Sureffectif scolaire : l'étude qui pointe l'urgence de réduire la taille des classes


Rédigé par le Lundi 23 Février 2026



Alors que le Maroc investit massivement pour refonder son école publique, une nouvelle étude vient mettre le doigt sur une plaie béante du système : le sureffectif. Menée par les chercheurs Youness Lagdiri et Naoual Ouazzani Touhami, cette analyse scientifique démontre que la réussite de la réforme éducative bute mécaniquement sur la densité des classes. Avec un objectif optimal fixé à 23 élèves contre une réalité dépassant souvent les 36, le défi logistique et humain s'annonce colossal.

23 élèves par classe : le chiffre magique pour sauver l'école marocaine

C’est un pavé dans la mare de la réforme éducative marocaine. Au moment où le ministère de tutelle multiplie les initiatives pour rehausser le niveau des élèves et valoriser le corps enseignant, une étude rigoureuse signée par les chercheurs Youness Lagdiri et Naoual Ouazzani Touhami remet la question des infrastructures et des ressources humaines au centre du débat. Leur conclusion est sans appel : la taille des classes est l'un des déterminants majeurs de la réussite scolaire, et le seuil de performance optimale se situe à 23 élèves par classe.

Ce chiffre de 23 élèves sonne comme un idéal lointain pour la majorité des établissements publics du Royaume, où la moyenne nationale dépasse allègrement les 36 élèves, avec des pics à 45 ou 50 dans certaines zones urbaines sous tension. L'étude met en lumière les mécanismes pervers du sureffectif : réduction du temps d'attention individualisé accordé par l'enseignant, difficultés de gestion de la discipline, impossibilité de mettre en œuvre des pédagogies actives et augmentation du stress tant pour les élèves que pour les professeurs. En somme, entasser les élèves nuit gravement à leur avenir.

L'apport de Lagdiri et Ouazzani Touhami est crucial car il quantifie l'effort nécessaire. Il ne s'agit pas seulement de "mieux enseigner", mais de créer les conditions physiques de l'enseignement. Pour atteindre ce ratio de 23 élèves, le Maroc devrait engager un chantier titanesque de construction de nouvelles salles de classe et, surtout, de recrutement massif d'enseignants qualifiés. C'est une équation budgétaire complexe pour l'État, qui consacre déjà une part importante de son PIB à l'éducation.

Cependant, l'étude suggère que sans cet investissement structurel, les réformes qualitatives (nouveaux programmes, formation continue) risquent d'avoir un impact limité. Si l'enseignant passe la moitié de son heure de cours à faire le silence ou s'il ne peut jamais corriger les devoirs de manière détaillée faute de temps, la "qualité" restera un vœu pieux. Cette recherche appelle donc les décideurs à une prise de conscience : la modernisation de l'école marocaine passe inévitablement par une dédensification des classes.




Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la… En savoir plus sur cet auteur
Lundi 23 Février 2026
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