Plaidoyer pour un soutien, sans réserve à nos Lions de l'Atlas


Par Bargach Larbi.

Depuis quelques jours une petite campagne de dénigrement de deux joueurs fondamentaux de l’équipe nationale a vue le jour.

Elle concerne Brahim Diaz, le joueur du Réal Madrid et Issa Diop. Soufiane Rahimi est également dans le collimateur son statut d’ex-rajaoui y est probablement pour quelque chose.



Il leur est reproché, avec très peu d’empathie et un brin de méchanceté, deux erreurs qui, il est vrai, auraient pu coûter cher à l’équipe nationale.

Je ne suis pas convaincu que les motivations, de ceux qui portent ces attaques, soient malintentionnées. Je suis en revanche persuadé qu’elles sont pour le moins maladroites.

À tous je voudrais dire qu’il est des moments où l'on cesse d'être « supporter » pour devenir peuple.

Quand un joueur enfile le maillot des Lions de l’Atlas, quelque chose de plus grand que le football se met en mouvement. Une nation retient son souffle. Des millions de cœurs battent à l'unisson.

Ce n'est plus un match — c'est un rendez-vous avec nous-mêmes. Il semble que ces critiques émanent d’une confusion de statut de supporter. Supporter un club et soutenir une équipe nationale ce n’est pas la même chose.

Il ne faut pas confondre les amours. Lorsqu’on supporte son club ; que l’on soit Wydadi, Rajaoui, Madridista ou Barçaoui ; on exprime une appartenance intense, et légitime. On nourrit notre passion du football, avec tout ce qu'elle porte d'excès, de rivalités et de ferveur tribale.

C'est le propre du supportérisme de club : on y débat, on y critique, on y exige. Le regard de l'expert y a toute sa place. Mais l'équipe nationale, ce n'est pas un club en plus grand. C'est autre chose.

Le public de l'équipe nationale n'est pas un public de connaisseurs.

C'est un public de famille. C'est un père qui regarde son fils courir pour tous. C'est une mère qui prie pour que ses enfants rentrent fiers. C'est une diaspora qui, depuis Boston, New York ou Atlanta, brandit notre drapeau avec une dignité qui nous honore et nous oblige.

Ne polluons pas cet espace sacré avec les querelles de clochers. Ne lui imposons pas le regard froid du stratège ou les calculs du tacticien.

Ce n'est pas là son rôle. Son rôle, c'est d'aimer. Son rôle, c'est de porter. Nos joueurs ne sont pas parfaits. Et alors ? Ils ont leurs défauts, leurs « ego », leurs moments de faiblesse. Certains déçoivent, certains s'économisent, certains portent le poids de leurs ambitions personnelles autant que celui du collectif.

Nous le savons. Nous le voyons. Nous savons aussi que lorsqu’ils enfilent ce maillot, ils ne cherchent qu'à nous rendre fiers. Chaque balle grattée, chaque sprint en fin de match, chaque duel gagné à l'épuisement — c'est pour nous. Les statistiques des matchs sont là pour le prouver.

C'est pour ce pays. C'est pour ce drapeau pour notre devise « Allah Al Watan Al Malik ». Pour notre hymne national chanté à tue-tête dans tous les stades du monde jusqu’à devenir la signature de notre public.

Les joueurs méritent, en échange, notre soutien sans condition, notre confiance sans calcul, notre amour sans procès. Le maillot de l’équipe nationale est sacré. Pas parce qu'il est infaillible.

Pas parce que ceux qui le portent sont au-dessus de la critique. Mais parce que ce qu'il représente dépasse infiniment les hommes qui le portent : il représente une histoire, une dignité, une volonté d'exister debout dans le concert des nations. Et cette volonté-là, elle se nourrit de nous.

Elle se nourrit de notre voix, de notre foi, de notre présence. Alors laissons nos drapeaux de clubs au vestiaire. Soyons à la hauteur. Dima Maghrib.

Par Bargach Larbi.


Lundi 22 Juin 2026

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