Dès ce mois d’avril, les prix de vente au public des produits du tabac se sont inscrits à la hausse dans les bureaux de tabac du Royaume, conséquence directe d’une révision des tarifs orchestrée par l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII). Cette révision n’est pas isolée : elle fait suite et constitue l’aboutissement d’un plan progressif de taxation prévu par la loi de finances 2022 pour la période 2022‑2026.
Sur le terrain, l’impact est concret : plusieurs paquets de cigarettes populaires ont vu leur prix grimper entre 1 et 2 dirhams, selon les références. Ce n’est plus un simple ajustement chimique des tarifs : ces hausses pèsent désormais dans le quotidien des consommateurs, déjà confrontés à la vie chère et à la pression sur le pouvoir d’achat.
Les augmentations ne concernent pas uniquement les cigarettes : les cigares, les cigarillos et autres tabacs manufacturés subissent eux aussi une révision tarifaire à la hausse, élargissant le spectre d’une inflation sectorielle qui ne fait pas de distinction nette entre catégories de produits.
Cette réforme fiscale repose sur un objectif affiché par les autorités : renforcer les recettes de l’État tout en poursuivant une politique de taxation dissuasive sur le tabac, dans un cadre où la charge fiscale est étalée sur plusieurs années pour limiter les chocs brutaux.
Entre volonté gouvernementale de régulation économique et record sur l’inflation du tabac, c’est bien le portefeuille des consommateurs qui ressent aujourd’hui l’impact le plus immédiat. À l’heure où les ménages jonglent entre charges fixes et dépenses contraintes, cette hausse place sur la table une question plus large : jusqu’où la politique fiscale peut‑elle aller sans compromettre le bien‑être économique quotidien des Marocains ?