Routes, eau, ports : Nizar Baraka met 73 milliards de DH sur la table
Il y a parfois des chiffres qui passent comme une ligne dans un communiqué. Et puis il y a ceux qui racontent, à eux seuls, une ambition de pays. Soixante-treize milliards de dirhams. C’est le volume des marchés que prévoit le ministère de l’Équipement et de l’Eau pour l’année 2026 dans le bâtiment et les travaux publics. Un montant colossal, presque vertigineux, qui donne la mesure d’un Maroc en chantier, d’un Maroc qui creuse, relie, protège, répare et prépare l’avenir.
Derrière ce chiffre, présenté le mardi 7 avril, il n’y a pas seulement des budgets, des lignes comptables ou des appels d’offres. Il y a une vision territoriale. Il y a des routes qui doivent désenclaver, de l’eau qu’il faut sécuriser, des ports qu’il faut renforcer, des stades qu’il faut moderniser, des hôpitaux et des universités qu’il faut construire. En un mot : il y a un pays qui investit dans ses nerfs vitaux.
Le programme prévisionnel des marchés du BTP pour 2026 atteint ainsi 73 milliards de DH, en hausse de 4 % par rapport à 2025. Une progression qui peut sembler technique sur le papier, mais qui traduit en réalité une continuité politique claire : celle d’un État qui mise sur l’infrastructure comme levier de croissance, de cohésion sociale et de rééquilibrage territorial.
La répartition de cette enveloppe dit beaucoup des priorités publiques. En tête, les équipements publics absorbent 28,8 milliards de DH. Juste derrière, les routes et autoroutes mobilisent 21,8 milliards. L’eau et la météorologie suivent avec 18,3 milliards, tandis que le secteur portuaire et maritime concentre 4 milliards. À cela s’ajoutent 2,6 milliards de DH consacrés aux études et aux prestations de contrôle, comme pour rappeler qu’avant le béton, il faut aussi du diagnostic, de l’ingénierie et de l’anticipation.
C’est peut-être du côté de l’eau que le programme prend sa dimension la plus stratégique. Car au Maroc, l’eau n’est plus seulement une ressource : elle est devenue une question de souveraineté, de résilience et parfois même d’urgence. Le ministère prévoit ainsi la réalisation de grands, moyens et petits barrages, des projets d’alimentation en eau potable en milieu rural, des dispositifs de protection contre les inondations et le développement d’équipements hydromécaniques. À eux seuls, trente-six petits barrages représentent un investissement de 2,1 milliards de DH. Huit cent cinquante forages sont également programmés. Derrière ces chiffres, il faut imaginer des villages mieux alimentés, des territoires moins vulnérables, des villes mieux préparées aux tensions hydriques.
Quelques noms émergent déjà comme des repères dans cette géographie de l’investissement : le barrage Sidi Abbou à Khénifra, celui de Sidi Rhoumane à Larache, mais aussi des projets à Chefchaouen ou Figuig. D’autres opérations concernent directement l’alimentation en eau potable de villes comme Marrakech, Agadir ou Boujdour, avec en toile de fond le dessalement et le renforcement des réseaux. Le message est clair : l’eau n’est plus un dossier sectoriel, c’est un front national.
Sur les routes aussi, l’effort est massif. Le programme routier prévoit mille sept cent soixante-huit kilomètres de maintenance, plus de quatre cents kilomètres de voies express, des projets autoroutiers stratégiques et des opérations de réhabilitation post-inondations. Là encore, le chantier est autant économique que territorial. Une route, au Maroc, ce n’est jamais seulement un axe. C’est souvent une promesse d’accès, de fluidité, de commerce, parfois même de dignité.
Parmi les projets structurants, la voie express Aïn Aouda-Oued Zem, estimée à 1,9 milliard de DH, et la voie express Fès-Taounate, à 1,56 milliard, donnent le ton. Mais l’un des dossiers les plus emblématiques reste l’autoroute Guercif-Nador, estimée à 7,9 milliards de DH, avec une mise en adjudication partielle prévue en 2026. Ce projet, à lui seul, symbolise l’idée d’un maillage plus dense et plus ambitieux entre les territoires.
Côté maritime, le programme portuaire et littoral ne se limite pas à la logistique. Il touche aussi à la protection côtière, à la sécurisation des installations existantes et à l’extension des capacités. Safi, Legzira, Agadir, Tan-Tan, Laâyoune, Dakhla : plusieurs points du littoral sont concernés. Et au centre de cette dynamique, il y a évidemment le port Dakhla Atlantique, dont le taux d’avancement atteint déjà 56 %. Un chantier qui dépasse la seule dimension portuaire et s’inscrit dans une projection stratégique du Maroc vers l’Atlantique.
