Sports de salle au Maroc : l’angle mort du sport national


Rédigé par le Vendredi 17 Avril 2026

Au Maroc, on parle souvent de football, de stades, de grands projets sportifs. Mais dans l’ombre, une autre réalité persiste, silencieuse et pourtant criante : celle des sports de salle abandonnés à des infrastructures insuffisantes et surchargées.



Basketball, handball, volley-ball, futsal… des disciplines entières partagent le même espace comme on partage une urgence. Et dans bien des villes, cet espace unique devient à la fois terrain d’entraînement, lieu de compétition, et parfois même salle polyvalente sans véritable spécialisation.
Le principe est simple sur le papier : mutualiser les infrastructures. Mais sur le terrain, cette logique atteint ses limites.
Un terrain de handball n’est pas un terrain de basketball.
Un parquet de volley-ball n’a pas les mêmes exigences qu’un sol de futsal.
Et pourtant, partout, on exige de ces disciplines qu’elles cohabitent dans des conditions qui ne respectent ni leurs règles, ni leur intensité, ni leur progression technique.
Le résultat est brutal : personne n’est vraiment servi correctement.
Dans de nombreuses salles, les clubs ne s’entraînent pas, ils s’adaptent.
Ils négocient des créneaux. Ils raccourcissent des séances. Ils déplacent des horaires. Parfois, ils annulent.
Le sport de haut niveau exige de la stabilité. Ici, c’est l’instabilité qui devient la norme.
Comment construire une génération compétitive quand la base même de la préparation est fragile ?
 
On parle souvent du “manque de résultats” des sports collectifs hors football. Mais on oublie de regarder l’origine du problème.
Moins d’entraînement donne moins de répétition technique et moins de répétition équivaut progression limitée et donc   une compétitivité réduite.
Ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque de conditions.
Dans les faits, tous les sports ne sont pas logés à la même enseigne. Le football extérieur capte l’essentiel des investissements, de l’attention médiatique et des priorités publiques.
Les sports de salle, eux, survivent dans une logique d’ajustement permanent. Comme si leur existence était secondaire.
Mais un pays qui néglige ses sports collectifs intérieurs se prive d’une partie de sa jeunesse sportive, de sa diversité et de son potentiel de médailles.
Le Maroc investit dans de grandes infrastructures, accueille des événements internationaux, affiche des ambitions sportives élevées.
Mais dans la réalité quotidienne des clubs, des entraîneurs et des jeunes athlètes, une question reste posée :
comment viser l’excellence dans des conditions de précarité logistique ?
Il ne manque pas de talents… il manque des salles
Le discours officiel insiste souvent sur la formation, la détection, la performance. Mais la vérité est plus simple et plus dure : sans infrastructures adaptées, aucune politique sportive ne peut tenir ses promesses.
Les sports de salle ne demandent pas des miracles.
Ils demandent des salles dédiées, des créneaux stables, et une vision claire.
Continuer à gérer les sports de salle comme une variable secondaire, ou les considérer enfin comme un pilier du sport national.
Car derrière chaque ballon qui rebondit dans une salle saturée, il y a une question plus large :
Combien de talents perdus faute d’espace pour grandir ?
Notre souhait est celui de voir un jour proche le gouvernement et les communes prennent conscience que le sport est générateur de richesse matérielle et immatérielle et que des efforts vont etre entreprises dans ce sens.
Mo. K
 




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Vendredi 17 Avril 2026
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