Mohamed Ouahbi : J'assume nos choix, je reconnais nos limites, je continue à bâtir


Rédigé par La rédaction le Jeudi 16 Juillet 2026

Après deux Coupes du monde qui ont profondément changé son image sur la scène internationale, le Maroc n'a plus vocation à surprendre. À travers la conférence de presse de Mohamed Ouahbi, c'est une nouvelle ambition qui s'affirme : construire une puissance footballistique capable de durer.



Il y a parfois des conférences de presse qui dépassent largement le commentaire d'un match. Celle animée cette semaine par Mohamed Ouahbi appartient à cette catégorie. Derrière les réponses aux critiques, l'analyse du quart de finale perdu face à la France et les explications sur les choix tactiques, le sélectionneur national a surtout livré un message plus profond : le football marocain est entré dans une nouvelle ère.

Pendant longtemps, les Lions de l'Atlas vivaient dans la quête de l'exploit. Une qualification en Coupe du monde, une victoire contre une grande nation ou un parcours inattendu suffisaient à nourrir les rêves de plusieurs générations de supporters. Cette époque semble désormais révolue.

Depuis l'épopée historique du Qatar en 2022, confirmée par une nouvelle présence parmi les huit meilleures équipes du Mondial 2026, le regard porté sur le Maroc a changé. Les adversaires ne voient plus une sélection capable de créer la surprise, mais une équipe qu'il faut désormais préparer avec le plus grand sérieux. Ce changement de statut modifie naturellement le niveau d'exigence. Une élimination en quart de finale provoque aujourd'hui de la frustration là où, il y a quelques années encore, elle aurait été célébrée comme une performance exceptionnelle.

C'est précisément cette évolution qu'a semblé assumer Mohamed Ouahbi. Loin de chercher des circonstances atténuantes, il a reconnu les limites affichées face à la France, notamment le manque de percussion offensive. Mais son discours ne s'est jamais enfermé dans le regret. Au contraire, il s'est inscrit dans une logique de construction, où chaque compétition devient une étape d'un projet beaucoup plus vaste.

Cette vision traduit une forme de maturité. Les grandes nations du football ne bâtissent pas leur réputation sur un tournoi réussi, mais sur leur capacité à enchaîner les performances au plus haut niveau. C'est ce défi qui attend désormais le Maroc.

La stabilité du staff technique, confirmée avec le maintien de João Sacramento aux côtés du sélectionneur, participe de cette volonté de continuité. Le chantier ne consiste plus à repartir de zéro après chaque compétition, mais à consolider les acquis, enrichir les expériences et préparer progressivement la relève.

Cette ambition passe également par un investissement permanent dans la formation, la détection des talents et l'élargissement de la profondeur de banc. Pour rester compétitif, le football marocain devra produire, génération après génération, des joueurs capables de répondre aux standards du très haut niveau international.

Au-delà des aspects purement sportifs, Mohamed Ouahbi a également rappelé qu'une sélection moderne se construit aussi par sa communication. En prenant la parole rapidement après l'élimination, il a choisi d'assumer les critiques, d'expliquer ses choix et d'apaiser les frustrations. Une démarche qui contribue à renforcer le lien de confiance avec le public tout en protégeant le groupe.

À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc organisera avec l'Espagne et le Portugal, cette conférence de presse ressemble finalement moins à un exercice de justification qu'à une déclaration d'intention. Le véritable objectif n'est plus d'écrire une nouvelle page historique, mais de construire un projet suffisamment solide pour que les performances exceptionnelles cessent d'être des exceptions. Car les grandes nations du football ne vivent pas d'exploits isolés. Elles s'installent durablement parmi les meilleures.




Jeudi 16 Juillet 2026
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