux Continent. En validant la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud à travers le prisme du plan d’autonomie, l’UE harmonise enfin sa position avec la dynamique internationale, emboîtant le pas aux États-Unis et à de nombreuses puissances arabes et africaines. Cette clarification politique lève le dernier verrou qui entravait la pleine exploitation du potentiel bilatéral.

Sur le plan économique, les deux parties ont convenu d’accélérer l’intégration de leurs marchés. Les discussions ont permis de tracer une feuille de route ambitieuse pour la modernisation de l’accord de libre-échange, en mettant l’accent sur les chaînes de valeur industrielles, l’énergie verte et l’économie numérique. Le Maroc, désormais positionné comme le partenaire le plus fiable de l’Europe sur la rive sud, se voit confirmer son statut de hub logistique incontournable.

Le volet sécuritaire a également occupé une place centrale dans les échanges. Face à l’instabilité dans la région sahélo-saharienne, Bruxelles et Rabat ont renforcé leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme et de gestion des flux migratoires. L’approche marocaine, qui lie indissociablement sécurité et développement, a été saluée par les partenaires européens. Ce sommet de Bruxelles ne marque donc pas une fin, mais un nouveau départ, celui d’un partenariat d’égal à égal, débarrassé des zones d’ombre et résolument tourné vers l’avenir.




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Mardi 3 Février 2026
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