À quelques jours des élections législatives du 23 septembre, Nizar Baraka remet l’État social au cœur de son discours. En déplacement dans la région du Loukkos, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal et tête de liste à Larache a présenté une série de propositions qui dessinent une ambition assez claire : renforcer les mécanismes de solidarité tout en cherchant à réduire la pression qui pèse sur les ménages.
Le message s’adresse d’abord aux classes moyennes, aux familles modestes, aux retraités et aux jeunes confrontés aux difficultés d’accès à l’emploi. Il tente aussi de répondre à une préoccupation devenue centrale dans cette campagne : comment améliorer concrètement le niveau de vie dans un contexte où l’inflation, les prix alimentaires et le coût de l’énergie continuent d’alimenter le sentiment d’érosion du pouvoir d’achat ?
Le message s’adresse d’abord aux classes moyennes, aux familles modestes, aux retraités et aux jeunes confrontés aux difficultés d’accès à l’emploi. Il tente aussi de répondre à une préoccupation devenue centrale dans cette campagne : comment améliorer concrètement le niveau de vie dans un contexte où l’inflation, les prix alimentaires et le coût de l’énergie continuent d’alimenter le sentiment d’érosion du pouvoir d’achat ?
Salaires, fiscalité et marges : agir sur plusieurs leviers
Sur le pouvoir d’achat, Nizar Baraka refuse de réduire le problème à la seule conjoncture internationale. S’il reconnaît le poids des crises extérieures et des aléas climatiques, il pointe également les marges jugées excessives pratiquées par certains opérateurs.
La réponse avancée repose sur plusieurs leviers simultanés : une progression des salaires, une baisse de la pression fiscale sur le revenu, un meilleur contrôle des marges dans certains secteurs sensibles et une réduction du nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
L’idée défendue par l’Istiqlal est simple : augmenter les revenus ne suffira pas si la hausse est immédiatement absorbée par les prix. Le parti veut donc agir à la fois sur ce que gagnent les ménages et sur ce qu’ils dépensent.
Dans le domaine agricole, Baraka insiste également sur la nécessité de préserver davantage la rémunération du producteur tout en évitant que le consommateur final supporte l’accumulation des marges le long des circuits de distribution.
La réponse avancée repose sur plusieurs leviers simultanés : une progression des salaires, une baisse de la pression fiscale sur le revenu, un meilleur contrôle des marges dans certains secteurs sensibles et une réduction du nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
L’idée défendue par l’Istiqlal est simple : augmenter les revenus ne suffira pas si la hausse est immédiatement absorbée par les prix. Le parti veut donc agir à la fois sur ce que gagnent les ménages et sur ce qu’ils dépensent.
Dans le domaine agricole, Baraka insiste également sur la nécessité de préserver davantage la rémunération du producteur tout en évitant que le consommateur final supporte l’accumulation des marges le long des circuits de distribution.
Aides directes : sortir de la seule logique d’assistance
Le secrétaire général de l’Istiqlal s’est également attardé sur le système d’aide sociale directe. Il en reconnaît le caractère acquis, mais estime que son fonctionnement doit évoluer.
Sa principale critique porte sur les critères utilisés pour déterminer l’éligibilité des ménages. Leur fonctionnement peut, selon lui, créer une forme d’insécurité permanente pour les bénéficiaires, toujours susceptibles de franchir un seuil les faisant sortir du dispositif.
La philosophie revendiquée consiste à passer progressivement d’une politique d’assistance à une politique d’émancipation économique et sociale.
Autrement dit, l’objectif ne devrait pas seulement être d’aider les ménages à supporter la pauvreté, mais de leur permettre d’en sortir.
C’est ici que le discours istiqlalien rejoint un autre thème récurrent de son programme : l’élargissement de la classe moyenne. Pour le parti, une politique sociale efficace devrait se mesurer autant au nombre de citoyens accompagnés qu’au nombre de familles capables, à terme, de ne plus dépendre de l’aide publique.
Sa principale critique porte sur les critères utilisés pour déterminer l’éligibilité des ménages. Leur fonctionnement peut, selon lui, créer une forme d’insécurité permanente pour les bénéficiaires, toujours susceptibles de franchir un seuil les faisant sortir du dispositif.
