Tanger : l’ONEE lance l’appel d’offres clé du projet de dessalement


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Samedi 11 Avril 2026

À Tanger, le projet de station de dessalement franchit une étape décisive. L’ONEE lance une assistance stratégique pour sécuriser un partenariat avec le privé, dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau.



L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) passe à la vitesse supérieure. Avec le lancement d’un appel d’offres pour une assistance technique, financière et juridique, l’établissement public enclenche une phase clé du projet de dessalement de Tanger. Une étape moins visible que les travaux, mais souvent décisive. C’est ici que se dessine, concrètement, la solidité du projet.
 

L’objectif est d’éviter toute fragilité en amont. Le recours à une expertise externe vise à encadrer un montage complexe associant acteurs publics et privés. Le cabinet qui sera retenu devra accompagner l’ONEE dans plusieurs missions sensibles : analyse des offres des entreprises candidates, négociation des contrats, vérification du modèle financier, puis suivi global une fois le projet lancé. Autrement dit, sécuriser chaque décision, du choix des partenaires jusqu’à l’équilibre économique.
 

Sur le plan technique, le projet repose sur un dispositif complet : captage de l’eau de mer, unité de traitement, rejet des saumures, réservoirs, sans oublier une alimentation électrique dédiée via une ligne haute tension. L’ensemble forme un système cohérent où chaque composante compte. Une défaillance, même mineure, pourrait affecter la performance globale.
 

Au-delà de l’ingénierie, c’est aussi une question de gouvernance. Les projets de cette envergure exigent une répartition précise des responsabilités et des risques. Le recours à un partenariat avec le secteur privé impose rigueur et transparence, notamment dans la structuration financière. C’est un exercice d’équilibre, parfois délicat, mais devenu incontournable pour ce type d’infrastructure.
 

Le volet environnemental n’est pas en reste. L’appel d’offres prévoit des études d’impact approfondies ainsi que la mise en place d’un Plan de gestion environnementale et sociale. Préservation de la biodiversité, maîtrise des risques de pollution, acceptabilité du projet par les populations locales : autant d’enjeux qui conditionnent sa réussite.
 

Si ce projet avance aujourd’hui, c’est aussi parce que la pression sur les ressources en eau devient critique. La région de Tanger dépend historiquement des barrages Ibn Battouta, 9 Avril 1947 et Kharroub, ainsi que de nappes souterraines limitées. Or, les années de sécheresse successives ont fortement réduit ces réserves. Des solutions d’urgence ont été mobilisées, notamment via des transferts d’eau depuis le barrage Dar Khrofa. Mais ces réponses restent temporaires.
 

Le dessalement apparaît désormais comme une solution structurelle. Avec une capacité annoncée de 150 millions de m³ par an, la future station vise à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable de la ville. Une évolution stratégique, qui marque un tournant vers des ressources non dépendantes des précipitations.
 

Reste un enjeu majeur : le coût. Le dessalement nécessite des investissements lourds et une consommation énergétique importante. D’où l’importance de cette phase préparatoire, où se jouent la viabilité financière et la crédibilité du projet. Bien menée, elle permet d’attirer des partenaires solides et de garantir la pérennité de l’infrastructure.
 

En lançant cette étape, l’ONEE ne se contente pas de préparer un chantier. Il pose les bases d’un nouveau modèle de gestion de l’eau à Tanger. Dans un contexte de stress hydrique durable, chaque décision compte — et celles prises aujourd’hui pèseront directement sur la sécurité hydrique de demain.





Samedi 11 Avril 2026
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