Mercredi 18 février à Rabat, le ministère du Tourisme a officialisé, aux côtés d’Attijariwafa bank et de Visa, le lancement du programme Stay Cashless, une initiative visant à généraliser les paiements électroniques dans l’écosystème touristique. L’ambition est simple mais structurante : fluidifier les règlements, sécuriser les transactions et aligner l’expérience des visiteurs sur les standards internationaux.
La signature du mémorandum d’entente a réuni la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, le PDG d’Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani, et la group country manager de Visa pour l’Afrique du Nord, le Levant et le Pakistan, Leila Serhan. Au-delà du geste institutionnel, cette alliance traduit une réalité : l’expérience touristique se joue désormais autant dans la fluidité du paiement que dans la qualité de l’accueil.
Dans un contexte de croissance soutenue du tourisme national, la transition numérique apparaît comme une évolution naturelle. La ministre a rappelé que les 138 milliards de dirhams de recettes voyages enregistrées en 2025 confirment l’attractivité du Maroc. « Les touristes sont prêts à payer pour une offre de qualité, mais leurs attentes évoluent. Le paiement digital devient la norme », a-t-elle insisté, estimant que le passage à grande échelle vers le cashless n’est plus une option.
Avec près de 20 millions de visiteurs accueillis en 2025, le Royaume a déjà dépassé les objectifs fixés à l’horizon 2026. Cette performance renforce l’urgence d’adapter les infrastructures de paiement aux usages internationaux, où le sans-contact, le mobile et la carte dominent. Dans certaines zones très fréquentées, l’absence d’options électroniques reste encore un point de friction pour les voyageurs un détail logistique qui peut influencer la perception globale du séjour.
Pour Attijariwafa bank, le paiement constitue désormais un maillon stratégique du parcours touristique. Mohamed El Kettani souligne que le développement du tourisme représente un levier essentiel pour l’économie nationale et que le groupe entend accompagner cette dynamique avec des solutions innovantes et inclusives, adaptées aussi bien aux grandes enseignes qu’aux petites structures.
Visa met pour sa part en avant la puissance de la technologie et de la donnée pour moderniser la chaîne de valeur touristique. Leila Serhan voit dans ce partenariat un moteur de croissance capable d’accompagner la transformation digitale des opérateurs, quelle que soit leur taille.
Au-delà du MoU, le programme se concrétise par une convention opérationnelle conclue le même jour entre la Confédération nationale du tourisme, présidée par Hamid Bentahar, et Attijari Payment dirigée par Fahd Bettache. L’offre prévoit un accès facilité aux moyens de paiement électroniques, des commissions internationales revues à la baisse ainsi que le déploiement de solutions modernes telles que le pay-by-link, le tap-on-phone ou la conversion dynamique de devise.
Pour les professionnels, l’enjeu dépasse la simple adoption technologique. Le dispositif inclut un programme de sensibilisation et de formation destiné notamment aux TPME, afin de leur permettre de monter en compétence et d’offrir une expérience plus fluide et rassurante aux visiteurs.
Dans les prochains jours, un plan d’action détaillé sera déployé pour accélérer l’adoption du paiement digital à grande échelle, avec l’équipement progressif des opérateurs et une communication structurée pour favoriser l’appropriation des solutions.
À travers Stay Cashless, les acteurs publics et privés entendent faire du paiement électronique un levier discret mais déterminant de performance, d’inclusion financière et de qualité de service. À l’approche des grands rendez-vous internationaux à l’horizon 2030, l’enjeu dépasse la technologie : il touche à l’image d’un Maroc moderne, accessible et résolument tourné vers l’avenir.