Mais c’est du côté des équipements publics que l’investissement prend son visage le plus visible pour les citoyens. Avec 28,8 milliards de DH, ce poste devient le premier du programme. Pas moins de 764 appels d’offres sont attendus en 2026, dont 428 projets de travaux et 336 études et prestations de contrôle. Les infrastructures sanitaires représentent 30 % de ces investissements, tandis que les stades et équipements sportifs en absorbent 54 %.
Le Grand Stade de Casablanca, à plus de 6,3 milliards de DH, en constitue l’un des symboles les plus spectaculaires. La rénovation des stades de Rabat, Marrakech et Agadir pour la Coupe du monde 2030 confirme cette accélération sportive. Mais le programme ne se résume pas au football. Il comprend aussi des centres hospitaliers universitaires, notamment à Errachidia et Béni Mellal, ainsi que des infrastructures universitaires à Rabat et Guelmim. Autrement dit, il y a dans ce plan du prestige, certes, mais aussi du service public.
Au fond, ce programme 2026 raconte un choix économique assez net. Le BTP continue de jouer au Maroc un rôle de moteur. Le secteur représente près de 6 % du PIB en 2025, pèse 1,3 million d’emplois, soit 12 % de la population active, et a généré 64.000 créations nettes d’emplois la même année. Pour 2026, le ministère anticipe environ 22,2 millions de journées de travail, principalement dans les routes et dans l’eau.
Derrière ce chiffre, présenté le mardi 7 avril, il n’y a pas seulement des budgets, des lignes comptables ou des appels d’offres. Il y a une vision territoriale. Il y a des routes qui doivent désenclaver, de l’eau qu’il faut sécuriser, des ports qu’il faut renforcer, des stades qu’il faut moderniser, des hôpitaux et des universités qu’il faut construire. En un mot : il y a un pays qui investit dans ses nerfs vitaux.
Le programme prévisionnel des marchés du BTP pour 2026 atteint ainsi 73 milliards de DH, en hausse de 4 % par rapport à 2025. Une progression qui peut sembler technique sur le papier, mais qui traduit en réalité une continuité politique claire : celle d’un État qui mise sur l’infrastructure comme levier de croissance, de cohésion sociale et de rééquilibrage territorial.
La répartition de cette enveloppe dit beaucoup des priorités publiques. En tête, les équipements publics absorbent 28,8 milliards de DH. Juste derrière, les routes et autoroutes mobilisent 21,8 milliards. L’eau et la météorologie suivent avec 18,3 milliards, tandis que le secteur portuaire et maritime concentre 4 milliards. À cela s’ajoutent 2,6 milliards de DH consacrés aux études et aux prestations de contrôle, comme pour rappeler qu’avant le béton, il faut aussi du diagnostic, de l’ingénierie et de l’anticipation.
C’est peut-être du côté de l’eau que le programme prend sa dimension la plus stratégique. Car au Maroc, l’eau n’est plus seulement une ressource : elle est devenue une question de souveraineté, de résilience et parfois même d’urgence. Le ministère prévoit ainsi la réalisation de grands, moyens et petits barrages, des projets d’alimentation en eau potable en milieu rural, des dispositifs de protection contre les inondations et le développement d’équipements hydromécaniques. À eux seuls, trente-six petits barrages représentent un investissement de 2,1 milliards de DH. Huit cent cinquante forages sont également programmés. Derrière ces chiffres, il faut imaginer des villages mieux alimentés, des territoires moins vulnérables, des villes mieux préparées aux tensions hydriques.
Quelques noms émergent déjà comme des repères dans cette géographie de l’investissement : le barrage Sidi Abbou à Khénifra, celui de Sidi Rhoumane à Larache, mais aussi des projets à Chefchaouen ou Figuig. D’autres opérations concernent directement l’alimentation en eau potable de villes comme Marrakech, Agadir ou Boujdour, avec en toile de fond le dessalement et le renforcement des réseaux. Le message est clair : l’eau n’est plus un dossier sectoriel, c’est un front national.
Sur les routes aussi, l’effort est massif. Le programme routier prévoit mille sept cent soixante-huit kilomètres de maintenance, plus de quatre cents kilomètres de voies express, des projets autoroutiers stratégiques et des opérations de réhabilitation post-inondations. Là encore, le chantier est autant économique que territorial. Une route, au Maroc, ce n’est jamais seulement un axe. C’est souvent une promesse d’accès, de fluidité, de commerce, parfois même de dignité.
