Résidence francophone d’écriture à Meknès : quand l’animation devient le langage de l’indicible


Rédigé par le Jeudi 21 Mai 2026

Six auteurs de divers horizons participent à la 11e Résidence francophone d’écriture pour le film d’animation à Meknès. Un mois dédié à l’exploration créative et à la métamorphose artistique.



Depuis près de trois semaines, six auteurs et autrices venus du Maroc, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique du Nord se sont installés au cœur de la médina de Meknès dans le cadre de la 11e Résidence francophone d’écriture pour le film d’animation. Ce programme, co-organisé par la NEF Animation, l’Institut Français de Meknès et la Fondation Aïcha, offre à ses participants un espace de création unique, loin des distractions du quotidien, où ils peuvent se consacrer pleinement à l’écriture.  

Un cadre propice à la création
  
Pendant un mois, les résidents explorent le processus d’écriture pour le film d’animation, un art qui conjugue langage, intuition graphique et dramaturgie pensée pour le dessin, la matière et le son. Entre silence, doutes, réécritures et discussions autour d’un thé, ces artistes s’immergent dans un environnement propice à l’expérimentation et à l’innovation.  

Un mentor de renom  

Cette édition 2026 bénéficie de l’accompagnement du producteur français Olivier Catherin, double lauréat des César et détenteur d’un European Film Award. Son rôle est d’aider les participants à affiner leurs projets, à interroger leur cohérence artistique et à se préparer à l’exercice redouté du pitch public.  

« Certains résidents ont des projets déjà très avancés, d’autres vont pitcher pour la première fois. Nous avons travaillé sur le fond des projets et sur leur présentation », explique Olivier Catherin avant la présentation publique des œuvres au forum du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM).  

Des projets audacieux et diversifiés
  
La promotion 2026 se compose de quatre courts métrages, une série et un long métrage. Ces œuvres explorent des thèmes universels tels que l’isolement, la mémoire, la métamorphose et la résistance.  

- Kawtar Waddi, résidente marocaine de 24 ans, présente "When the Sun Sets", où l’héroïne rêve littéralement de devenir une fleur, dans un récit mêlant solitude et métamorphose.  
- Arsène Mahi, de Côte d’Ivoire, revisite la mémoire traumatique avec "À peine les yeux fermés", sur un enfant déplacé par la guerre de 2002.  
- Nicolas Fattouh,
Libano-Canadien, développe un long métrage où le deuil transforme une fillette en créature monstrueuse.  
- Amin Kadri, Tunisien installé au Québec, explore les choix oniriques dans *Heaven or Hell.  
- Manon David, Française, propose une comédie sociale intitulée *Les Vacances de la loose.  
- Anwar Belhaj, Marocain, imagine "La Cité muette", un monde où parler devient un acte de résistance.  

L’animation comme langage de l’indicible
 
Ces projets partagent une conviction commune : certaines histoires ne peuvent être racontées qu’en animation. Ce médium unique permet de donner vie à des récits où la métamorphose, la mémoire, le deuil ou la censure prennent une dimension visuelle et symbolique que le cinéma traditionnel ne saurait atteindre.  

Un espace de réflexion et d’échange

La résidence agit comme un véritable accélérateur pour ces artistes. Elle leur offre un cadre, un accompagnement professionnel et un espace collectif où les idées circulent librement. Les résidents apprennent autant en partageant leurs projets qu’en découvrant ceux des autres.  

Avec cette 11e édition, la Résidence francophone d’écriture pour le film d’animation confirme son rôle central dans le développement de l’animation comme un art à part entière, capable de raconter l’indicible avec poésie et puissance.




Jeudi 21 Mai 2026
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