Un cadre plus strict
Le nouveau texte fixe un principe central : toute publicité liée à un médicament devra être strictement conforme aux informations validées dans l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) ainsi que dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP).
Autrement dit, les messages promotionnels, qu’ils soient diffusés sur des supports traditionnels ou numériques, devront désormais s’aligner rigoureusement sur les données scientifiques officiellement approuvées. Avec cette ligne directrice, l’AMMPS précise les exigences déjà prévues par la loi 17-04 relative au médicament et à la pharmacie, tout en renforçant la portée concrète du contrôle.
Le défi du numérique
Cette publication intervient dans un paysage médiatique profondément transformé. La communication autour de la santé ne passe plus seulement par les laboratoires, les médias réglementés ou les professionnels de santé. Elle circule désormais aussi à travers les plateformes vidéo, les créateurs de contenu et les réseaux sociaux, souvent à un rythme difficile à suivre pour les autorités.
Dans ce contexte, la question dépasse le simple cadre publicitaire. Une information trompeuse ou non validée sur un médicament peut favoriser des usages inadaptés, voire encourager des pratiques à risque comme l’automédication.
Le défi est d’autant plus important qu’une partie des contenus diffusés en ligne échappe aux circuits formels d’autorisation. Pages anonymes, comptes non spécialisés ou publications virales rendent l’identification des émetteurs plus complexe et compliquent l’application effective de la réglementation.
Contrôle renforcé
Au-delà des principes, le document détaille les conditions de validation préalable, les exigences documentaires ainsi que les délais d’instruction liés à l’obtention d’un visa publicitaire.
Le texte prévoit également des mesures de suspension ou de retrait en cas de non-conformité ou de risque pour la santé publique. Cette précision marque un tournant important : elle permet d’envisager une réaction plus rapide face à des contenus jugés problématiques, y compris après leur mise en circulation.
Autre évolution notable, le dispositif ne concerne pas uniquement la publicité adressée au grand public. Les communications destinées aux professionnels de santé sont elles aussi concernées, avec des exigences accrues en matière de transparence, d’exactitude et d’objectivité.
Une régulation en transition
La publication de cette ligne directrice constitue une étape structurante dans la régulation pharmaceutique au Maroc, mais elle ne règle pas à elle seule la question du numérique. L’efficacité du dispositif dépendra désormais de sa capacité à suivre la rapidité des diffusions en ligne et à s’appuyer sur une meilleure coopération entre autorités, plateformes et acteurs de santé.