Dr Anwar CHERKAOUI : Dr Hachem TYAL, le congrès international « Neurosciences, Intelligence Artificielle et Santé Mentale », organisé à Marrakech, samedi 12 juin 2026 a été présenté comme une rencontre historique au Maroc. Pourquoi cette rencontre était-elle nécessaire aujourd’hui ?
Dr Hachem TYAL : Pendant longtemps, la neurologie et la psychiatrie ont évolué comme deux disciplines parallèles, parfois éloignées l’une de l’autre. La neurologie s’intéressait davantage au cerveau observable, mesurable, analysable par l’imagerie ou la biologie.
La psychiatrie, elle, travaillait sur la souffrance psychique, la parole, l’histoire du sujet et son rapport au monde. Mais la réalité clinique nous rappelle chaque jour que ces deux dimensions sont inséparables.
Le cerveau et la psyché ne sont pas deux mondes distincts. Ils dialoguent en permanence. Ce congrès est né de cette conviction : il fallait créer un espace où neurologues, psychiatres, psychanalystes, neuroscientifiques et philosophes puissent enfin réfléchir ensemble.
La psychiatrie, elle, travaillait sur la souffrance psychique, la parole, l’histoire du sujet et son rapport au monde. Mais la réalité clinique nous rappelle chaque jour que ces deux dimensions sont inséparables.
Le cerveau et la psyché ne sont pas deux mondes distincts. Ils dialoguent en permanence. Ce congrès est né de cette conviction : il fallait créer un espace où neurologues, psychiatres, psychanalystes, neuroscientifiques et philosophes puissent enfin réfléchir ensemble.
Dr Anwar CHERKAOUI : Ce rapprochement entre disciplines peut sembler évident aujourd’hui, mais il a fallu dépasser des décennies de séparation. Comment expliquez-vous cette distance historique ?
Dr Hachem TYAL : Elle est liée à l’histoire même de la médecine. Chaque discipline a développé ses propres outils, ses propres concepts et parfois son propre langage.
Le neurologue observe les structures cérébrales, les circuits neuronaux, les anomalies biologiques. Le psychiatre rencontre un être humain avec son vécu, ses traumatismes, ses émotions, ses contradictions et son histoire personnelle.
Aujourd’hui, les progrès scientifiques nous obligent à dépasser cette opposition. Nous ne pouvons plus comprendre les maladies mentales uniquement par la biologie, ni uniquement par la parole. Il faut une approche intégrative.
Le neurologue observe les structures cérébrales, les circuits neuronaux, les anomalies biologiques. Le psychiatre rencontre un être humain avec son vécu, ses traumatismes, ses émotions, ses contradictions et son histoire personnelle.
Aujourd’hui, les progrès scientifiques nous obligent à dépasser cette opposition. Nous ne pouvons plus comprendre les maladies mentales uniquement par la biologie, ni uniquement par la parole. Il faut une approche intégrative.
Dr Anwar CHERKAOUI : L’intelligence artificielle a occupé une place importante dans les débats. Certains voient en elle une révolution médicale, d’autres craignent une déshumanisation de la médecine. Quelle est votre position ?
Dr Hachem TYAL : L’intelligence artificielle représente une avancée extraordinaire. Elle peut analyser des millions de données, identifier des tendances invisibles pour l’œil humain, aider au diagnostic et améliorer la personnalisation des traitements.
Mais il faut comprendre une chose essentielle : l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence humaine. Elle peut reconnaître des signes, mais elle ne comprend pas toujours le sens profond d’une souffrance.
Elle peut analyser un comportement, mais elle ne connaît pas l’histoire intime d’un patient. Elle ne sait pas ce que représente un silence, un regard, une hésitation ou une émotion dans la relation thérapeutique.
La médecine ne se résume pas à résoudre un problème technique. Elle consiste aussi à accompagner une personne.
Mais il faut comprendre une chose essentielle : l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence humaine. Elle peut reconnaître des signes, mais elle ne comprend pas toujours le sens profond d’une souffrance.
Elle peut analyser un comportement, mais elle ne connaît pas l’histoire intime d’un patient. Elle ne sait pas ce que représente un silence, un regard, une hésitation ou une émotion dans la relation thérapeutique.
La médecine ne se résume pas à résoudre un problème technique. Elle consiste aussi à accompagner une personne.
Dr Anwar CHERKAOUI : Vous insistez donc sur la notion d’alliance thérapeutique. Pourquoi est-elle si importante en psychiatrie et au-delà ?
Dr Hachem TYAL : Parce que la relation entre le médecin et son patient possède une dimension thérapeutique propre. La confiance, l’écoute, la reconnaissance de la souffrance de l’autre sont des éléments fondamentaux du soin.
Les neurosciences elles-mêmes commencent à explorer ce qui se passe dans le cerveau lorsque deux êtres humains établissent une relation de confiance.