Parmi les projets structurants, la voie express Aïn Aouda-Oued Zem, estimée à 1,9 milliard de DH, et la voie express Fès-Taounate, à 1,56 milliard, donnent le ton. Mais l’un des dossiers les plus emblématiques reste l’autoroute Guercif-Nador, estimée à 7,9 milliards de DH, avec une mise en adjudication partielle prévue en 2026. Ce projet, à lui seul, symbolise l’idée d’un maillage plus dense et plus ambitieux entre les territoires.
Côté maritime, le programme portuaire et littoral ne se limite pas à la logistique. Il touche aussi à la protection côtière, à la sécurisation des installations existantes et à l’extension des capacités. Safi, Legzira, Agadir, Tan-Tan, Laâyoune, Dakhla : plusieurs points du littoral sont concernés. Et au centre de cette dynamique, il y a évidemment le port Dakhla Atlantique, dont le taux d’avancement atteint déjà 56 %. Un chantier qui dépasse la seule dimension portuaire et s’inscrit dans une projection stratégique du Maroc vers l’Atlantique.
Mais c’est du côté des équipements publics que l’investissement prend son visage le plus visible pour les citoyens. Avec 28,8 milliards de DH, ce poste devient le premier du programme. Pas moins de 764 appels d’offres sont attendus en 2026, dont 428 projets de travaux et 336 études et prestations de contrôle. Les infrastructures sanitaires représentent 30 % de ces investissements, tandis que les stades et équipements sportifs en absorbent 54 %.
Le Grand Stade de Casablanca, à plus de 6,3 milliards de DH, en constitue l’un des symboles les plus spectaculaires. La rénovation des stades de Rabat, Marrakech et Agadir pour la Coupe du monde 2030 confirme cette accélération sportive. Mais le programme ne se résume pas au football. Il comprend aussi des centres hospitaliers universitaires, notamment à Errachidia et Béni Mellal, ainsi que des infrastructures universitaires à Rabat et Guelmim. Autrement dit, il y a dans ce plan du prestige, certes, mais aussi du service public.
Au fond, ce programme 2026 raconte un choix économique assez net. Le BTP continue de jouer au Maroc un rôle de moteur. Le secteur représente près de 6 % du PIB en 2025, pèse 1,3 million d’emplois, soit 12 % de la population active, et a généré 64.000 créations nettes d’emplois la même année. Pour 2026, le ministère anticipe environ 22,2 millions de journées de travail, principalement dans les routes et dans l’eau.
Reste bien sûr la question décisive : celle de l’exécution. Car les grands chiffres séduisent toujours, mais ce sont les chantiers livrés, les délais tenus et les territoires réellement servis qui feront la différence. Entre l’annonce et la transformation concrète, il y a tout l’enjeu de l’efficacité publique.
Le pari, désormais, n’est plus seulement d’annoncer, mais de livrer. Et sur ce terrain, le ministère de l’Équipement et de l’Eau part avec un capital de crédibilité réel. L’expérience passée, la conduite de grands chantiers et la capacité de mobilisation de ses équipes plaident en faveur d’une exécution maîtrisée. Lorsque la gouvernance est claire dans le cadre d'une vision Royale bien établie, la planification rigoureuse et la volonté publique assumée, les projets ont davantage de chances d’aboutir dans les délais et avec l’impact attendu. C’est sans doute là que se joue, au fond, la vraie différence entre une promesse budgétaire et une transformation concrète du territoire.
Une chose est sûre : avec 73 milliards de dirhams de marchés prévus, 2026 ne sera pas une année ordinaire pour le BTP marocain. Ce sera une année-test. Une année où le pays, à travers ses routes, son eau, ses ports et ses équipements, cherchera à démontrer qu’investir massivement peut encore rimer avec structurer durablement.
Le pari, désormais, n’est plus seulement d’annoncer, mais de livrer. Et sur ce terrain, le ministère de l’Équipement et de l’Eau part avec un capital de crédibilité réel. L’expérience passée, la conduite de grands chantiers et la capacité de mobilisation de ses équipes plaident en faveur d’une exécution maîtrisée. Lorsque la gouvernance est claire dans le cadre d'une vision Royale bien établie, la planification rigoureuse et la volonté publique assumée, les projets ont davantage de chances d’aboutir dans les délais et avec l’impact attendu. C’est sans doute là que se joue, au fond, la vraie différence entre une promesse budgétaire et une transformation concrète du territoire.
Une chose est sûre : avec 73 milliards de dirhams de marchés prévus, 2026 ne sera pas une année ordinaire pour le BTP marocain. Ce sera une année-test. Une année où le pays, à travers ses routes, son eau, ses ports et ses équipements, cherchera à démontrer qu’investir massivement peut encore rimer avec structurer durablement.