Retrospective 2020 : Quand l'hôpital se moque de la charité, les cliniques privées de fichent de la pauvreté..


Rédigé par le Mercredi 2 Décembre 2020

Suite aux prestations anormalement élevées, qui ont suscité la colère des familles de patients et une série de plaintes qui ont poussé le ministère de la Santé à ordonner des inspections au sein des cliniques incriminées , des représentants de ces dernières ont avancé comme argument que la pauvreté et l'absence de couverture médicale ils s'en foutaient .



Franchement, rien n'arrête l' effronterie et ces messieurs ont osé franchir le pas sans états d'âme , sans la moindre gêne et surtout sans peur du ridicule.

Ces messieurs des cliniques privées rétorquent qu'ils ont porté assistance à l'Etat, une assistance coûteuse apparemment , c'est juste qu'une journée de soins Covid coûterait entrés sept mille et huit mille dirhams . Mais là, en se justifiant ils se contredisent car en même temps , ils prétendent que les inspecteurs du ministère de la Santé n'ont rien trouvé comme abus !

Non assistance à Etat en danger.

Alors comme cela , on veut bien porter assistance à l'Etat mais les pauvres et les personnes sans assurance , sans couverture sociale et médicale, et surtout sans chèque de garantie on n'en veut absolument pas. Surtout pas!

On veut bien porter assistance à l'Etat , mais que ce dernier garde ses pauvres loin de notre regard. On veut bien, mais à condition de bien se sucrer sur le dos des patients .

Il y a une frontière entre la médecine et le commerce , mais avec les cliniques privées le doute n'est absolument plus permis et tout est clair: les praticiens du privé c'est tout sauf de bons Samaritains , Mère Theresa ou l'Abbé Pierre !

Les abus de la majorité des cliniques privées ne sont pas nouveaux , et tout le monde sait comment on impose des césariennes même lorsque le besoin n'est pas nécessaire, comment on impose de payer en noir les honoraires des médecins..et comment on garde des cadavres dans des chambres froides pour gonfler les factures..

Et imaginez que même lorsqu'il faut appeler un médecin qui est en train de faire des piges et des heures supplémentaires dans une autre clinique, la communication est facturée généreusement aux frais du malade.

Maintenant , face à cette situation scandaleuse et inadmissible , on doit légitimement se poser la question suivante : comment ces cliniques privées ont pu se permettre de tels abus et excès sans qu'aucune autorité ne vienne mettre un terme à ce manège, exactement comme si on vivait dans un pays sans foi ni loi !?

Si ces abus ne sont pas nouveaux , on peut se demander comment fonctionnent les inspections de l'autorité de tutelle , et à quoi servent-elles surtout !?

La crise sanitaire s'est vraisemblablement transformée en opportunité dont ont profité beaucoup , dont les cliniques privées , pour exploiter la détresse de familles vulnérables..

Au ministère de la Santé d'assumer ses responsabilités car jeter en pâture les malades Covid et leurs familles à l'insolente et indécente cupidité des cliniques privées relève d'une attitude qui contribue à favoriser la défiance entre les citoyens et l'Etat .

Inutile de vous rappeler qu'il y a quelques mois , les médias officiels n'arrêtaient pas de scander que le Maroc était cité en exemple dans le monde entier alors qu'il s'est avéré que la gestion de la pandémie par le gouvernement a été calamiteuse pour ne pas dire désastreuse.

La Caisse Covid n'aurait- elle pas dû être utilisée et exploitée de manière plus rationnelle ?

L' Etat n'aurait -il pas dû au moins faire l'effort de prendre en charge les tests et l'hospitalisation des pauvres sans couverture médicale au lieu de les laisser se faire exploiter et humilier par les cliniques privées?

On connaissait l'hôpital qui se moque de la charité, mais là c'est la clinique qui s'en fout des pauvres!

Décidément , en cette année oû rien ne s'est passé comme prévu  on aura tout vu et tout entendu ..

Hafid Fassi Fihri / Arrissala / L'ODJ




Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne, le… En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 2 Décembre 2020
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