Résurgence de l'état Islamique : Le Camp d'Al Hol Perd le Contrôle de ses Détenus


Rédigé par le Jeudi 26 Février 2026



Le pire scénario redouté par les experts en terrorisme est en train de se réaliser dans le nord-est de la Syrie. Les autorités locales ont officiellement confirmé des évasions massives depuis le tentaculaire camp d'Al Hol, tristement célèbre pour abriter des dizaines de milliers de proches de combattants de l'État Islamique (EI). Cet effondrement sécuritaire ravive le spectre d'une résurgence de l'organisation terroriste et met en lumière l'échec cuisant de la gestion internationale de ce dossier explosif.

L'incapacité matérielle des forces kurdes à sécuriser la zone

La confirmation de ces fuites à grande échelle par les autorités syriennes et les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) marque un tournant dramatique dans la gestion post-califat. Le camp d'Al Hol, conçu initialement comme une solution d'urgence, s'est transformé au fil des années en une véritable poudrière à ciel ouvert. Les rapports indiquent que des réseaux de passeurs sophistiqués, souvent financés par des cellules dormantes de l'EI à l'extérieur, ont réussi à corrompre des gardiens ou à exploiter les failles d'un périmètre de sécurité poreux pour exfiltrer des centaines de femmes et d'adolescents radicalisés. Ces évadés disparaissent ensuite dans l'immensité du désert syrien, rejoignant probablement les maquis terroristes pour reconstituer les rangs d'une organisation que le monde croyait vaincue.

Cet incident majeur souligne l'incapacité structurelle des forces kurdes à gérer seules ce fardeau sécuritaire et humanitaire colossal. Avec plus de 50 000 pensionnaires entassés dans des conditions de vie misérables, Al Hol est devenu un mini-État islamique en soi, régi par la loi du silence et la terreur imposée par les franges les plus extrémistes des détenues. Les gardiens, en sous-effectif chronique et sous-équipés, font face à des émeutes régulières, des assassinats ciblés et des tentatives d'incendie. La diminution de l'aide internationale et les pressions militaires exercées par les pays voisins sur l'administration kurde ont fini par épuiser les ressources allouées à la sécurisation de ce site, rendant ces évasions massives inéluctables.

Au-delà de la défaillance locale, c'est l'inaction de la communauté internationale qui est pointée du doigt. Depuis des années, les appels désespérés des autorités kurdes pour rapatrier les ressortissants étrangers détenus à Al Hol se heurtent au refus catégorique de nombreux pays occidentaux, paralysés par le risque politique et sécuritaire d'un tel retour. En choisissant la politique de l'autruche et en sous-traitant la détention de ces bombes à retardement humaines à une entité non étatique fragile, la communauté internationale a créé les conditions de ce désastre. Les évasions d'Al Hol ne sont pas seulement une crise régionale ; elles constituent une menace directe pour la sécurité mondiale, rappelant que l'idéologie de l'EI survit et se nourrit de l'abandon de ces populations.




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Jeudi 26 Février 2026
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