Quand le football influence nos émotions : comprendre l’effet Coupe du monde


La Coupe du monde peut améliorer l’humeur et renforcer les liens sociaux, mais aussi générer du stress. Voici comment en profiter sans excès.



Au cœur des rythmes soutenus du travail, des études et des obligations quotidiennes, la Coupe du monde s’impose comme un moment attendu par des millions de supporters. Au-delà de la compétition, elle offre une pause bienvenue, propice au partage, à l’enthousiasme et aux retrouvailles entre proches.

Plusieurs études montrent que le visionnage d’événements sportifs peut avoir des effets positifs sur le moral. Il stimule notamment certaines zones du cerveau liées au plaisir et à la récompense, tout en favorisant les interactions sociales et le sentiment d’appartenance.  

Cependant, ces bénéfices dépendent largement de la manière dont les matchs sont vécus. L’expérience peut basculer vers le stress lorsque le supporter s’identifie excessivement à son équipe, au point de ressentir ses victoires et ses défaites comme personnelles.

Selon le consultant en psychologie sociale Mohamed Kamal, regarder les matchs devient bénéfique lorsque le plaisir du jeu prime sur l’attachement au résultat. Adopter une certaine distance permet d’apprécier la qualité du jeu, les performances individuelles et la beauté du football, sans se limiter à la logique victoire-défaite.

Une étude menée par l’Université Waseda au Japon en 2024, basée sur plus de 20.000 participants et complétée par des analyses du cerveau, confirme ce constat. Elle met en évidence un lien entre le visionnage du sport et l’amélioration de l’humeur, sans pour autant considérer le football comme un remède aux troubles psychologiques. Il s’agit plutôt d’un moment de détente et d’évasion.

Le concept d’« identité sportive » joue également un rôle clé. Plus un supporter s’identifie à son équipe, plus les émotions ressenties sont intenses. Pour éviter les excès, les experts recommandent de distinguer son identité personnelle de son appartenance sportive, même si cet exercice reste difficile pour les passionnés.

Par ailleurs, regarder les matchs en groupe renforce les liens sociaux. Les moments de joie partagés, notamment lors des victoires, créent un sentiment d’unité et rapprochent les individus, parfois au-delà de leurs différences. Une étude publiée dans Frontiers in Psychology souligne que cet aspect social contribue fortement aux bienfaits psychologiques liés au sport.

Les grandes compétitions internationales, en particulier lorsque les équipes nationales sont en jeu, amplifient ces effets. Elles favorisent la libération d’hormones comme l’ocytocine, liée au sentiment d’appartenance, et la dopamine, associée au plaisir et à la satisfaction.

Mais cette intensité émotionnelle peut aussi avoir un revers. Après les matchs, notamment en cas de défaite, certains supporters ressentent une baisse de moral temporaire, parfois qualifiée de « blues post-match ». Ce phénomène s’explique par la chute rapide de la dopamine, combinée aux effets persistants de l’adrénaline.

Des recherches ont également montré que les supporters les plus investis peuvent présenter des niveaux de stress plus élevés, avec une augmentation du cortisol lors des matchs décisifs, surtout en cas de défaite.

Au-delà de l’aspect émotionnel, la Coupe du monde peut aussi avoir une dimension éducative, notamment pour les jeunes. Elle peut encourager le dialogue, le respect des opinions divergentes et l’apprentissage de valeurs comme le fair-play, la gestion de la victoire et de la défaite, ou encore la tolérance.

Pour en tirer le meilleur, il est conseillé d’adopter une approche équilibrée : choisir les matchs à suivre, éviter les excès (notamment le manque de sommeil), et privilégier une expérience conviviale. Transformer cette passion en activité physique, comme jouer au football, peut également renforcer ses bienfaits.

Ainsi, la Coupe du monde peut constituer une véritable parenthèse positive, à condition de rester un moment de plaisir et de partage, sans tomber dans l’excès émotionnel ni négliger ses responsabilités.

 

Jeudi 16 Juillet 2026



Rédigé par le Jeudi 16 Juillet 2026
Dans la même rubrique :