Une facture énergétique sous pression
Les prix du gaz naturel liquéfié et du butane suivent la même tendance, pouvant atteindre jusqu’à 850 dollars la tonne, accentuant la pression sur les finances publiques et les coûts de l’énergie pour les entreprises et les ménages.
Trois scénarios envisagés
Face à cette crise, Saham Capital Bourse identifie trois trajectoires possibles : Le scénario transitoire (2 à 4 semaines) suppose un cessez-le-feu rapide et une réouverture du détroit d’Ormuz. Dans ce cas, le Brent se stabiliserait entre 70 et 80 dollars. La croissance resterait soutenue entre 4,6 % et 5 %, l’inflation entre 1,5 % et 2,5 %, et le déficit budgétaire autour de 3 % du PIB. La hausse temporaire de la facture énergétique, estimée entre 8 et 15 milliards de dirhams, provoquerait un ajustement limité sur les marchés financiers et une légère dépréciation du dirham.
Le scénario prolongé (6 à 12 mois) envisage un prix du Brent compris entre 90 et 110 dollars. La facture énergétique pourrait s’alourdir de 40 à 50 milliards de dirhams, le déficit courant atteindrait 2,5 % à 3,5 % du PIB, et l’inflation importée pourrait pousser Bank Al-Maghrib à relever ses taux. Le MASI reculerait alors de 10 à 15 %, reflétant une volatilité accrue.
Enfin, le scénario systémique (plus de 12 mois) table sur un Brent entre 120 et 130 dollars, un choc durable entraînant un surcoût énergétique de 70 à 90 milliards de dirhams. La croissance ralentirait à 3 %, l’inflation grimperait jusqu’à 6 %, le déficit courant atteindrait 4,5 % du PIB, et le MASI pourrait chuter de 15 à 20 %, témoignant d’un désengagement massif des investisseurs.
Conséquences et vigilance
Cette crise énergétique met en lumière la vulnérabilité du Maroc aux tensions géopolitiques et la nécessité de stratégies de diversification et de résilience énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la durée et l’ampleur de ce choc sur l’économie nationale.