La philosophie revendiquée consiste à passer progressivement d’une politique d’assistance à une politique d’émancipation économique et sociale.
Autrement dit, l’objectif ne devrait pas seulement être d’aider les ménages à supporter la pauvreté, mais de leur permettre d’en sortir.
C’est ici que le discours istiqlalien rejoint un autre thème récurrent de son programme : l’élargissement de la classe moyenne. Pour le parti, une politique sociale efficace devrait se mesurer autant au nombre de citoyens accompagnés qu’au nombre de familles capables, à terme, de ne plus dépendre de l’aide publique.
Retraites : pas de réforme sans revalorisation des pensions
Le dossier sensible des retraites figure également parmi les priorités mises en avant.
Nizar Baraka estime qu’une réforme des régimes de retraite ne peut être envisagée sans amélioration parallèle du niveau des pensions. Le sujet est politiquement explosif : vieillissement de la population, équilibre financier des caisses et pouvoir d’achat des retraités placent le prochain gouvernement devant des arbitrages difficiles.
L’Istiqlal veut y ajouter une dimension familiale.
Le parti défend notamment l’idée d’incitations fiscales pour les ménages qui prennent en charge leurs parents âgés. Une manière d’intégrer la solidarité familiale au fonctionnement de l’État social, plutôt que d’opposer prise en charge publique et soutien intrafamilial.
Nizar Baraka estime qu’une réforme des régimes de retraite ne peut être envisagée sans amélioration parallèle du niveau des pensions. Le sujet est politiquement explosif : vieillissement de la population, équilibre financier des caisses et pouvoir d’achat des retraités placent le prochain gouvernement devant des arbitrages difficiles.
L’Istiqlal veut y ajouter une dimension familiale.
Le parti défend notamment l’idée d’incitations fiscales pour les ménages qui prennent en charge leurs parents âgés. Une manière d’intégrer la solidarité familiale au fonctionnement de l’État social, plutôt que d’opposer prise en charge publique et soutien intrafamilial.
La famille comme premier filet de protection sociale
Cette place accordée à la famille constitue l’un des marqueurs les plus nets du discours de Nizar Baraka.
À Rissana Sud, dans la province de Larache, il a défendu plusieurs mesures destinées à accompagner les couples et à renforcer la cohésion familiale : soutien aux futurs mariés, développement de la médiation familiale et avantages fiscaux pour les personnes assumant la prise en charge de parents âgés.
L’analyse défendue est que la fragilisation des structures familiales entraîne aussi des conséquences économiques et sociales.
Le recul des mariages, l’augmentation des divorces ou l’isolement des personnes âgées ne relèvent donc pas uniquement, dans cette lecture, de la sphère privée. Ils deviennent des enjeux de politique publique.
Cette approche correspond à la volonté de l’Istiqlal de présenter la famille comme l’un des piliers de son projet de société : un espace de solidarité, mais également un premier rempart contre la vulnérabilité sociale.
À Rissana Sud, dans la province de Larache, il a défendu plusieurs mesures destinées à accompagner les couples et à renforcer la cohésion familiale : soutien aux futurs mariés, développement de la médiation familiale et avantages fiscaux pour les personnes assumant la prise en charge de parents âgés.
L’analyse défendue est que la fragilisation des structures familiales entraîne aussi des conséquences économiques et sociales.
Le recul des mariages, l’augmentation des divorces ou l’isolement des personnes âgées ne relèvent donc pas uniquement, dans cette lecture, de la sphère privée. Ils deviennent des enjeux de politique publique.
Cette approche correspond à la volonté de l’Istiqlal de présenter la famille comme l’un des piliers de son projet de société : un espace de solidarité, mais également un premier rempart contre la vulnérabilité sociale.
Une « deuxième chance » pour les jeunes sortis du système scolaire
Autre cible importante : les jeunes ayant quitté prématurément l’école.
Baraka propose pour eux des parcours de « deuxième chance », combinant formation, accompagnement et insertion professionnelle. L’objectif affiché est double : réduire leur exclusion du marché du travail et leur offrir une perspective économique au Maroc.
Le sujet dépasse la seule question éducative. Il touche directement à l’emploi des jeunes, aux NEET — ces jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation — mais aussi au phénomène migratoire.
