Un référentiel marocain des compétences IA devrait partir d’un principe simple :
L’IA ne se limite pas à savoir utiliser ChatGPT ou rédiger un prompt. Savoir interroger une IA générative est utile, mais ce n’est qu’un premier niveau.
La vraie compétence consiste à comprendre ce que l’on fait, pourquoi on le fait, avec quelles données, dans quel contexte, avec quels risques, quelles limites, quelle responsabilité et quelle finalité.
La première famille de compétences est celle de la compréhension. Chaque citoyen, chaque élève, chaque étudiant, chaque décideur devrait comprendre ce qu’est réellement l’IA : un ensemble de méthodes, de modèles, d’algorithmes et de dispositifs logiciels capables de traiter des données, de produire des prédictions, de générer du texte, des images, du son ou du code.
Il faut expliquer la différence entre donnée, information, connaissance, algorithme, programme, modèle, plateforme et système d’information. Cette clarification est essentielle pour éviter la confusion entre intelligence humaine et automatisation avancée.
La deuxième famille est celle de l’usage. Il ne suffit pas d’ouvrir un outil. Il faut apprendre à formuler une demande, comparer plusieurs réponses, vérifier les sources, reformuler, contextualiser, corriger et décider.
L’usage de l’IA doit être enseigné comme une pratique intellectuelle, non comme une simple manipulation technique. Le prompt n’est pas seulement une commande : c’est une manière de raisonner, de structurer une question et de guider un dispositif numérique.
La troisième famille est celle de l’esprit critique. C’est peut-être la plus importante. L’utilisateur marocain doit apprendre à ne pas croire l’IA sur parole. Il doit savoir identifier les hallucinations, les biais, les approximations, les erreurs culturelles, les traductions faibles, les réponses hors contexte et les modèles entraînés sur des données qui ne reflètent pas les réalités marocaines.
Un LLM entraîné principalement sur des données étrangères ne peut pas comprendre pleinement la complexité linguistique, sociale, historique et culturelle du Maroc. Cette compétence critique est au cœur de notre souveraineté cognitive.
La quatrième famille est celle de l’éthique, du droit et de la responsabilité. L’IA pose des questions de vie privée, de données personnelles, de propriété intellectuelle, de transparence, de discrimination, de surveillance et de protection des publics vulnérables.
Le Maroc ne peut pas former des utilisateurs performants sans former aussi des utilisateurs responsables. L’IA ne doit pas seulement être efficace ; elle doit être acceptable, contrôlable et conforme à nos valeurs.
La cinquième famille est celle de la compétence organisationnelle. Dans les entreprises et les administrations, l’IA ne doit pas être introduite comme un gadget. Elle doit être pensée comme une évolution des systèmes d’information numériques.
Après les ERP, les CRM, les plateformes collaboratives et les applications métiers, les agents IA vont modifier la chaîne de valeur, les fonctions de support, la gestion des connaissances, la relation client, le pilotage de la performance et la prise de décision. C’est ici que le modèle de l’entreprise intelligente, que j’ai proposé depuis plus d’un quart de siècle, devient une réalité opérationnelle.
La sixième famille est celle des compétences sectorielles. Le Maroc ne doit pas former à l’IA de manière abstraite. Il doit former à l’IA dans l’éducation, la santé, l’agriculture, l’artisanat, la culture, le tourisme, l’industrie, la logistique, les collectivités territoriales, les banques, les PME et les services publics.
Chaque secteur a ses données, ses risques, ses métiers, ses contraintes et ses usages. Une IA utile est toujours une IA située.
La septième famille est celle de la souveraineté. Elle concerne les données, les infrastructures, les langues, les modèles, les plateformes, les talents et la gouvernance. Former à l’IA sans réfléchir à la souveraineté numérique reviendrait à former des utilisateurs dépendants de solutions conçues ailleurs, avec des données produites ailleurs, selon des priorités décidées ailleurs.
Le Maroc doit développer une capacité nationale de compréhension, d’évaluation, d’adaptation et, lorsque cela est possible, de production de solutions IA enracinées dans ses besoins.
Ce référentiel devrait être décliné par publics. Pour les élèves, il faut une culture générale de l’IA : comprendre, expérimenter, questionner, protéger ses données, distinguer aide et triche, apprendre à apprendre avec l’IA.