La technologie peut augmenter les capacités du médecin, mais elle ne remplacera jamais la rencontre humaine.
Les neurosciences elles-mêmes commencent à explorer ce qui se passe dans le cerveau lorsque deux êtres humains établissent une relation de confiance.
La technologie peut augmenter les capacités du médecin, mais elle ne remplacera jamais la rencontre humaine.
Dr Anwar CHERKAOUI : Plusieurs interventions du congrès ont abordé l’autisme, les troubles psychotiques, les biomarqueurs, le microbiote intestinal ou encore l’environnement. Est-ce le signe d’une nouvelle manière de penser la santé mentale ?
Dr Hachem TYAL : Absolument. Nous sommes entrés dans une période où la santé mentale est comprise comme le résultat d’interactions complexes entre génétique, cerveau, environnement, développement, histoire personnelle et facteurs sociaux.
Les recherches sur le microbiote, l’exposome ou les mécanismes neurobiologiques ouvrent des perspectives considérables.
Mais elles doivent toujours rester au service du patient dans sa globalité. Un être humain n’est jamais seulement une molécule, une image cérébrale ou un algorithme.
Les recherches sur le microbiote, l’exposome ou les mécanismes neurobiologiques ouvrent des perspectives considérables.
Mais elles doivent toujours rester au service du patient dans sa globalité. Un être humain n’est jamais seulement une molécule, une image cérébrale ou un algorithme.
Dr Anwar CHERKAOUI : Ce congrès s’est tenu au Maroc. Quelle place notre pays doit-il occuper dans ce domaine ?
Dr Hachem TYAL : Le Maroc ne peut pas rester en marge de cette évolution mondiale.
Les besoins en santé mentale sont considérables, alors que les ressources restent encore insuffisantes. Il existe encore une stigmatisation importante autour des maladies psychiques.
Beaucoup de personnes souffrent en silence ou consultent tardivement. Développer la psychiatrie, soutenir la recherche, former les professionnels et sensibiliser la société sont des priorités.
La santé mentale doit être considérée comme un véritable enjeu de santé publique.
Les besoins en santé mentale sont considérables, alors que les ressources restent encore insuffisantes. Il existe encore une stigmatisation importante autour des maladies psychiques.
Beaucoup de personnes souffrent en silence ou consultent tardivement. Développer la psychiatrie, soutenir la recherche, former les professionnels et sensibiliser la société sont des priorités.
La santé mentale doit être considérée comme un véritable enjeu de santé publique.
Dr Anwar CHERKAOUI : Vous avez annoncé la création d’un groupe de travail permanent et un deuxième congrès en 2027. Quel est l’objectif de cette continuité ?
Dr Hachem TYAL : Nous ne voulions pas organiser simplement un événement ponctuel. Notre ambition est de créer une dynamique durable.
Le groupe de travail mensuel réunira neurologues, psychiatres, psychanalystes, chercheurs en neurosciences et philosophes afin de poursuivre les échanges et construire une vision commune.
Le prochain congrès sera une nouvelle étape pour approfondir cette réflexion et élargir encore le dialogue.
Le groupe de travail mensuel réunira neurologues, psychiatres, psychanalystes, chercheurs en neurosciences et philosophes afin de poursuivre les échanges et construire une vision commune.
Le prochain congrès sera une nouvelle étape pour approfondir cette réflexion et élargir encore le dialogue.
Dr Anwar CHERKAOUI : Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux médecins et aux jeunes générations ?
Dr Hachem TYAL : Le médecin de demain devra être capable de maîtriser les progrès scientifiques tout en préservant l’essentiel : l’écoute et l’humanité. Les neurosciences et l’intelligence artificielle vont transformer profondément la médecine.
Mais elles doivent rester des outils au service d’une médecine plus humaine. Comprendre le cerveau est une formidable aventure scientifique.
Comprendre l’être humain restera toujours le plus grand défi médical.
Interview réalisée par Dr Anwar CHERKAOUI : Expert en communication médicale et journalisme de santé avec Dr Hachem TYAL, psychiatre, psychanalyste, président-fondateur de la Moroccan Association of Dynamic Psychiatry (MADP) et de la Fédération Nationale pour la Santé Mentale (FNSM) .
Mais elles doivent rester des outils au service d’une médecine plus humaine. Comprendre le cerveau est une formidable aventure scientifique.
Comprendre l’être humain restera toujours le plus grand défi médical.
Interview réalisée par Dr Anwar CHERKAOUI : Expert en communication médicale et journalisme de santé avec Dr Hachem TYAL, psychiatre, psychanalyste, président-fondateur de la Moroccan Association of Dynamic Psychiatry (MADP) et de la Fédération Nationale pour la Santé Mentale (FNSM) .