La solution de facilité est de critiquer la CAF et de continuer dans le délire, limite raciste, de ces derniers jours.
Ce n’est pas la bonne décision. Il faudrait au contraire tenter de comprendre les sanctions avec retenue et responsabilité.
Personne ne sait quelle sera la réaction de la Fédération Royale Marocaine de Football. Le recours au TAS est une possibilité qu’il ne faut pas écarter ni juger.
La fédération peut estimer que ce jugement est injuste et s’engager dans une voie judiciaire. Elle peut également décider de tourner la page, malgré les faits, et protéger l’équipe nationale marocaine d’une campagne de dénigrement encore plus injuste via le véritable quatrième pouvoir du vingt-et-unième siècle : les réseaux sociaux.
La meilleure manière de tourner la page juridique est d’ouvrir la page sportive. Le Sénégal de la CAN est la plus belle équipe du tournoi. Elle a dominé l’ensemble de ses matchs, y compris en première mi-temps face au Maroc, avec aisance et talent.
Le football développé par l’équipe nationale sénégalaise n’a absolument rien à envier au football des plus belles équipes européennes ou sud-américaines.
L’équipe du Maroc n’a pas eu cette régularité ; elle n’a pas été brillante tout le temps, mais a montré qu’elle n’était pas pour rien huitième au classement FIFA. Il n’y a qu’à revoir le match qu’elle a produit face au Cameroun.
Une équipe camerounaise qui sortait pourtant d’une très belle démonstration face à l’Algérie, dominée de la tête et des épaules. À ce stade, il est important d’ouvrir une parenthèse pour préciser que le football africain a démontré des qualités exceptionnelles.
L’Algérie a brillé par moments, ainsi que l’Égypte, la Tunisie ou la Côte d’Ivoire. Mais deux équipes vont manquer à l’Afrique au Mondial : le Nigéria, brillant tout au long du tournoi, et le Congo, toujours en sursis (ils ont encore des barrages à jouer). Et c’est peut-être ce que la CAF a voulu sauver.
Elle n’a pas voulu se priver de son meilleur représentant lors du prochain Mondial des États-Unis, du Mexique et du Canada.
Personne ne sait quelle sera la réaction de la Fédération Royale Marocaine de Football. Le recours au TAS est une possibilité qu’il ne faut pas écarter ni juger.
La fédération peut estimer que ce jugement est injuste et s’engager dans une voie judiciaire. Elle peut également décider de tourner la page, malgré les faits, et protéger l’équipe nationale marocaine d’une campagne de dénigrement encore plus injuste via le véritable quatrième pouvoir du vingt-et-unième siècle : les réseaux sociaux.
La meilleure manière de tourner la page juridique est d’ouvrir la page sportive. Le Sénégal de la CAN est la plus belle équipe du tournoi. Elle a dominé l’ensemble de ses matchs, y compris en première mi-temps face au Maroc, avec aisance et talent.
Le football développé par l’équipe nationale sénégalaise n’a absolument rien à envier au football des plus belles équipes européennes ou sud-américaines.
L’équipe du Maroc n’a pas eu cette régularité ; elle n’a pas été brillante tout le temps, mais a montré qu’elle n’était pas pour rien huitième au classement FIFA. Il n’y a qu’à revoir le match qu’elle a produit face au Cameroun.
Une équipe camerounaise qui sortait pourtant d’une très belle démonstration face à l’Algérie, dominée de la tête et des épaules. À ce stade, il est important d’ouvrir une parenthèse pour préciser que le football africain a démontré des qualités exceptionnelles.
L’Algérie a brillé par moments, ainsi que l’Égypte, la Tunisie ou la Côte d’Ivoire. Mais deux équipes vont manquer à l’Afrique au Mondial : le Nigéria, brillant tout au long du tournoi, et le Congo, toujours en sursis (ils ont encore des barrages à jouer). Et c’est peut-être ce que la CAF a voulu sauver.
