Sanctions de la CAF : une justice disciplinaire à géométrie variable ?


Par Aziz Daouda

Les décisions de la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) concernant les incidents ayant émaillé la rencontre finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc sont désormais connues. Elles étaient attendues, scrutées, parfois redoutées. Mais au-delà de leur simple annonce, c'est leur **cohérence, leur proportionnalité et leur équité** qui interrogent aujourd'hui.

À première vue, la CAF a voulu frapper fort, donnant le sentiment de sanctionner les deux parties afin de préserver une posture d'équilibre. La CAF a simplement oublié qu'à la base le conflit était bel et bien entre le Sénégal et l'arbitre et point avec l'équipe du Maroc et donc le conflit opposait in fine le Sénégal à cette même CAF responsable de l'organisation et de l'arbitrage.



Le Sénégal et le Maroc ont ainsi, selon la logique de la commission qui rappelle le est présidée par un sénégalais, été sanctionné à des degrés divers.

Pourtant, une lecture attentive des faits, confrontée au contenu même des décisions rendues, révèle une asymétrie difficilement justifiable entre la gravité des actes constatés et le poids des sanctions prononcées. Le ridicule n'est pas loin.

Le problème central c’est à dire que l’arbitrage a été évacué simplement. L'élément le plus troublant réside sans doute dans l' absence totale de référence à l'arbitre dans le rendu de la Commission.

Comme si celui-ci n'avait jamais existé.
Or, les images et les témoignages concordants : l'arbitre a fait preuve, en fin de rencontre, d'une irresponsabilité manifeste .

Comment justifier la reprise du jeu alors que les conditions minimales de sécurité n'étaient clairement pas réunies ? Le stade avait été envahi par des supporters officiels sénégalais, des équipements avaient été saccagés, et la tension était à son comble. En pareil circonstances, les règlements sont clairs : la priorité absolue doit être donnée à la sécurité des joueurs, des officiels et du public.

En ignorant cette dimension, la Commission de discipline passe à côté d'un maillon essentiel de la chaîne des responsabilités . Elles sont pourtant bien identifiées.


Il ne s'agit pas ici d'exonérer totalement la partie marocaine.

Des comportements répréhensibles ont existé, et certaines réactions, à chaud, pourraient être évitées. Mais la nature et la gravité de ces actes restent sans commune mesure avec ceux imputables à la délégation sénégalaise et à son environnement immédiat.

L'exemple le plus frappant demeure la sanction infligée à Achraf Hakimi. Lui reprocher d'avoir tenté de retirer une serviette appartenant au gardien sénégalais, objet qui, soit dit au passage, n'avait rien à faire sur l'aire de jeu, relève davantage de la recherche d'un équilibre artificiel que d'une application stricte de l'esprit disciplinaire.

Peut-on sérieusement placer ce geste au même niveau que des débordements impliquant envahissement de terrain et dégradations d'infrastructures ? Préjudice à l’image du football mondial au-delà de celui africain.

L'opportunité d'un tel amalgame dans le dossier et la proportionnalité des sanctions sont manifestement discutables.

C'est précisément sur ce terrain de la proportionnalité que la décision de la CAF vacille. Les sanctions infligées au camp marocain semblent relativement lourdes au regard des faits qui lui sont reprochés, surtout lorsqu'on les compare à celles concernant la partie sénégalaise, pourtant associées à des incidents structurellement beaucoup plus graves.


Cette disproportion affaiblit le discours de ceux qui, au Sénégal et ailleurs, dénonçaient une supposée « mainmise » du Maroc sur les instances de la CAF.

Si une telle influence existait réellement, comment expliquer que le Maroc se retrouve, lui aussi, lourdement sanctionné ? Où est cette prétendue protection institutionnelle quand les décisions disciplinaires semblent, au contraire, s'exercer avec une rigueur particulière à son rencontre ?

Alors on pet regretter l'occasion manquée pour la CAF de montrer un nouveau visage de puissance et de justice.

La Commission de discipline de la CAF a raté une occasion précieuse : celle de clarifier les responsabilités , de réaffirmer le rôle central de l'arbitrage et de poser des jalons crédibles pour la gestion des crises dans les compétitions africaines.

En identifiant une forme de symétrie punitive plutôt qu'une analyse fine des faits, elle entretient le malaise, alimente les soupçons et laisse les acteurs du jeu : joueurs, dirigeants et supporters dans une zone grise où l'injustice perçue devient plus dommageable que la sanction elle-même.


Le football africain mérite mieux qu’une justice disciplinaire à géométrie variable.

Il mérite une autorité capable d'assumer ses choix, de nommer les responsabilités là où elles se trouvent réellement, et de protéger l'essentiel : l'intégrité du jeu et la sécurité de ceux qui le font vivre.

Aujourd'hui certaines rigolent sous cape parce qu'ayant échappé à de vraies sanctions proportionnellement à leurs méfaits, d'autres sont estomaqués, d'autres encore concluent à la non maturité de cette instance africaine, comme d'autres instances continentales d'ailleurs.

Une pierre image d'un continent où la jeunesse aspire au développement et à un avenir radieux et pour qui le football et les footballeurs sont les modèles.
 
Le football africain at-il raté l'occasion de servir d'exemple ? La CAF s'est-elle trompée de communiqué ou de match ?
 
En tous cas il ya bien une gagnante qui passe sous les radars tranquillement, la partie ayant été à l'origine de tous cela.

Tel un fuyard, la commission a publié son communiqué à une heure impossible...Rigolo non ?

A se demander s'il faut garder espoir et aller plus loin dans la procédure ou bien se dire qu'il n'y a pas d'espoir pour une instance footballistique africaine juste et crédible.

PAR AZIZ DAOUDA/BLUWR.COM


Jeudi 29 Janvier 2026

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