Dans un pays où l’actualité culturelle est souvent avalée par l’urgence politique, économique ou sportive, sa disparition rappelle une évidence : la mémoire artistique marocaine reste fragile. Elle dépend beaucoup des hommages, des archives, des critiques, des galeries, mais aussi de cette attention collective qui manque parfois aux créateurs de fond.
Saâd El Hassani appartenait à cette génération d’artistes qui ont accompagné la construction d’un langage plastique marocain contemporain. Ni folklore facile, ni imitation occidentale paresseuse. Une recherche patiente, intérieure, enracinée dans une manière de voir le monde.
Sa mort pose une question simple : que faisons-nous de nos artistes une fois l’émotion passée ? Les saluer au moment du départ ne suffit pas. Il faut les transmettre, les exposer, les enseigner, les rendre accessibles aux jeunes regards.
L’art marocain perd une voix douce. Reste à ne pas laisser son silence devenir oubli.