Nicolás Maduro se dit prêt à négocier des accords économiques : Trump a-t-il déjà gagné ?


Rédigé par le Vendredi 2 Janvier 2026

Caracas tend la main à Washington. En pleine montée des tensions avec les États-Unis, marquée par le déploiement de navires militaires américains dans les Caraïbes, le président vénézuélien Nicolás Maduro a affirmé, jeudi, être « prêt » à discuter avec Washington de lutte antidrogue, de pétrole et d’accords économiques, lors d’une interview télévisée diffusée sur la chaîne publique VTV.



Une ouverture affichée au cœur de la crise

Le message est clair et volontairement direct. « S’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts », a déclaré Nicolás Maduro face aux caméras. Une déclaration qui intervient alors que les relations entre Caracas et Washington traversent l’une de leurs périodes les plus tendues depuis des années.
 

Ces dernières semaines, la pression américaine s’est accentuée, notamment avec la présence renforcée de bâtiments de guerre dans les Caraïbes, officiellement pour des opérations de sécurité régionale. À Caracas, cette démonstration de force est perçue comme un signal politique, voire une intimidation. Maduro, lui, choisit la carte du dialogue, tout en rappelant que son gouvernement a déjà fait passer le message par des canaux diplomatiques indirects.

Le pétrole au centre du jeu  

Autre point clé de cette main tendue : le pétrole. Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de brut au monde, reste sous le coup de lourdes sanctions américaines. Pourtant, Maduro se montre ouvert, allant jusqu’à évoquer explicitement les intérêts des entreprises américaines.
 

« S’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec Chevron », a-t-il lancé. Une référence directe au géant pétrolier américain, autorisé sous conditions à reprendre certaines activités dans le pays malgré les sanctions. Le message est limpide : Caracas se dit disposé à élargir ce type de coopération, « quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent ».
 

Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les marchés énergétiques, cette offre n’est pas anodine. Elle place Washington face à un dilemme entre pression politique et pragmatisme économique.

Antidrogue et économie, deux leviers sensibles  

Maduro ne s’est pas arrêté au pétrole. Il a également évoqué la possibilité d’accords globaux de développement économique, sans en détailler les contours. Une façon de rappeler que le Venezuela cherche des débouchés, des investissements et une normalisation progressive de ses relations internationales.
 

Sur le dossier sensible de la lutte antidrogue, le président vénézuélien tente aussi de reprendre l’initiative. Longtemps accusé par Washington de laxisme, voire de complicité, Caracas affirme vouloir coopérer, à condition d’un dialogue « sérieux » et respectueux de sa souveraineté.
 

Reste à savoir si Washington saisira cette perche tendue ou s’il maintiendra sa stratégie de pression maximale. Entre démonstration militaire, sanctions économiques et signaux d’ouverture venus de Caracas, les prochains jours seront décisifs. Une chose est sûre : le Venezuela cherche à rouvrir le jeu, et cette fois, le message est public, assumé et clairement adressé aux États-Unis.





Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.… En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 2 Janvier 2026
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