Risque pays : le Maroc résiste face aux défis structurels


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mardi 17 Février 2026

Le Maroc conserve sa note « B1 » dans l’édition 2026 du « Country Risk Atlas », publiée mardi 17 février 2026, confirmant un risque faible pour les entreprises africaines, mais révèle une économie à deux vitesses marquée par le chômage des jeunes et l’informel.



Une résilience économique confirmée

Malgré un contexte international incertain, le Maroc maintient la meilleure notation attribuée à un pays africain dans l’étude couvrant 83 économies représentant 94% du PIB mondial. La croissance devrait atteindre +3,7% en 2026, puis +3,5% en 2027, portée par la production industrielle, les investissements étrangers dans le manufacturier et l’énergie, la reprise agricole et un tourisme en forte progression, avec une hausse attendue de 20% des arrivées en 2026.
 
Les finances publiques restent maîtrisées : la dette publique, après 70% du PIB en 2024, devrait descendre à 65% en 2027, et le service de la dette demeure inférieur à la moyenne africaine. L’inflation devrait rester contenue à 1,0% en 2026. Les réserves internationales affichent un niveau record grâce aux flux touristiques, aux investissements étrangers et aux transferts des Marocains résidant à l’étranger.
 
Une croissance fragile et inégale
 
Si les fondamentaux sont solides, Allianz Trade souligne des fragilités persistantes. Le chômage des jeunes reste élevé, autour de 35%, et près des trois quarts de la main-d’œuvre travaillent dans l’informel. Les défaillances d’entreprises devraient se stabiliser en 2026 après une hausse de 10% en 2025, avec des tensions dans le commerce, l’immobilier et la construction. Les retards de paiement sont pointés comme un facteur aggravant.
 
Les écarts entre zones rurales et urbaines et les risques climatiques accentuent les inégalités, limitant l’impact social de la croissance et donnant à l’économie marocaine un caractère « à deux vitesses ».
 
Diversification et enjeux stratégiques
 
L’économie se diversifie progressivement. Les exportations de phosphates se redressent (+20% en 2025), tandis que le secteur automobile continue d’exporter vers l’Europe, positionnant le Maroc comme un pôle manufacturier et commercial stratégique.
 
Cependant, certaines entreprises publiques restent endettées, et les fragilités structurelles persistent. Le rapport souligne que la trajectoire future dépendra de la capacité du Royaume à renforcer l’inclusion sociale, réduire l’informel et anticiper les défis climatiques. Les élections législatives de septembre 2026 et les grands événements internationaux seront également des facteurs déterminants pour l’économie.
 
La note « B1 » traduit la solidité macroéconomique, mais l’Atlas rappelle que les fragilités sociales et structurelles devront être surveillées pour maintenir la stabilité et soutenir une croissance durable.





Mardi 17 Février 2026
Dans la même rubrique :