Partenariat AMEE-KOICA : 13,5 millions $ pour la décarbonation industrielle


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 5 Mars 2026

Le Maroc poursuit sa transition énergétique à travers des partenariats internationaux structurants. À Rabat, l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) ont signé un protocole d’accord de 13,5 millions de dollars pour soutenir la décarbonation industrielle et développer les compétences liées aux métiers verts. Ce programme, prévu pour la période 2026-2030, s’inscrit dans la stratégie nationale d’efficacité énergétique tout en consolidant la coopération Maroc-Corée.



La scène s’est déroulée à Rabat, dans un climat à la fois institutionnel et stratégique. L’AMEE et la KOICA ont officialisé un nouveau jalon de leur coopération à travers la signature d’un accord financier de 13,5 millions de dollars destiné à accompagner la transition énergétique du Maroc. Derrière cette enveloppe se dessine un programme structurant intitulé « Promouvoir la décarbonation industrielle et le renforcement des capacités au Maroc », mené en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et l’Organisation internationale du travail (OIT).
 

L’objectif est clair : soutenir la décarbonation industrielle et améliorer l’efficacité énergétique dans plusieurs secteurs clés de l’économie. Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique et par des exigences environnementales de plus en plus fortes sur les marchés internationaux, la transformation énergétique de l’industrie devient un enjeu stratégique pour la compétitivité des économies.
 

Pour Yeonjean Yoon, ambassadeur de la République de Corée au Maroc, ce projet va bien au-delà d’une coopération technique classique. « Bien plus qu’une simple coopération technique, le projet illustre un partenariat stratégique alliant industrie et ressources humaines », a-t-il souligné. Selon lui, cette initiative peut contribuer simultanément à la lutte contre le changement climatique, au renforcement de la compétitivité nationale et à l’insertion sociale, notamment grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique des industries et au développement des compétences institutionnelles.
 

Dans les faits, le programme repose sur trois piliers principaux. Le premier concerne la réalisation d’audits énergétiques dans plusieurs branches industrielles stratégiques : l’agroalimentaire, le textile, la chimie et l’industrie pharmaceutique. Ces audits permettront d’identifier les sources de gaspillage énergétique et de proposer des solutions concrètes pour améliorer les performances des entreprises.
 

Le deuxième axe porte sur le renforcement des capacités de formation. Le projet prévoit l’équipement du centre de formation de l’AMEE ainsi que la création de nouveaux modules spécialisés destinés aux ingénieurs, techniciens et cadres industriels. L’idée est simple : accompagner la transition énergétique ne se limite pas aux technologies, elle nécessite aussi des compétences humaines adaptées.
 

Le troisième pilier concerne la promotion des métiers verts, avec une attention particulière portée à l’accès des jeunes et des femmes aux emplois liés à l’économie durable. Dans un pays où la transition énergétique s’inscrit progressivement au cœur des politiques publiques, cette dimension sociale vise à élargir les opportunités professionnelles tout en soutenant une croissance plus inclusive.
 

Pour Mohamed Benyahia, directeur général de l’AMEE, cette coopération s’inscrit pleinement dans les priorités stratégiques du Royaume. « Ce projet, aligné sur les orientations du Maroc, contribuera de manière significative à l’atteinte des objectifs nationaux en matière d’efficacité énergétique », explique-t-il. Il souligne également que ce partenariat renforce les relations bilatérales avec la Corée du Sud en les inscrivant dans une logique de transfert de technologie, d’innovation et d’expertise.
 

Du côté de la KOICA, la même volonté d’accompagner les ambitions climatiques du Maroc est mise en avant. Sa directrice et représentante résidente au Maroc, Hyewon Cho, considère ce programme comme « un prolongement naturel des efforts de l’agence », reflétant l’engagement de la République de Corée en faveur d’une industrie décarbonée et d’un développement durable partagé.
 

Au-delà des discours institutionnels, l’enjeu est tangible : aider les entreprises marocaines à produire mieux, consommer moins d’énergie et s’adapter aux nouvelles normes environnementales qui redessinent progressivement les chaînes de valeur mondiales.


Si les objectifs du programme sont atteints d’ici 2030, ce partenariat pourrait contribuer à renforcer un écosystème national autour de l’efficacité énergétique et des métiers verts. Une évolution discrète mais stratégique pour une industrie marocaine appelée à conjuguer compétitivité économique, responsabilité climatique et coopération internationale.





Jeudi 5 Mars 2026
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