Le secrétaire général de l’Istiqlal inscrit ainsi l’insertion professionnelle dans une logique plus large : offrir aux nouvelles générations suffisamment de perspectives pour qu’elles puissent envisager leur avenir dans leur pays.
Baraka propose pour eux des parcours de « deuxième chance », combinant formation, accompagnement et insertion professionnelle. L’objectif affiché est double : réduire leur exclusion du marché du travail et leur offrir une perspective économique au Maroc.
Le sujet dépasse la seule question éducative. Il touche directement à l’emploi des jeunes, aux NEET — ces jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation — mais aussi au phénomène migratoire.
Le secrétaire général de l’Istiqlal inscrit ainsi l’insertion professionnelle dans une logique plus large : offrir aux nouvelles générations suffisamment de perspectives pour qu’elles puissent envisager leur avenir dans leur pays.
Larache, laboratoire du discours national
Nizar Baraka a par ailleurs consacré une partie de son intervention à son propre territoire électoral.
Il a rappelé plusieurs projets engagés ou annoncés dans la province, notamment le développement d’un pôle agro-industriel, l’amélioration des infrastructures, le désenclavement rural et la modernisation des réseaux d’adduction d’eau.
La perspective de la Coupe du monde 2030 est également utilisée comme accélérateur économique. Le développement de nouvelles capacités hôtelières et l’amélioration du transport urbain sont présentés comme autant d’opportunités pour créer de l’activité et de l’emploi.
L’agriculture occupe, elle aussi, une place importante dans cette stratégie territoriale. Baraka mise notamment sur le dessalement pour soulager les barrages et réserver davantage de ressources hydriques à l’irrigation.
Il plaide enfin pour une transformation locale plus importante des productions agricoles afin de conserver davantage de valeur ajoutée dans la région.
Il a rappelé plusieurs projets engagés ou annoncés dans la province, notamment le développement d’un pôle agro-industriel, l’amélioration des infrastructures, le désenclavement rural et la modernisation des réseaux d’adduction d’eau.
La perspective de la Coupe du monde 2030 est également utilisée comme accélérateur économique. Le développement de nouvelles capacités hôtelières et l’amélioration du transport urbain sont présentés comme autant d’opportunités pour créer de l’activité et de l’emploi.
L’agriculture occupe, elle aussi, une place importante dans cette stratégie territoriale. Baraka mise notamment sur le dessalement pour soulager les barrages et réserver davantage de ressources hydriques à l’irrigation.
Il plaide enfin pour une transformation locale plus importante des productions agricoles afin de conserver davantage de valeur ajoutée dans la région.
La difficulté politique pour Nizar Baraka est cependant connue : l’Istiqlal ne fait pas campagne depuis l’opposition. Le parti appartient à la majorité gouvernementale sortante.
Son discours doit donc résoudre une équation délicate : défendre les acquis des cinq dernières années tout en expliquant qu’il est possible de faire davantage.
C’est précisément sur ce terrain que se construit sa campagne. L’État social est présenté non comme un chantier à commencer, mais comme un modèle qu’il faut approfondir, élargir et rendre plus protecteur.
La question qui restera posée aux électeurs est celle du financement. Revaloriser les pensions, alléger certains impôts, augmenter les salaires, développer les aides et multiplier les incitations fiscales suppose des ressources budgétaires considérables.
C’est probablement là que commencera le vrai débat : un État social plus généreux, certes, mais avec quelles recettes, quels arbitrages et quel calendrier ?
Son discours doit donc résoudre une équation délicate : défendre les acquis des cinq dernières années tout en expliquant qu’il est possible de faire davantage.
C’est précisément sur ce terrain que se construit sa campagne. L’État social est présenté non comme un chantier à commencer, mais comme un modèle qu’il faut approfondir, élargir et rendre plus protecteur.
La question qui restera posée aux électeurs est celle du financement. Revaloriser les pensions, alléger certains impôts, augmenter les salaires, développer les aides et multiplier les incitations fiscales suppose des ressources budgétaires considérables.
C’est probablement là que commencera le vrai débat : un État social plus généreux, certes, mais avec quelles recettes, quels arbitrages et quel calendrier ?