Tajines allégés : le prix de la viande rouge pèse sur nos repas


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Lundi 9 Février 2026

Malgré un cheptel national qui dépasse désormais 32 millions de têtes et des mesures de soutien aux importateurs, le prix de la viande rouge reste obstinément au-dessus de 100 dirhams le kilo, laissant les consommateurs face à une facture qui ne cesse de grimper.



Une hausse persistante malgré l’augmentation du cheptel

Dans les souks et boucheries de quartier, le constat est le même : la viande reste un luxe. Les facilités douanières et fiscales pour les importateurs n’ont pas suffi à faire fléchir les prix. Selon Hassan Aït Ali, président de l’Observatoire marocain de la protection du consommateur, cette situation traduit une “hausse spectaculaire et injustifiée”. La sécheresse, les coûts de production élevés et les chaînes de distribution opaques alimentent la spéculation et les marges excessives. Même les foyers traditionnels, où les tajines restent incontournables, ressentent la différence dans la facture hebdomadaire.
 

Transparence et contrôle pour un marché plus équitable

Face à cette situation, l’Observatoire réclame une transparence totale sur la fixation des prix et les marges appliquées à chaque étape : abattoirs, marchés, boucheries et grandes surfaces. Le consommateur doit savoir ce qu’il paie : viande locale ou importée, soutien public ou spéculation privée. Les mesures possibles incluent le contrôle rigoureux des points de vente, la lutte contre le monopole et la publication régulière des données sur le cheptel et le coût de production, comme pratiqué dans certains pays européens.
 

Des choix responsables à la portée de tous

Si la solution passe par des politiques publiques fortes, chacun peut agir à son niveau : privilégier les boucheries transparentes, comparer les prix entre quartiers ou réduire légèrement la consommation de viande. Comme le rappelle le proverbe revisité : “Li kaykhelssi dirham, kayhfed lbala.” En attendant des actions concrètes des autorités, tajines et plats marocains pourraient inclure plus de légumes et moins de viande, tout en contribuant à un marché plus juste.
 

Le prix de la viande rouge au Maroc n’est pas qu’un chiffre : il reflète un système à réformer. Transparence, contrôle et choix responsables sont les clés pour que manger ne devienne pas un luxe pour les Marocains.
 





Lundi 9 Février 2026
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