Sécurité hydrique à Missour : une station de dessalement au service de l’eau potable


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 10 Mars 2026

Le brouillard matinal qui s’efface sur la plaine de Missour laisse parfois place à une inquiétude plus tangible : celle de l’eau qui manque. Dans une région où sécheresse rime de plus en plus avec quotidien, une nouvelle avancée vient d’être inaugurée pour soulager les habitants et sécuriser l’accès à une ressource vitale.



Depuis le 9 mars 2026, l’exploitation d’une station de dessalement des eaux souterraines saumâtres a été officiellement lancée dans cette ville de la région de Fès‑Meknès, marquant une étape concrète dans le renforcement de la sécurité hydrique locale.
 

Ce projet, inauguré en présence du gouverneur de la province de Boulemane, Allal El Baz, s’inscrit dans une grande dynamique de coopération entre l’État et les collectivités territoriales. Il repose sur une convention de partenariat réunissant le Ministère de l’Intérieur, la Région Fès‑Meknès, la Société régionale multiservices de Souss‑Massa (SRM‑SM) et la Société régionale multiservices de Fès‑Meknès (SRM‑FM). L’objectif affiché : développer des solutions innovantes pour garantir un approvisionnement en eau potable durable pour les populations vulnérables.
 

Avec une capacité de production de 3 litres par seconde, la station est conçue pour traiter les eaux souterraines salées et les transformer en eau conforme aux normes de potabilité. Cette quantité, qui peut sembler modeste au regard des besoins nationaux, représente pourtant un soulagement direct pour plus de 5 000 habitants, soit environ 18 % de la population de Missour. Autant de familles qui, jusque‑là, dépendaient largement d’une ressource naturelle sous pression, soumise aux aléas climatiques et à l’épuisement progressif des nappes.
 

La SRM‑FM, maître d’ouvrage délégué, a assuré l’installation et la mise en service de l’infrastructure, s’appuyant sur son expertise dans la production et la distribution d’eau potable, ainsi que dans la gestion durable des réseaux hydrauliques.
 

Ce projet ne naît pas d’un contexte isolé : il s’inscrit dans une stratégie nationale plus large affûtée autour des Hautes Instructions Royales qui encouragent la diversification des sources d’approvisionnement en eau. Au cœur de cette approche figure le recours à des solutions « non conventionnelles », comme le dessalement, pour atténuer les effets du stress hydrique et garantir la pérennité des services essentiels face à un climat qui se dérègle.
 

Au Maroc, ces efforts prennent place dans un contexte où la raréfaction des ressources hydriques devient de plus en plus visible. Des études récentes confirment que le stress hydrique s’accentue sous l’effet du changement climatique, avec des baisses significatives des niveaux de remplissage des barrages et un besoin croissant d’innovation pour assurer la sécurité de l’eau potable. Dans cette optique, des projets d’envergure y compris des usines de dessalement de grande capacité dans des zones urbaines et côtières sont en cours de développement ou de mise en œuvre à travers le Royaume.
 

Pour les habitants de Missour, cette station est plus qu’un équipement technique : c’est un signe tangible d’espoir. Pour de nombreuses familles, c’est la promesse d’un robinet qui coule régulièrement, d’une tranquillité retrouvée après des années à compter goutte par goutte. Et, au‑delà de Missour, c’est tout un modèle de résilience qui se met en place, rappelant que l’innovation peut répondre avec pragmatisme et responsabilité aux défis pressants de notre époque.
 

Dans un Maroc confronté à des défis hydriques sans précédent, la mise en service de cette station de dessalement à Missour ouvre une voie pragmatique et optimiste pour rapprocher les citoyens de l’eau, ce bien trop précieux pour être laissé au hasard du climat.





Mardi 10 Mars 2026
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