Point Marchés : MASI 20, la Bourse de Casablanca entre dans l’ère des contrats à terme !


La Bourse de Casablanca a franchi, le 6 avril 2026, une étape majeure dans son développement avec le lancement du premier contrat future sur l’indice MASI 20. Une innovation financière qui marque l’entrée officielle du marché marocain dans l’univers des produits dérivés organisés, longtemps réservés aux places financières les plus structurées.



édition spéciale de Point Marché, animée par Tarik Amiar avec Jérôme Boumengel :

Ce sujet sera au cœur d’une édition spéciale de Point Marché, animée par Tarik Amiar avec Jérôme Boumengel, tous deux Associés Gérants d’African Financial Investment. L’émission, organisée en partenariat avec L’ODJ Média, sera diffusée sur LODJ 24, la Web TV du groupe, sur R212, la radio des Marocains du monde, ainsi que sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram et TikTok.

Le grand public connaît surtout le MASI, le Moroccan All Shares Index, qui donne une vision large de la Bourse marocaine. Il regroupe l’ensemble des actions cotées à la Bourse de Casablanca, soit près de 80 valeurs. Il permet donc de suivre l’évolution générale du marché actions marocain.

Le MASI 20, lui, a une vocation plus sélective. Créé le 31 décembre 2019, il regroupe les 20 sociétés les plus liquides parmi les grandes capitalisations flottantes du marché. Sa composition n’est pas figée : elle est révisée au moins une fois par an, avec une dernière révision intervenue en octobre 2025. Des révisions exceptionnelles peuvent également avoir lieu en cas de sortie de cote, de fusion ou de modification importante du flottant d’une entreprise.

En résumé, le MASI reflète l’ensemble du marché, tandis que le MASI 20 en représente le noyau le plus liquide. C’est précisément cette liquidité qui en fait un support adapté au lancement d’un contrat future.

Un outil nouveau pour se positionner ou se couvrir

Le contrat future sur MASI 20 permet à un investisseur de s’engager aujourd’hui sur l’achat ou la vente future de l’indice, à un prix déterminé. Le principe repose sur un contrat standardisé, négocié sur un marché organisé, avec une chambre de compensation chargée de garantir la bonne fin des opérations.

Les caractéristiques sont simples à comprendre : le sous-jacent est l’indice MASI 20, chaque point d’indice vaut 10 dirhams, les échéances sont trimestrielles — mars, juin, septembre et décembre — et le règlement se fait en espèces, sans livraison physique d’actions.

Concrètement, si le MASI 20 se situe à 1 400 points, la valeur notionnelle d’un contrat est de 14 000 dirhams. Ce mécanisme permet de prendre position sur l’évolution de l’indice avec un capital initial limité, via un dépôt de garantie.

Un levier utile, mais à manier avec prudence

L’un des intérêts du future MASI 20 réside dans sa capacité à permettre des stratégies directionnelles. Un investisseur qui anticipe une hausse de l’indice peut acheter un contrat future. À l’inverse, celui qui prévoit une baisse peut vendre un future, ce qui ouvre une possibilité jusque-là difficile à mettre en œuvre pour les investisseurs particuliers sur le marché actions classique.

Exemple simple : si le MASI 20 est à 1 380 points et qu’un investisseur achète un contrat, une hausse à 1 430 points représente un gain de 50 points, soit 500 dirhams. Mais le mécanisme fonctionne aussi en sens inverse : une baisse de 50 points entraîne une perte équivalente.

C’est pourquoi cette innovation doit être accompagnée d’un effort pédagogique. Les contrats futures offrent de nouvelles possibilités de couverture, de gestion et d’arbitrage, mais ils introduisent aussi un effet de levier susceptible d’amplifier les gains comme les pertes.

Une nouvelle étape pour la profondeur du marché marocain

Le lancement de ce premier contrat future ne constitue pas seulement un nouvel outil technique. Il traduit une volonté d’approfondir le marché financier marocain, d’élargir la palette des instruments disponibles et de rapprocher la Bourse de Casablanca des standards internationaux.

À terme, ces produits pourraient intéresser plusieurs catégories d’acteurs : investisseurs institutionnels, gestionnaires d’actifs, opérateurs avertis, analystes de marché et investisseurs souhaitant mieux gérer leur exposition au risque actions. Leur succès dépendra toutefois de plusieurs facteurs : liquidité, pédagogie, confiance, qualité de l’information, discipline des intervenants et capacité du marché à attirer des volumes suffisants.

L’émission reviendra également sur l’analyse technique du MASI et du MASI 20, afin de mieux comprendre les tendances observées depuis l’épisode précédent du 4 mai. L’évolution de l’inflation annuelle fera aussi partie des indicateurs à suivre, compte tenu de son impact sur les anticipations économiques, les taux et l’appétit des investisseurs pour les actions.

Avec cette édition spéciale, Point Marché ambitionne de rendre lisible une innovation encore technique, mais potentiellement structurante pour la place casablancaise. Car derrière le lancement du future MASI 20, c’est bien une question plus large qui se pose : le marché marocain est-il prêt à entrer dans une nouvelle culture financière, plus sophistiquée, plus dynamique, mais aussi plus exigeante ?
Mercredi 20 Mai 2026

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