"Mon père n’est pas mort" : un long métrage marocain qui ravive la mémoire des “années de plomb” à Casablanca


Rédigé par le Mardi 3 Mars 2026

Projection du film "Mon père n’est pas mort" d’Adil El Fadili à L’Uzine, Casablanca, le 8 mars. Une œuvre saluée par la critique, explorant les “années de plomb” à travers une histoire familiale, primée à Tanger et Rotterdam, et portée par un casting de premier plan.



Après trois années d’une présence remarquée dans les plus grands rendez-vous cinématographiques au Maroc et à l’international, le réalisateur marocain Adil El Fadili poursuit le parcours de son long métrage “أبي لم يمت” (Mon père n’est pas mort). Le film revient à Casablanca pour une projection au Théâtre L’Uzine, ce dimanche 8 mars, un rendez-vous attendu avec ferveur par les passionnés du septième art.

Cette séance intervient à l’issue d’une tournée riche dans plusieurs festivals nationaux et étrangers, où le film s’est imposé comme l’une des œuvres majeures abordant, avec une vision artistique singulière, une période sensible de l’histoire du pays.

Selon son réalisateur, “أبي لم يمت” plonge au cœur de ce qu’on appelle les “années de plomb”, en braquant la lumière sur des innocents happés par une époque sombre sans lien direct avec l’engagement politique. Le film propose un traitement profondément humain, cherchant à réhabiliter des histoires longtemps restées hors du champ de la caméra.

L’œuvre ne se contente pas de raviver la mémoire collective : elle en explore la dimension intime et sensible à travers le récit d’une famille dont les destins se croisent avec les bouleversements violents de cette période. Porté par un dispositif dramatique qui mêle approche esthétique et charge émotionnelle, le film pose des questions essentielles sur la justice, la mémoire et la réconciliation.

"Mon père n’est pas mort" a décroché des distinctions notables dès sa première projection au Festival national du film de Tanger, avant de poursuivre son parcours international en remportant le Prix de la meilleure réalisation lors de la 24e édition du Festival du film de Rotterdam, renforçant ainsi sa place parmi les œuvres marocaines saluées par la critique au-delà des frontières.

Le film réunit une distribution plurielle, avec la participation d’Omar Lotfi, Nadia Kounda, Abdelnabi Benyoui, Fatima Attif, le rappeur Don Bigg, ainsi que la présence du réalisateur Faouzi Bensaïdi. Ce mélange d’interprètes offre au long métrage un souffle dramatique varié qui consolide sa force artistique.

La nouvelle projection casablancaise ambitionne de rassembler un large public, notamment ceux qui n’ont pas pu découvrir le film pendant sa tournée festivalière. Elle se veut également l’occasion de relancer un débat collectif sur la mémoire et l’équité, à travers le langage du cinéma et sa capacité à interroger le passé et à le réactiver par une vision artistique contemporaine.




Mardi 3 Mars 2026
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