Pour les étudiants, il faut aller plus loin : usage académique responsable, méthodologie de recherche, vérification des sources, posture épistémologique, analyse critique, initiation aux données, aux modèles et aux impacts métiers.
La vraie compétence consiste à comprendre ce que l’on fait, pourquoi on le fait, avec quelles données, dans quel contexte, avec quels risques, quelles limites, quelle responsabilité et quelle finalité.
La première famille de compétences est celle de la compréhension. Chaque citoyen, chaque élève, chaque étudiant, chaque décideur devrait comprendre ce qu’est réellement l’IA : un ensemble de méthodes, de modèles, d’algorithmes et de dispositifs logiciels capables de traiter des données, de produire des prédictions, de générer du texte, des images, du son ou du code.
Il faut expliquer la différence entre donnée, information, connaissance, algorithme, programme, modèle, plateforme et système d’information. Cette clarification est essentielle pour éviter la confusion entre intelligence humaine et automatisation avancée.
La deuxième famille est celle de l’usage. Il ne suffit pas d’ouvrir un outil. Il faut apprendre à formuler une demande, comparer plusieurs réponses, vérifier les sources, reformuler, contextualiser, corriger et décider.
L’usage de l’IA doit être enseigné comme une pratique intellectuelle, non comme une simple manipulation technique. Le prompt n’est pas seulement une commande : c’est une manière de raisonner, de structurer une question et de guider un dispositif numérique.
La troisième famille est celle de l’esprit critique. C’est peut-être la plus importante. L’utilisateur marocain doit apprendre à ne pas croire l’IA sur parole. Il doit savoir identifier les hallucinations, les biais, les approximations, les erreurs culturelles, les traductions faibles, les réponses hors contexte et les modèles entraînés sur des données qui ne reflètent pas les réalités marocaines.
Un LLM entraîné principalement sur des données étrangères ne peut pas comprendre pleinement la complexité linguistique, sociale, historique et culturelle du Maroc. Cette compétence critique est au cœur de notre souveraineté cognitive.
La quatrième famille est celle de l’éthique, du droit et de la responsabilité. L’IA pose des questions de vie privée, de données personnelles, de propriété intellectuelle, de transparence, de discrimination, de surveillance et de protection des publics vulnérables.
Le Maroc ne peut pas former des utilisateurs performants sans former aussi des utilisateurs responsables. L’IA ne doit pas seulement être efficace ; elle doit être acceptable, contrôlable et conforme à nos valeurs.
La cinquième famille est celle de la compétence organisationnelle. Dans les entreprises et les administrations, l’IA ne doit pas être introduite comme un gadget. Elle doit être pensée comme une évolution des systèmes d’information numériques.
Après les ERP, les CRM, les plateformes collaboratives et les applications métiers, les agents IA vont modifier la chaîne de valeur, les fonctions de support, la gestion des connaissances, la relation client, le pilotage de la performance et la prise de décision. C’est ici que le modèle de l’entreprise intelligente, que j’ai proposé depuis plus d’un quart de siècle, devient une réalité opérationnelle.
La sixième famille est celle des compétences sectorielles. Le Maroc ne doit pas former à l’IA de manière abstraite. Il doit former à l’IA dans l’éducation, la santé, l’agriculture, l’artisanat, la culture, le tourisme, l’industrie, la logistique, les collectivités territoriales, les banques, les PME et les services publics.
Chaque secteur a ses données, ses risques, ses métiers, ses contraintes et ses usages. Une IA utile est toujours une IA située.
La septième famille est celle de la souveraineté. Elle concerne les données, les infrastructures, les langues, les modèles, les plateformes, les talents et la gouvernance. Former à l’IA sans réfléchir à la souveraineté numérique reviendrait à former des utilisateurs dépendants de solutions conçues ailleurs, avec des données produites ailleurs, selon des priorités décidées ailleurs.
Le Maroc doit développer une capacité nationale de compréhension, d’évaluation, d’adaptation et, lorsque cela est possible, de production de solutions IA enracinées dans ses besoins.
Ce référentiel devrait être décliné par publics. Pour les élèves, il faut une culture générale de l’IA : comprendre, expérimenter, questionner, protéger ses données, distinguer aide et triche, apprendre à apprendre avec l’IA.
