Recettes douanières : 23,52 MMDH à fin mars, en hausse de 7,1%


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 14 Avril 2026

Les recettes douanières poursuivent leur progression pour atteindre 23,52 milliards de dirhams. Une évolution portée principalement par la TVA à l’importation et la fiscalité énergétique, révélant à la fois la dynamique des échanges et certaines dépendances structurelles.



Les recettes douanières nettes ont atteint 23,52 milliards de dirhams à fin mars, en progression de 7,1% sur un an. Des données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume qui traduisent, au-delà du chiffre, une dynamique soutenue des importations et une demande intérieure qui reste bien orientée.
 

Ces recettes, rappelons-le, regroupent les droits de douane, la TVA à l’importation ainsi que la taxe intérieure de consommation (TIC), notamment sur les produits énergétiques. Le montant annoncé tient déjà compte des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ce qui en fait un indicateur relativement fidèle de la réalité budgétaire.
 

Dans le détail, les recettes brutes s’élèvent à 27,19 milliards de dirhams, en progression de 7,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Une évolution globalement cohérente avec le rythme des importations. Pourtant, tous les leviers ne contribuent pas de manière égale.
 

Les droits de douane, par exemple, enregistrent un léger repli. Ils s’établissent à 3,72 milliards de dirhams, contre 3,8 milliards un an auparavant, soit une baisse de 2,1%. Une tendance qui peut s’expliquer, en partie, par l’effet des accords commerciaux et par une transformation progressive de la structure des importations vers des produits moins taxés.
 

À l’inverse, la TVA à l’importation continue de jouer un rôle central. Elle atteint 14,13 milliards de dirhams à fin mars, en hausse de 3,3%. Dans cette catégorie, la TVA appliquée aux produits énergétiques progresse modestement (+0,5%), tandis que celle relative aux autres produits affiche une hausse plus marquée de 3,8%. Un indicateur, discret mais révélateur, du niveau de la demande et des volumes importés.
 

Mais la véritable surprise vient de la TIC sur les produits énergétiques. Avec 5,66 milliards de dirhams, elle enregistre une hausse notable de 26,6%. Une performance qui traduit à la fois l’évolution des prix de l’énergie et celle des quantités consommées. Dans un registre différent, la TIC sur les tabacs manufacturés progresse également, atteignant 3,02 milliards de dirhams, soit une augmentation de 9,7% sur un an.
 

Ces chiffres traduisent une certaine résilience des finances publiques, tout en mettant en lumière une dépendance persistante à des recettes indirectes, en particulier celles liées à l’énergie. Une configuration qui alimente, en filigrane, le débat sur la diversification des ressources fiscales et la soutenabilité à long terme.
 

Si la tendance reste positive à ce stade de l’année, la vraie question demeure : cette dynamique est-elle durable ou simplement conjoncturelle ? Les prochains mois apporteront, sans doute, un début de réponse.





Mardi 14 Avril 2026
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