Pêche artisanale au Maroc : 3,8 milliards DH en 2024, un secteur clé de l’économie bleue


Rédigé par le Mardi 21 Octobre 2025

C’est un record qui en dit long sur la vitalité du littoral marocain. En 2024, la pêche artisanale a généré 3,8 milliards de dirhams, selon la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich. Ce chiffre représente une hausse de 89 % par rapport à 2016, confirmant la montée en puissance d’un secteur qui fait vivre plus de 60.000 Marocains et contribue à 23 % de la production halieutique nationale.



Loin des projecteurs, la pêche artisanale s’impose désormais comme un pilier de l’économie bleue. Avec 42 projets déjà réalisés, dont 13 sur la côte méditerranéenne et 29 sur la façade atlantique, ce segment traditionnel s’est métamorphosé grâce à des investissements publics massifs atteignant 3,33 milliards de dirhams.
 

Le Programme national d’aménagement du littoral joue un rôle central. Son objectif : moderniser le cadre de vie des pêcheurs à travers la création de villages de pêche et de points de débarquement aménagés (PDA). Ces pôles économiques de proximité assurent désormais le stockage, la vente et la transformation des produits de la mer dans des conditions plus sûres et plus rentables.
 

Les nouveaux sites ne se limitent pas à de simples quais : ils intègrent marchés de gros, chambres froides, ateliers de réparation, unités de fabrication de glace et bureaux commerciaux. Côté maritime, les villages disposent de digues, rampes d’accès et plateformes flottantes, améliorant la sécurité des opérations de débarquement.
 

L’État poursuit la modernisation des sites emblématiques : Imsouane, Imi Ouaddar, Kala Iris, Ain Woren, Belyounech, Fnideq, Bouznika ou encore Kourizim ont été réhabilités pour 15 millions de dirhams. Le village de pêche de Souiriya Qadima (Safi) bénéficie à lui seul d’une enveloppe de 129 millions de dirhams pour devenir un modèle de nouvelle génération, combinant pêche, commerce, logistique et artisanat marin.
 

Les résultats sont spectaculaires : en 2024, les infrastructures de pêche artisanale ont généré 67 % du chiffre d’affaires global du secteur. Le revenu moyen par embarcation a triplé en quinze ans, passant de 68.000 à 241.000 dirhams. Une évolution qui reflète à la fois une meilleure valorisation des produits et une maîtrise durable des ressources halieutiques.
 

Sur le terrain, de grands chantiers structurants accompagnent cette dynamique. Le port de pêche artisanale de Lemhiriz (Aousserd) a été livré pour 567,26 millions de dirhams, tandis que les projets d’Afri Ifounassen et du point de débarquement d’Ahdid (Driouch) affichent un taux d’avancement de 95 % et 92 %, pour un coût global de 172,9 millions de dirhams.
 

Au-delà des chiffres, la stratégie nationale met en avant l’inclusion sociale et la professionnalisation des pêcheurs. Les coopératives sont encouragées, la sécurité sociale devient une réalité pour de nombreux artisans de la mer, et la formation s’intensifie pour accompagner la modernisation du parc.
 

Cette dynamique illustre la vision du Maroc : faire de la pêche artisanale un levier de développement local durable, où économie bleue et économie solidaire avancent main dans la main. « La concentration des activités dans ces structures crée une dynamique locale intégrée, alliant pêche, stockage, transport et commercialisation », résume Zakia Driouich, soulignant une approche désormais plus technologique, écologique et inclusive.


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Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.… En savoir plus sur cet auteur
Mardi 21 Octobre 2025
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