Pour les étudiants, il faut aller plus loin : usage académique responsable, méthodologie de recherche, vérification des sources, posture épistémologique, analyse critique, initiation aux données, aux modèles et aux impacts métiers.
Pour les enseignants, il faut une formation spécifique :
Concevoir des activités pédagogiques avec l’IA, évaluer autrement, accompagner les étudiants, détecter les usages problématiques sans tomber dans la suspicion généralisée, et préserver le rôle irremplaçable de la relation pédagogique.
Pour les managers, il faut une capacité de pilotage : identifier les cas d’usage, évaluer les gains réels, mesurer les risques, accompagner les salariés, revoir les processus, protéger les données et éviter la dépendance excessive aux fournisseurs.
Pour les décideurs publics, il faut une compétence de gouvernance : comprendre les enjeux stratégiques, arbitrer entre innovation et régulation, soutenir l’écosystème national, protéger les citoyens et inscrire l’IA dans une vision de développement humain.
Pour les citoyens, enfin, il faut une compétence d’appropriation : utiliser l’IA sans peur, mais sans naïveté ; apprendre à s’en servir dans la vie quotidienne ; préserver sa liberté de jugement ; comprendre que l’outil peut aider, mais ne doit jamais penser à notre place.
Le Maroc a déjà annoncé des ambitions fortes en matière d’IA, de formation, d’infrastructures, de centres universitaires, de cloud et de souveraineté des données. Mais sans référentiel national des compétences, ces ambitions risquent de rester dispersées entre formations techniques, initiatives ponctuelles et usages individuels non coordonnés.
Un référentiel des compétences IA permettrait de relier l’école, l’université, l’entreprise, l’administration, les régions et les citoyens autour d’une vision commune.
Ce référentiel permettrait aussi d’éviter trois erreurs. La première serait de : réduire l’IA à la programmation. Le Maroc a besoin d’ingénieurs, mais il a aussi besoin de juristes, de médecins, d’enseignants, d’artistes, de managers, de journalistes, de chercheurs, d’artisans, de fonctionnaires et d’entrepreneurs capables de comprendre l’IA dans leur métier.
La deuxième erreur serait de réduire l’IA au prompt. Savoir écrire une bonne consigne est utile, mais cela ne suffit pas à comprendre la qualité d’une donnée, la logique d’un modèle, les biais d’un système ou les effets organisationnels d’une plateforme.
La troisième erreur serait de copier des référentiels étrangers sans les adapter.
Pour les managers, il faut une capacité de pilotage : identifier les cas d’usage, évaluer les gains réels, mesurer les risques, accompagner les salariés, revoir les processus, protéger les données et éviter la dépendance excessive aux fournisseurs.
Pour les décideurs publics, il faut une compétence de gouvernance : comprendre les enjeux stratégiques, arbitrer entre innovation et régulation, soutenir l’écosystème national, protéger les citoyens et inscrire l’IA dans une vision de développement humain.
Pour les citoyens, enfin, il faut une compétence d’appropriation : utiliser l’IA sans peur, mais sans naïveté ; apprendre à s’en servir dans la vie quotidienne ; préserver sa liberté de jugement ; comprendre que l’outil peut aider, mais ne doit jamais penser à notre place.
Le Maroc a déjà annoncé des ambitions fortes en matière d’IA, de formation, d’infrastructures, de centres universitaires, de cloud et de souveraineté des données. Mais sans référentiel national des compétences, ces ambitions risquent de rester dispersées entre formations techniques, initiatives ponctuelles et usages individuels non coordonnés.
Un référentiel des compétences IA permettrait de relier l’école, l’université, l’entreprise, l’administration, les régions et les citoyens autour d’une vision commune.
Ce référentiel permettrait aussi d’éviter trois erreurs. La première serait de : réduire l’IA à la programmation. Le Maroc a besoin d’ingénieurs, mais il a aussi besoin de juristes, de médecins, d’enseignants, d’artistes, de managers, de journalistes, de chercheurs, d’artisans, de fonctionnaires et d’entrepreneurs capables de comprendre l’IA dans leur métier.
La deuxième erreur serait de réduire l’IA au prompt. Savoir écrire une bonne consigne est utile, mais cela ne suffit pas à comprendre la qualité d’une donnée, la logique d’un modèle, les biais d’un système ou les effets organisationnels d’une plateforme.
La troisième erreur serait de copier des référentiels étrangers sans les adapter.
