Sommet de Charm El Cheikh : quelle paix sans les principaux protagonistes ?


Rédigé par le Mardi 14 Octobre 2025

Le Sommet pour la paix à Gaza, tenu le 13 octobre à Charm El Cheikh, auquel ont pris part les dirigeants de 20 pays, a brillé par l’absence des Israéliens et du Hamas.



Le président américain, Donald Trump, a annoncé une « aube historique au Moyen Orient », lors d’un discours tenu le 13 octobre à la Knesset israélienne, convaincu d’avoir apporté la paix dans la région.

Après la libération des 20 israéliens détenus par le Hamas dans la bande de Gaza et de 1718 Palestiniens captifs dans les prisons israéliennes, dont 154 ont été déportés vers l’Egypte, suite à l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, le Sommet de Charm El Cheikh, en Egypte, était destiné à officialiser le cessez-le-feu et mettre un terme définitif à la guerre, ce que l’avenir seulement permettra de vérifier.

Arrivé avec plus de trois heures de retard à Charm El Cheikh, où l’attendaient les chefs d’Etat et de diplomatie présents participant au sommet, le président Trump a signé avec les dirigeants des pays médiateurs, les présidents de l’Egypte, Abdelfattah Sissi, de la Turquie, Tayyip Erdogan, et l’Emir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al Thani, l’« Accord de Charm El Cheikh ».

Ni Netanyahou, ni le Hamas

Le plus remarquable a été l’absence du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, recherché par la justice internationale pour crimes de guerre, mais néanmoins invité au sommet, une invitation qu’il a déclinée. Aucun représentant officiel d’Israël n’y était présent.

Non moins étrange a été la non-participation au sommet de Charm El Cheikh du Hamas, pourtant l’autre principal protagoniste du conflit de Gaza. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, présent au sommet, n’y a d’ailleurs été invité qu’au dernier moment. 

Il est à rappeler que les Etats-Unis lui avaient refusé le visa pour assister à l’Assemblée générale de l’Onu, le mois dernier, à New York.

Car si les pays arabes insistent sur le rôle que doit jouer l’Autorité palestinienne dans l’administration d’après-guerre dans la bande de Gaza, les Israéliens et les Américains ne veulent pas en entendre parler.

En réponse aux inquiétudes relatives à la 2ème phase du plan de paix de Donald Trump, ce dernier a affirmé que celle-ci « a commencé », son plan en 20 points étant déjà « aux étapes 3 et 4 ».

Une paix plus souhaitée que probable

Avec les dirigeants israéliens qui estiment que le « travail » dans la bande de Gaza n’est pas terminé et le Hamas qui refuse de rendre les armes, il y a des raisons objectives de ne pas partager l’enthousiasme débordant du président Trump, qui rêve de se faire octroyer le prix Nobel de la paix.

Il n’a, toutefois, a aucun moment évoqué la solution à deux Etats pour ramener véritablement la paix au Moyen-Orient.

En attendant de voir comment va évoluer la situation lors de cette 2ème phase du plan de paix du président Trump, les Gazaouis pourront revenir à un semblant de vie normale, dans une bande de Gaza totalement dévastée, et toujours dépendants du bon vouloir des Israéliens quant au volume de l’aide humanitaire autorisée à leur être livrée.

Depuis le 8 octobre 2023, 67.800 palestiniens, essentiellement des femmes et des enfants, ont été tués et plus de 170.000 ont été blessés dans une bande de Gaza assiégée et affamée.




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Mardi 14 Octobre 2025
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