Qusra assiégée : onze jours de punition collective en Cisjordanie occupée


Rédigé par le Mercredi 19 Aout 2026

Depuis onze jours, des familles palestiniennes de la localité de Qusra, au sud de Naplouse, vivent sous un siège imposé par des colons israéliens. Privées d’accès normal à l’eau, à l’électricité et aux besoins essentiels, elles lancent un appel urgent aux organisations internationales et humanitaires. Pour les habitants, cette pression s’inscrit dans une stratégie plus large de dépossession, de terreur coloniale et de tentative d’imposer une nouvelle réalité sur le terrain.



La résistance populaire face à l’abandon international

La localité palestinienne de Qusra, dans le gouvernorat de Naplouse, entre dans son onzième jour de siège. Des colons israéliens continuent d’encercler des maisons palestiniennes, empêchant les familles d’accéder normalement à leurs besoins fondamentaux. Dans cette zone de Cisjordanie occupée, les habitants dénoncent une situation de plus en plus dangereuse, marquée par l’isolement, la peur et l’absence de protection effective.

Les familles assiégées vivent sous une pression quotidienne. L’accès à l’eau et à l’électricité est perturbé, tandis que les déplacements deviennent difficiles, voire impossibles. Les besoins les plus élémentaires : nourriture, médicaments, hygiène, assistance médicale ; deviennent un combat de chaque jour. Face à cette situation, les habitants ont lancé un appel urgent aux organisations internationales et humanitaires pour intervenir et faire lever le siège.

Mais pour les Palestiniens de Qusra, ce siège n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans une offensive coloniale continue. Depuis plus de quatre mois, la région subit des attaques répétées de colons, accompagnées de tentatives d’imposer une nouvelle colonie sauvage sur les terres palestiniennes. Cette méthode est connue : harceler les habitants, les isoler, les priver de sécurité, puis présenter l’expansion coloniale comme un fait accompli.

La violence des colons ne peut pas être séparée du contexte général de l’occupation israélienne. En Cisjordanie, les colonies sont illégales au regard du droit international, mais elles continuent de s’étendre avec la protection ou la passivité des autorités israéliennes. À Qusra comme ailleurs, les Palestiniens se retrouvent confrontés à une double oppression : celle des groupes de colons sur le terrain et celle d’un système militaire qui limite leur liberté de mouvement, leur accès à la terre et leur droit à une vie normale.

D’un point de vue palestinien, ce qui se déroule à Qusra relève d’une punition collective. Des familles entières sont enfermées, privées de ressources et exposées à la violence parce qu’elles refusent de quitter leur terre. Leur simple présence devient un acte de résistance. Rester chez soi, protéger sa maison, refuser la peur et appeler le monde à témoigner : voilà aujourd’hui la première ligne de défense de Qusra.

La résistance palestinienne ne se limite pas aux confrontations armées que les médias internationaux réduisent souvent à des images de violence. Elle est aussi populaire, sociale, familiale et quotidienne. Elle se manifeste lorsqu’un agriculteur retourne à son champ malgré les menaces, lorsqu’une mère protège ses enfants sous siège, lorsqu’une communauté documente les attaques, alerte les institutions et refuse l’effacement. À Qusra, cette résistance prend la forme de la survie digne face à une mécanique coloniale pensée pour briser les corps et les volontés.

Le silence international alimente cette impunité. Les appels humanitaires se multiplient, mais les mécanismes de protection restent faibles. Les Palestiniens entendent depuis des décennies les mêmes discours sur la paix, les droits humains et la solution politique, pendant que les colonies avancent, les terres sont confisquées et les villages sont encerclés. Qusra rappelle brutalement que l’occupation n’est pas une abstraction diplomatique : c’est une réalité vécue dans les maisons, les puits, les routes bloquées et les nuits d’angoisse.

Pour le monde arabe et pour les sociétés solidaires de la Palestine, le siège de Qusra doit devenir un signal d’alerte. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer une nouvelle agression, mais de comprendre la logique qui la produit : vider la terre palestinienne de ses habitants par l’usure, la peur et la fragmentation. Face à cela, la solidarité politique, médiatique, juridique et humanitaire est indispensable.

Qusra est aujourd’hui encerclée, mais elle n’est pas seule. Son cri rejoint celui de Naplouse, de Jénine, d’Hébron, d'Al Qods et de Gaza. Partout, le peuple palestinien affirme le même droit : vivre libre sur sa terre, sans occupation, sans colonisation, sans siège. Et tant que ce droit sera nié, la résistance palestinienne, sous toutes ses formes légitimes de défense, de survie et de dignité ; continuera d’être une réponse naturelle à l’injustice.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 19 Aout 2026
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