Le Maroc est un pays plurilingue, multiculturel, intergénérationnel, territorialement contrasté, avec des réalités très différentes entre grandes villes, régions, PME, administrations, écoles publiques, universités, monde rural et diaspora.
Le référentiel doit donc intégrer l’arabe, l’amazigh, la darija, le français et l’anglais comme réalités vivantes de l’usage numérique.
La question linguistique est centrale. Une IA qui ne comprend pas la darija, l’amazigh, les expressions locales, les pratiques professionnelles marocaines ou les subtilités culturelles du pays reste partiellement étrangère à notre réalité.
Cette dimension doit entrer pleinement dans le référentiel, car la souveraineté numérique commence aussi par la capacité à nommer, penser et traiter les réalités d’un pays dans ses propres langues.
Je propose que ce référentiel soit construit autour de cinq niveaux : culture IA pour tous, usage responsable des outils IA, maîtrise professionnelle par métier, pilotage organisationnel et gouvernance, puis conception, audit, souveraineté et innovation.
Chaque niveau devrait comporter des compétences observables, des exemples d’usages, des critères d’évaluation, des risques associés et des formations adaptées. Il ne s’agit pas de créer un document administratif de plus. Il s’agit de donner au pays une boussole.
Le Maroc a besoin d’un référentiel vivant, mis à jour régulièrement, ouvert aux universités, aux entreprises, aux administrations, aux enseignants, aux chercheurs, aux associations, aux régions et aux citoyens. Ce référentiel pourrait devenir un outil de formation, de certification, d’orientation, de recrutement, de transformation des métiers et de pilotage des politiques publiques.
Former à l’IA, ce n’est pas seulement former à un outil. C’est former à une nouvelle manière de travailler, d’apprendre, de décider, de créer, de gouverner et de vivre avec des systèmes numériques de plus en plus présents. C’est pourquoi je préfère parler de souveraineté cognitive autant que de souveraineté numérique.
Le Maroc ne doit pas seulement consommer l’intelligence artificielle. Il doit apprendre à la comprendre, à la discuter, à l’adapter, à la gouverner et à l’inscrire dans son propre projet de société.
Un référentiel marocain des compétences IA serait une étape décisive pour passer de l’engouement à la maîtrise, de l’usage dispersé à la stratégie, et de la dépendance technologique à une intelligence collective située, responsable et souveraine.
La question linguistique est centrale. Une IA qui ne comprend pas la darija, l’amazigh, les expressions locales, les pratiques professionnelles marocaines ou les subtilités culturelles du pays reste partiellement étrangère à notre réalité.
Cette dimension doit entrer pleinement dans le référentiel, car la souveraineté numérique commence aussi par la capacité à nommer, penser et traiter les réalités d’un pays dans ses propres langues.
Je propose que ce référentiel soit construit autour de cinq niveaux : culture IA pour tous, usage responsable des outils IA, maîtrise professionnelle par métier, pilotage organisationnel et gouvernance, puis conception, audit, souveraineté et innovation.
Chaque niveau devrait comporter des compétences observables, des exemples d’usages, des critères d’évaluation, des risques associés et des formations adaptées. Il ne s’agit pas de créer un document administratif de plus. Il s’agit de donner au pays une boussole.
Le Maroc a besoin d’un référentiel vivant, mis à jour régulièrement, ouvert aux universités, aux entreprises, aux administrations, aux enseignants, aux chercheurs, aux associations, aux régions et aux citoyens. Ce référentiel pourrait devenir un outil de formation, de certification, d’orientation, de recrutement, de transformation des métiers et de pilotage des politiques publiques.
Former à l’IA, ce n’est pas seulement former à un outil. C’est former à une nouvelle manière de travailler, d’apprendre, de décider, de créer, de gouverner et de vivre avec des systèmes numériques de plus en plus présents. C’est pourquoi je préfère parler de souveraineté cognitive autant que de souveraineté numérique.
Le Maroc ne doit pas seulement consommer l’intelligence artificielle. Il doit apprendre à la comprendre, à la discuter, à l’adapter, à la gouverner et à l’inscrire dans son propre projet de société.
Un référentiel marocain des compétences IA serait une étape décisive pour passer de l’engouement à la maîtrise, de l’usage dispersé à la stratégie, et de la dépendance technologique à une intelligence collective située, responsable et souveraine.