Maroc : les recettes douanières nettes franchissent 100,7 MMDH en 2025


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 29 Janvier 2026

À l’heure où les chiffres publics s’invitent de plus en plus dans le débat national au Maroc, les derniers résultats de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) offrent un regard nuancé sur la santé des finances publiques. Selon le Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de décembre 2025, les recettes douanières nettes ont dépassé 100,7 milliards de dirhams (MMDH), marquant une croissance significative de 9,1 % par rapport à fin décembre 2024.



Selon les dernières données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) dans son Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques de décembre 2025, les recettes douanières nettes se sont établies à plus de 100,7 MMDH, en hausse de 9,1 % par rapport à fin 2024. Un niveau jamais atteint auparavant, qui traduit à la fois l’intensité des échanges extérieurs et l’efficacité croissante des mécanismes de collecte.
 

Ces recettes intègrent les droits de douane, la TVA à l’importation ainsi que la taxe intérieure de consommation (TIC) sur les produits énergétiques, après prise en compte de remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux de 105 MDH. Un détail technique, souvent relégué au second plan, mais essentiel pour mesurer le rendement réel de la fiscalité douanière.


Une progression portée par la TVA à l’importation et les taxes énergétiques

Dans le détail, les droits de douane nets ont atteint 17 MMDH, affichant une amélioration de 6,6 % sur un an. La TVA à l’importation demeure toutefois le principal moteur, avec 63,25 MMDH collectés, soit une hausse de 8,2 %. Cette dynamique reste contrastée : la TVA sur les produits énergétiques recule de 3,9 %, tandis que celle appliquée aux autres produits importés progresse nettement, de 10,6 %.
 

La TIC sur les produits énergétiques confirme, pour sa part, son poids croissant dans les recettes de l’État. À fin décembre 2025, elle s’est élevée à 20,47 MMDH, en augmentation de 14,3 %, malgré des restitutions fiscales de 61 MDH. Une évolution qui reflète à la fois la structure des importations énergétiques et le rôle stratégique de cette taxe dans l’équilibre budgétaire.
 

Ces chiffres, bien que techniques, trouvent un écho très concret dans la vie quotidienne. Entre renchérissement des coûts de l’énergie, pression sur les prix à la consommation et arbitrages budgétaires des ménages, la fiscalité indirecte reste l’un des leviers les plus sensibles de l’action publique.


Un rendement fiscal solide, mais une équation économique délicate

D’un point de vue macroéconomique, la performance des recettes douanières nettes en 2025 constitue un signal de stabilité pour les finances publiques marocaines. Elle offre des marges de manœuvre pour financer les politiques sociales, soutenir l’investissement public et accompagner les réformes structurelles engagées par le Royaume.
 

Mais cette progression soulève aussi une question de fond : jusqu’où peut-on renforcer la fiscalité à l’importation sans peser sur la compétitivité et le pouvoir d’achat ? La dépendance persistante aux importations, notamment énergétiques, rappelle l’urgence de poursuivre les efforts de diversification productive et de transition énergétique, au cœur des choix stratégiques du Maroc.


Au-delà du chiffre symbolique des 100,7 MMDH, les recettes douanières de 2025 racontent une réalité plus complexe : celle d’un État qui consolide ses ressources tout en cherchant l’équilibre entre efficacité fiscale, justice sociale et croissance durable. Un débat appelé à s’intensifier, à mesure que le Maroc trace sa trajectoire économique pour les années à venir.





Jeudi 29 Janvier 2026
Dans la même rubrique :