Reconstitution du cheptel national : 5,2 MMDH débloqués après l’identification de 32,3 millions de têtes


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 8 Janvier 2026

Le programme national de reconstitution du cheptel, lancé sous impulsion royale, franchit une étape structurante : l’identification complète des animaux et le versement des premiers soutiens directs aux éleveurs. Dans un contexte encore fragile pour l’élevage marocain après plusieurs années de sécheresse, ces avancées sont saluées mais aussi scrutées par les acteurs du secteur, entre attentes montantes et défis persistants.



Le 31 décembre 2025 restera une date charnière dans l’histoire récente de l’élevage marocain. Ce jour-là, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a officiellement clôturé l’opération d’identification du cheptel national, désormais fondement du vaste programme de soutien direct aux éleveurs : pas moins de 32,3 millions de têtes ont été recensées et marquées dans une base de données jugée précise et fiable. Cette étape, complexe sur le terrain, permet enfin d’asseoir un dispositif d’aide transparent et juste pour des milliers de ménages ruraux. 
 

Sur le front financier, la première tranche du programme s’est traduite par la mobilisation d’une enveloppe de 5,5 milliards de dirhams, dédiée à l’aiguillage direct des éleveurs, notamment via des virements bancaires ou des mandats. À ce jour, près de 5,2 milliards de dirhams ont déjà été versés à environ 1,1 million de bénéficiaires, signe d’une mise en œuvre opérationnelle rapide, même si certaines voix de terrain évoquent des lenteurs administratives ponctuelles dans quelques provinces. 
 

Ce soutien se déroule dans un contexte climatique qui, pour une fois, sourit au monde rural. Après des années marquées par des années de sécheresse sévère, les précipitations importantes et la neige tombée dans les zones montagneuses ont rafraîchi les pâturages, suscitant un regain d’optimisme quant à la production fourragère de la saison. Pour nombre d’éleveurs, cette météo plus clémente est une respiration bienvenue : elle peut, à terme, réduire les coûts d’alimentation du bétail et améliorer les perspectives de reproduction. 
 

Pour autant, cette bonne nouvelle ne gommera pas les défis structurels du secteur. Dans certaines régions, les éleveurs continuent de signaler des difficultés à obtenir le marquage de tout leur troupeau, ou à comprendre les critères d’éligibilité au soutien. Conscient de ces zones d’ombre, le ministère a indiqué que le mois de janvier sera entièrement consacré à la réception et au traitement des réclamations des exploitants qui n’ont pas encore bénéficié du recensement ou de l’aide. Cette étape vise à renforcer l’équité d’accès et à consolider les bases d’un dispositif durable et inclusif. 
 

Au-delà des chiffres, ce programme est aussi l’expression d’une vision qui entend accompagner l’élevage marocain vers plus de résilience. Après les pertes significatives de cheptel subies ces dernières années, un soutien direct et structurant était attendu depuis longtemps par les petites exploitations, qui constituent l’écrasante majorité des bénéficiaires. Les efforts en cours témoignent d’une volonté d’allier soutien économique, gestion rigoureuse des ressources et adaptation aux aléas climatiques. 


Pour les lecteurs marocains, ce tournant dans la reconstitution du cheptel national est une bonne nouvelle, mais loin d’être une fin en soi. Il pose les jalons d’un équilibre durable entre production locale, sécurité alimentaire et soutien à l’activité rurale un équilibre vital pour les générations futures, tout en rappelant que la transformation profonde du secteur demandera encore du temps, de la concertation et une écoute constante des acteurs de terrain.





Jeudi 8 Janvier 2026
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