Mexique : Sheinbaum ferme la porte à l’idée de troupes américaines


Rédigé par le Jeudi 15 Janvier 2026



La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a indiqué que la présence de troupes américaines au Mexique n’était “pas à l’ordre du jour”, répondant fermement à Donald Trump. Une déclaration qui réaffirme la souveraineté mexicaine tout en révélant les tensions récurrentes autour de la sécurité et de la frontière.

Coopérer oui, déployer non : la ligne mexicaine

Entre Washington et Mexico, la coopération est constante, mais la méfiance est historique. Lorsque le débat américain sur la sécurité frontalière et la lutte contre les cartels se durcit, l’idée d’une implication militaire directe revient régulièrement dans l’espace politique des États-Unis. La réponse de Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, s’inscrit dans une doctrine claire : les deux pays peuvent coordonner leurs efforts, partager du renseignement ou mener des actions conjointes encadrées, mais l’entrée de troupes étrangères sur le territoire mexicain reste une ligne rouge.

Cette position a une portée institutionnelle autant que symbolique. Au Mexique, la souveraineté n’est pas un thème abstrait : elle structure la politique étrangère depuis des décennies, notamment face au voisin américain. Toute suggestion de déploiement militaire américain, même présentée comme un outil “anti-cartels”, est immédiatement perçue comme une atteinte à l’autonomie nationale, susceptible d’enflammer l’opinion et de fragiliser le gouvernement.

Pour Sheinbaum, l’enjeu est aussi de tenir une ligne d’équilibre. D’un côté, la violence liée au crime organisé, les trafics et les tensions migratoires alimentent la pression américaine. De l’autre, une réponse trop conciliante expose Mexico à des accusations internes de dépendance. La formule “pas à l’ordre du jour” est un verrou diplomatique : elle refuse l’option militaire tout en laissant ouverte la porte à des mécanismes de coopération jugés acceptables.

Côté américain, Donald Trump a souvent mis en avant une approche coercitive, combinant menace tarifaire, pression diplomatique et rhétorique sécuritaire. Dans ce type de rapport de force, chaque déclaration est un signal adressé autant à l’électorat qu’à l’autre capitale. Dire “non” publiquement permet à Mexico de fixer un cadre et d’éviter que l’idée ne s’installe comme une option négociable.

La suite dépendra des instruments alternatifs : renforcement du contrôle des armes, lutte contre le blanchiment, coopération douanière, opérations mexicaines ciblées, et programmes sur les causes économiques de la violence et de la migration. Mais une chose est constante : dans la relation bilatérale, la sécurité ne se discute jamais uniquement en termes techniques. Elle se discute en termes de souveraineté, de politique intérieure et de rapport de force.




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Jeudi 15 Janvier 2026
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