Elle n’a pas voulu se priver de son meilleur représentant lors du prochain Mondial des États-Unis, du Mexique et du Canada.
D’aucuns vont crier au scandale : « C’est le Maroc le meilleur représentant de l’Afrique », et ils ont bien raison.
Sur le plan du football et de son environnement logistique, et sur le registre des infrastructures, le Maroc, sans fanfaronnade, est le projet le plus abouti. Les stades sont splendides (merci aux responsables du Camp Nou Spotify de le confirmer), les pelouses aux normes les plus élevées, etc.
Rappeler le palmarès des différentes équipes nationales, toutes catégories confondues, pour valider la domination au moins continentale du projet, n’est même plus nécessaire. Pourtant, nous avons perdu. Les arguments de ceux qui disent que nous sommes jalousés ne tiennent pas.
Toutes les rues africaines, et les communautés africaines en France, ont fêté bruyamment le passage du Maroc en demi-finale de la dernière Coupe du monde. De même, toutes les délégations ont félicité le Maroc pour la qualité de l’accueil, des infrastructures, des conditions. Nous étions tous fiers d’être africains. Il y avait des critiques, elles étaient sourdes et surtout inaudibles.
Certaines délégations avaient la joie triste, probablement pour être en phase avec la froideur des relations entretenues par nos pays respectifs, c’est assez compréhensible, même si le manque de chaleur n’est pas la qualité première des peuples du Maghreb.
Mais rien de méchant, bien au contraire : le public qui a accompagné l’Algérie, puisqu’il faut la nommer, a été festif et a participé à l’animation du quartier du Souissi à Rabat, d’habitude bien calme.
Le tournant, c’est ce match du Maroc face à la Tanzanie et cette main que l’arbitre n’a pas sanctionnée, à juste titre d’ailleurs, et qui, compte tenu de son timing, a mis le feu aux poudres : un penalty non sifflé qui aurait pu pousser le Maroc vers les prolongations.
Depuis, tous ceux qui attendaient le Maroc au tournant ont fait leur coming-out. La suite, on la connaît, et toutes les théories du complot ont trouvé leur place sur leurs médias préférés : les réseaux sociaux.
Rappeler le palmarès des différentes équipes nationales, toutes catégories confondues, pour valider la domination au moins continentale du projet, n’est même plus nécessaire. Pourtant, nous avons perdu. Les arguments de ceux qui disent que nous sommes jalousés ne tiennent pas.
Toutes les rues africaines, et les communautés africaines en France, ont fêté bruyamment le passage du Maroc en demi-finale de la dernière Coupe du monde. De même, toutes les délégations ont félicité le Maroc pour la qualité de l’accueil, des infrastructures, des conditions. Nous étions tous fiers d’être africains. Il y avait des critiques, elles étaient sourdes et surtout inaudibles.
Certaines délégations avaient la joie triste, probablement pour être en phase avec la froideur des relations entretenues par nos pays respectifs, c’est assez compréhensible, même si le manque de chaleur n’est pas la qualité première des peuples du Maghreb.
Mais rien de méchant, bien au contraire : le public qui a accompagné l’Algérie, puisqu’il faut la nommer, a été festif et a participé à l’animation du quartier du Souissi à Rabat, d’habitude bien calme.
Le tournant, c’est ce match du Maroc face à la Tanzanie et cette main que l’arbitre n’a pas sanctionnée, à juste titre d’ailleurs, et qui, compte tenu de son timing, a mis le feu aux poudres : un penalty non sifflé qui aurait pu pousser le Maroc vers les prolongations.
Depuis, tous ceux qui attendaient le Maroc au tournant ont fait leur coming-out. La suite, on la connaît, et toutes les théories du complot ont trouvé leur place sur leurs médias préférés : les réseaux sociaux.
Le Maroc, et c’est encore une fois factuel, n’avait pas besoin d’aides arbitrales pour dominer sa CAN.
