Netanyahou à Nasrallah : stp, fais-moi la guerre


Rédigé par le Jeudi 4 Janvier 2024

La guerre à Gaza ne se déroule pas du tout comme l’escomptait Tel-Aviv. Seule une erreur stratégique du Hezbollah libanais peut sauver le premier ministre israélien.



A lire ou à écouter en podcast :


Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, ne sait plus à quel rabbin se vouer. Le mouvement de résistance palestinien, Hamas, a eu le « mauvais goût » de tenir crânement face aux attaques de l’armée israélienne, Tsahal, et ce depuis trois mois.

Netanyahou est, on ne peut plus, désespéré. Il comptait énormément sur une guerre, victorieuse, à Gaza, pour ressouder la société israélienne, divisée au sujet des rôles respectifs du gouvernement et de la cour suprême et s’éviter, de la sorte d’aller en prison. Nul besoin de rappeler que le premier ministre israélien traîne des casseroles remplies de pots-de-vin.

Israël n’a ni constitution, ni frontières internationalement reconnues. Jusqu’à présent, c’est la cour suprême israélienne qui tranchait, en dernier ressort, sur ce que le gouvernement pouvait « légalement » faire, ou pas.

Faux calculs et vrai bourbier

Le gouvernement de coalition, à forte connotation d’extrême droite, mené par Netanyahou, a fait des pieds et des mains pour priver la cour suprême israélienne de ses prérogatives afin d’agir comme bon lui semble.

La société israélienne s’en est trouvée scindée en deux camps opposés, l’un laïc, composé essentiellement d’Ashkenazis, l’autre gavé de sionisme religieux, où les sépharades, plus natalistes, tiennent enfin leur revanche contre les premiers nommés.

L’attaque du Hamas du 7 octobre, à propos de laquelle plusieurs sources affirment que Netanyahou et ses proches collaborateurs étaient parfaitement au courant, devait donner l’occasion au premier ministre israélien de redorer son blason. Sauf que c’est exactement le contraire qui s’est produit.

Après les services de renseignement israéliens, dont la réputation d’infaillibilité a été ternie par le coup de force du Hamas du 7 octobre, ce fut le tour de l’armée israélienne d’enterrer sa réputation d’efficacité dans les décombres de Gaza.

A malin, malin et demi

Le président américain, Joe Biden, et son secrétaire d’Etat, Antony Blinken, se sont crus plus malins que Netanyahou et s’imaginaient pouvoir lui serrer la bride le moment voulu. Ils avaient tout faux. Ce n’est pas à un vieux singe sioniste que l’on apprend à faire des grimaces.

Les dirigeants européens, n’en parlons même pas. La guerre de Gaza les a dénudés devant le monde entier. Ils paraissent, enfin, pour ce qu’ils sont depuis fort longtemps : de vulgaires paillassons sur lesquels s’essuient les pieds Américains et Israéliens.

Benjamin Netanyahou est maintenant dans la tourmente. A moins de parvenir à afficher ne serait-ce qu’un semblant de succès face à la résistance palestinienne, à Gaza, il sait parfaitement que ses opposants, comme d’ailleurs ses « alliés », aiguisent déjà leurs lames pour lui régler politiquement son compte, dès les affrontements contre les Palestiniens terminés.

Il lui fallait bien faire quelque chose pour éviter de passer par la case prison. Il n’a rien trouvé de mieux que de provoquer le Hezbollah libanais, en faisant assassiner le numéro 2 du Hamas, Salah el-Arouri, dans la banlieue Sud de Beyrouth, c’est-à-dire le fief même de Hassan Nasrallah.

Le singe corrompu et le renard enturbanné

Les militaires israéliens sont lâches, mais pas stupides. Ils sont parfaitement conscients qu’ils n’ont aucune chance de venir à bout du Hezbollah, qui les a déjà chassés à coups de pied dans le derrière du Sud Liban, en 2000, puis en 2006. C’est encore moins faisable, aujourd’hui, alors qu’une bonne partie de leurs troupes sont engagées dans la Bande de Gaza.

Ce que les petits malin galonnés de Tel-Aviv escomptent, en fait, c’est d’impliquer directement les Etats-Unis dans un conflit contre le Hezbollah au Liban. Une fois que les Américains auraient réduits les positions du Hezbollah au Liban en Gaza-bis, les Israéliens pourront crier victoire.

Le problème pour eux est que Hassan Nasrallah est un vieux renard qui sait repérer de loin ce genre de piège grossier. Le Liban, ce sont 18 communautés religieuses reconnues par l’Etat libanais, dont la constitution a été taillée par l’ex-colonisateur français de manière à ce que ce pays demeure ingérable.

Nasrallah le sait parfaitement, pour avoir essuyé les plus féroces critiques, suite aux affrontements du Hezbollah contre Israël, en 2006.

Naviguer à contre-courant sur le fleuve du Congo

Tel-Aviv a, donc, fait appel à ses laquais dans les médias occidentaux, pour faire rediffuser une information, déjà publiée dans la presse sioniste, selon laquelle des négociations seraient en cours avec la République démocratique du Congo pour y installer les Palestiniens de Gaza, en tant que réfugiés involontaires.
 
Nul besoin de rappeler que la RDC ne contrôle même pas son propre territoire, infesté de groupes armés rebelles et objet d’intrusions fréquentes de l’armée du Rwanda.

Quant à la capacité de l’armée israélienne à réussir à déporter les Palestiniens de Gaza hors de leur territoire, une telle perspective relève de la bonne blague.

Ce ne sont pas les soldats froussards de Tsahal, qui ne sont parvenus ni à écraser les groupes palestiniens sommairement armés de Gaza, ni à sauver le moindre otage vivant, en trois mois de guerre, qui seraient aptes à déplacer les Palestiniens hors de Gaza.

Les mirages du désert du Sinaï

Tel-Aviv a déjà tenté de convaincre le Caire d’installer les Gazaouis dans le désert du Sinaï. Le président égyptien, Abdel Fattah Sissi, peu suspect de sympathie envers le Hamas, branche palestinienne du mouvement des Frères musulmans qu’il abhorre plus que tout, n’en a pas moins mobilisé ses troupes.

Le président Sissi, dont le pays traverse une très grave crise économique, sait pertinemment qu’aucun soutien financier versé par les Etats-Unis et des pays de l’Union européenne ne pourrait sauver son pouvoir d’une autre crise, sociopolitique dans ce cas de figure, s’il venait à prendre part, même de manière indirecte, au nettoyage ethnique de Gaza.

Le seul déplacement probable, c’est celui de Benjamin Netanyahou vers une cellule de prison, pour corruption.

Vers un nouveau procès de format Nuremberg ?

En attendant que la Cour internationale de justice, la plus haute instance législative des Nations Unies, tranche au sujet de la plainte pour génocide récemment déposée par l’Afrique du Sud.

Un nouveau procès de format Nuremberg, réservé aux dirigeants sionistes cette fois-ci, ferait s’esclaffer les dirigeants nazis dans leurs tombes.




Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 4 Janvier 2024
Dans la même rubrique :