OPCVM : les actifs sous gestion tombent à 787,57 Mds DH


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Vendredi 13 Février 2026

Le marché marocain de la gestion d’actifs entame l’année 2026 sur une note prudente. Au 30 janvier, l’actif net des OPCVM s’établit à 787,57 milliards de dirhams, en baisse hebdomadaire de 1,45%. Derrière ce repli se dessinent des mouvements d’allocation révélateurs d’un climat financier plus hésitant et d’une gestion du risque redevenue centrale.



Selon les dernières statistiques publiées par Autorité marocaine du marché des capitaux, l’actif net sous gestion des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) s’est établi à 787,57 milliards de dirhams à fin janvier 2026. Sur une semaine, la contraction atteint 1,45%. Le mouvement peut paraître modeste, mais il confirme une inflexion perceptible depuis plusieurs semaines dans le comportement des investisseurs institutionnels et particuliers.
 

Dans les salles de marché casablancaises, certains gérants évoquent un début d’année marqué par la prudence. « Les flux restent présents, mais ils se déplacent plus vite et avec davantage de sélectivité », confiait récemment un professionnel de la gestion collective, soulignant une nervosité latente liée à l’évolution des taux et aux incertitudes macrofinancières internationales.
 

Les OPCVM monétaires enregistrent la correction la plus prononcée, avec un recul hebdomadaire de 6,22%. Ce segment, traditionnellement privilégié pour la gestion de trésorerie à court terme, semble avoir subi des sorties significatives, probablement liées à des besoins de liquidité ou à des arbitrages temporaires.
 

Les fonds obligataires court terme suivent avec une baisse de 2,37%, tandis que les fonds contractuels reculent de 1,73%. Les OPCVM obligataires moyen et long terme enregistrent une baisse plus modérée de 0,48%, signe que les investisseurs restent exposés à la dette mais ajustent leurs positions face aux anticipations de taux. Du côté des fonds actions, le repli demeure limité à 0,12%, ce qui traduit une relative résilience du segment malgré un environnement boursier moins lisible.
 

À contre-courant, les OPCVM diversifiés progressent de 0,54% sur la semaine. Cette hausse, certes modeste, traduit un repositionnement vers des allocations plus équilibrées, combinant actions, obligations et instruments monétaires. Dans un contexte de volatilité modérée, cette approche hybride apparaît comme un compromis rassurant.
 

À fin janvier, le marché compte 609 OPCVM en activité. Ce chiffre témoigne de la profondeur croissante de l’industrie de la gestion d’actifs au Maroc, devenue un pilier du financement de l’économie et de la mobilisation de l’épargne nationale. La diversification de l’offre, amorcée ces dernières années, répond à une demande plus sophistiquée et à une culture financière en mutation.
 

Ce léger repli hebdomadaire ne traduit pas un désengagement massif, mais plutôt une phase d’ajustement. Les investisseurs semblent privilégier la flexibilité et la gestion du risque dans un environnement où les signaux économiques demeurent contrastés. La prudence domine, sans pour autant freiner l’appétit pour des placements structurés.
 

Dans un Maroc engagé dans la modernisation de son marché financier et l’élargissement de l’accès à l’investissement, ces mouvements restent un indicateur précieux. Ils rappellent que la confiance se construit dans la durée, au rythme des cycles économiques, mais aussi grâce à la transparence et à la régulation.
 

À court terme, l’évolution des taux, la liquidité bancaire et la dynamique de la Bourse de Casablanca continueront d’orienter les flux. Une certitude s’impose néanmoins : dans un marché plus mature, les arbitrages deviennent plus fins et la gestion collective, plus stratégique que jamais.





Vendredi 13 Février 2026
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