Quand l’équipe élève le niveau, comme elle a pu le faire face au Cameroun et face au Sénégal en deuxième mi-temps, elle devient irrésistible. À dix contre onze en prolongation, menée au score, elle aurait pu revenir et égaliser ; une transversale l’en a empêchée.
Ce n’est pas l’aide des arbitres qu’il lui fallait, c’est des joueurs valides, en forme, capables de se transcender physiquement. Elle s’est volontairement privée de quatre ou cinq joueurs, champions du monde U20, du Ballon d’or CHAN et de la Coupe Arabe, ainsi qu’un ou deux autres joueurs de cette équipe B.
Tous n’auraient pas pu être titulaires, mais ils auraient permis aux titulaires de souffler un peu et de sortir en cas de blessure sans déséquilibrer l’équipe.
La décision de la CAF est mauvaise ; elle perd le respect de ceux qui auraient souhaité plus de rigueur et de discipline.
Qu’ils se rassurent, l’entraîneur sénégalais ne répétera jamais ce comportement aux États-Unis ; ce genre d’individu a la lâcheté chevillée au corps. Mais c’est une décision qui préserve le leadership naissant du football africain, à condition que les leçons soient retenues.
Pour le Maroc, l’égo démesuré de M. Regragui nous a fait mal. Il a écarté des joueurs champions parce qu’il considérait que leurs compétitions étaient mineures. C’est inadmissible ; pour gagner, on a besoin des meilleurs, pas des copains. Tout le Maroc l’a soutenu et il mérite ce soutien.
C’est avec lui que le Maroc, et l’Afrique, a brisé le plafond de verre. Il n’y a pas un supporter des équipes africaines qualifiées au Mondial qui ne rêve pas d’un parcours identique au prochain Mondial. Beaucoup d’Africains pensent même que leur équipe peut le faire.
C’est Regragui qui a ouvert cette voie. C’est pour ça que le gâchis est énorme. Personne ne lui tiendra rigueur du résultat ; finaliste, c’est presque inespéré pour le Maroc dans cette compétition. Mais avoir privé le pays d’un banc de touche valide et performant, ça ne passe pas.
Par Bargach Larbi
Ce n’est pas l’aide des arbitres qu’il lui fallait, c’est des joueurs valides, en forme, capables de se transcender physiquement. Elle s’est volontairement privée de quatre ou cinq joueurs, champions du monde U20, du Ballon d’or CHAN et de la Coupe Arabe, ainsi qu’un ou deux autres joueurs de cette équipe B.
Tous n’auraient pas pu être titulaires, mais ils auraient permis aux titulaires de souffler un peu et de sortir en cas de blessure sans déséquilibrer l’équipe.
La décision de la CAF est mauvaise ; elle perd le respect de ceux qui auraient souhaité plus de rigueur et de discipline.
Qu’ils se rassurent, l’entraîneur sénégalais ne répétera jamais ce comportement aux États-Unis ; ce genre d’individu a la lâcheté chevillée au corps. Mais c’est une décision qui préserve le leadership naissant du football africain, à condition que les leçons soient retenues.
Pour le Maroc, l’égo démesuré de M. Regragui nous a fait mal. Il a écarté des joueurs champions parce qu’il considérait que leurs compétitions étaient mineures. C’est inadmissible ; pour gagner, on a besoin des meilleurs, pas des copains. Tout le Maroc l’a soutenu et il mérite ce soutien.
C’est avec lui que le Maroc, et l’Afrique, a brisé le plafond de verre. Il n’y a pas un supporter des équipes africaines qualifiées au Mondial qui ne rêve pas d’un parcours identique au prochain Mondial. Beaucoup d’Africains pensent même que leur équipe peut le faire.
C’est Regragui qui a ouvert cette voie. C’est pour ça que le gâchis est énorme. Personne ne lui tiendra rigueur du résultat ; finaliste, c’est presque inespéré pour le Maroc dans cette compétition. Mais avoir privé le pays d’un banc de touche valide et performant, ça ne passe pas.
Par Bargach Larbi