Une hausse du nombre de diplômés déjà engagée
Les universités suisses estiment que les efforts entrepris ces dernières années ont permis d'accroître le nombre de médecins formés dans le pays. Selon le rapport de swissuniversities, le nombre de diplômés d'un master en médecine humaine est passé de 882 en 2016 à 1.381 en 2024.
Cette progression est attribuée aux mesures mises en œuvre dans le cadre du programme spécial « Médecine humaine 2017-2020 », lancé pour renforcer la relève médicale.
À la suite de deux motions parlementaires, la Conférence suisse des hautes écoles a chargé swissuniversities d'élaborer des propositions destinées à poursuivre cette dynamique.
Augmenter les capacités de formation
Pour réduire la dépendance de la Suisse à l'égard des médecins formés à l'étranger et assurer durablement les besoins du système de santé, le rapport recommande d'augmenter encore le nombre de diplômés.
Les universités se disent prêtes à mettre en place un nouveau programme spécial, sous réserve d'un soutien politique et financier durable de la Confédération et des cantons.
Le principal défi reste toutefois le nombre limité de places disponibles pour la formation clinique. Selon le rapport, une augmentation des capacités nécessitera une mobilisation de l'ensemble des structures de soins, qu'elles relèvent du secteur public ou privé.
Repenser la sélection des étudiants
Le rapport souligne également que le nombre de candidats aux études de médecine demeure largement supérieur aux capacités d'accueil des universités, rendant une sélection indispensable.
Si les dispositifs actuels, comme le test d'aptitude aux études de médecine (AMS) et le concours organisé à l'issue de la première année, permettent d'évaluer les chances de réussite académique, ils ne prennent pas suffisamment en compte certaines qualités essentielles à l'exercice du métier.
Les universités proposent ainsi de mettre en place une procédure de sélection multidimensionnelle et harmonisée à l'échelle nationale, capable d'évaluer également les compétences non cognitives, notamment les aptitudes à la communication et aux relations humaines, avant même le début des études.
Mieux répondre aux besoins du système de santé
Au-delà de la formation initiale, swissuniversities insiste sur la nécessité de renforcer les effectifs dans les soins de premier recours.
Le rapport recommande de poursuivre les actions en faveur de la médecine de famille tout en accordant une attention particulière à des spécialités confrontées à des besoins importants, comme la pédiatrie, la psychiatrie et la pédopsychiatrie.
Il souligne également que des évolutions seront nécessaires dans la formation postgrade ainsi que dans les conditions d'exercice des professionnels de santé.
Moderniser les cursus universitaires
Le rapport plaide enfin pour une évolution des formations médicales afin de mieux répondre aux attentes de la profession.
Les universités souhaitent développer davantage les outils numériques, renforcer l'apprentissage par simulation et intégrer les compétences non cognitives dès la première année du cursus.
L'accueil d'un nombre plus important d'étudiants impliquera également des investissements dans les infrastructures universitaires afin d'accompagner cette montée en puissance de la formation médicale.