Pistaches : Un record historique pour le Maroc


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 26 Mars 2026

La demande marocaine de pistaches a atteint un record en 2025, avec plus de 4.000 tonnes importées pour une valeur de 33,9 millions de dollars, selon les données publiées par EastFruit. Cette progression inédite reflète l’évolution des habitudes de consommation et la dépendance persistante aux marchés étrangers.



Hausse spectaculaire des importations

En 2025, le Maroc a importé 4.050 tonnes de pistaches, enregistrant une hausse de 27,5 % par rapport à 2024. Depuis 2019, les volumes ont été multipliés par 11,5, avec une croissance annuelle moyenne de 50 %.

Cette expansion traduit l’essor des circuits modernes de distribution, l’urbanisation des modes de consommation et l’augmentation du pouvoir d’achat sur certains segments de la population.

La demande intérieure s’intensifie particulièrement sur les produits importés à forte valeur unitaire, renforçant le rôle des pistaches comme produit de consommation premium.
 
Une dépendance marquée aux États-Unis  

La structure des approvisionnements reste fortement concentrée géographiquement. Les États-Unis représentent 92 % des importations marocaines de pistaches, suivis par la Turquie, dont les volumes ont été multipliés par 3,5 en un an.

L’Iran reste marginal avec seulement 2,2 % de parts de marché. Cette concentration expose le marché national aux fluctuations des prix internationaux et aux aléas logistiques, malgré une diversification relative.
 
Tensions et enjeux du marché  

Face à cette dépendance, la stratégie agricole nationale « Génération Verte 2020-2030 » identifie la pistache comme culture de diversification adaptée aux zones arides et à forte valeur ajoutée. Le développement d’une production locale dépend toutefois de facteurs structurants : ressources hydriques, filières organisées, et accès à des plants certifiés.
 

L’écart entre la demande intérieure et les capacités productives nationales met en lumière un déséquilibre structurel qui pourrait se prolonger à moyen terme. Le Maroc reste exportateur net sur certaines filières comme les fraises congelées, tandis qu’il dépend des importations pour répondre à la consommation intérieure croissante.





Jeudi 26 Mars 2026
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