Après le polysilicium, le Maroc semble vouloir se positionner davantage sur les chaînes de valeur liées aux métaux critiques. L’annonce par Xtract Resources de l’obtention d’un permis d’exploitation minière ouvre une perspective économique importante, dans un secteur dominé à l’échelle mondiale par la Chine et devenu central pour la transition énergétique, les batteries, les technologies propres et l’industrie de demain.
Le sujet mérite attention, car les métaux critiques ne sont plus seulement une affaire de sous-sol. Ils relèvent désormais de la souveraineté industrielle. Les pays qui disposent de ressources, de capacités de transformation ou d’une position logistique intéressante peuvent peser davantage dans les recompositions économiques mondiales. Le Maroc a ici une carte à jouer, mais pas sans conditions.
L’exploitation minière pose toujours deux questions : qui capte la valeur, et à quel coût environnemental ? L’enjeu pour le Royaume sera d’éviter le piège du simple extractivisme. Sortir la matière du sol ne suffit plus. Il faut créer de l’emploi qualifié, structurer des filières locales, garantir la transparence des permis et assurer une gestion responsable des territoires concernés. La bataille des métaux critiques commence rarement dans les mines. Elle se gagne dans la stratégie.